Racines

Je ne sais pas vous, cher lectorat attentif, mais moi, parfois, je parle de mes arbres.

Voilà un moment que je ne vous ai pas parlé de mes arbres, non ? Plus exactement, des arbres que je fais pousser. Ils ne m’appartiennent pas. Si je déménage, ils ne me suivront pas. C’est la principale différence entre un arbre et un chien. Avec les crottes aussi.

J’ai planté douze arbres dans le jardin de ma génitrice, qui m’héberge. Pour ceux qui, à tort, ne suivent pas ce blog depuis longtemps, je rappelle que ma technique consiste à partir d’un pépin ou d’une amande mis, amoureusement, à germer dans un petit pot, puis un pot moyen, puis en pleine terre avec l’aspect aléatoire du caractère des différentes essences. Poussent ainsi, à leur guise :

  • un noisetier (ou coudrier) : aucun mérite, cet arbuste pousse comme du chiendent ; sauf que le « mien » donne peu de noisettes mais elles sont grosses comme des boulics (ou cochonnets pour les non-initiés).
  • deux pommiers : relativement simple à faire croître ; comme ils n’ont pas encore produit de pommes, je suis incapable de vous préciser la marque.
  • un prunier : majestueux ; plus de quatre mètres de haut en, à peine, huit ans ; un vrai miracle ; a donné sa première prune l’été dernier.
  • un châtaignier : mon petit chouchou ; contrairement à ce qu’on pourrait croire, il m’a donné du fil à retordre ; beaucoup d’échecs ; la châtaigne est caractérielle ; et puis, un jour, la réussite ; trois mètres de haut en six ans ; j’attends les fruits avec impatience.
  • un citronnier : en Bretagne, oui m’sieurs dames ; j’avoue que je n’y croyais pas trop (d’autant que mes pamplemoussiers meurent tous à vingt centimètres) ; je l’ai appelé Ernest car c’est lui qui fleurit en premier.
  • un poirier : minuscule, planté en septembre, je ne sais pas s’il passera l’hiver ; il s’avère que les poiriers sont des arbres délicats.
  • et cinq arbres surprises : lorsque je les a plantés, je me suis rendu compte que je ne savais plus de quoi il s’agissait ; donc, j’attends les fruits pour être fixé.

J’adore « mes » arbres. Je les visite chaque jour, qu’il pleuve, qu’il vente. Un petit mot et une caresse à chacun. Je ne les nourris pas de saloperies chimiques, je les taille le strict minimum. Je les abreuve en cas d’été sec. C’est tout. Ils sont libres. Eux.

Non, mais sérieusement.

Gifnem29

13 commentaires sur “Racines

  1. Bravoooooooooooo! Chez nous, c’est mon mari, le jardinier (moi je ne sais que regarder et me réjouir… Mais je ne m’en prive pas!) et il se comporte avec autant de tendresse que vous avec ses petites pousses.
    Actuellement ce sont des avocats, des mangues, des litchis et des mandarines qui naissent sous ses soins amoureux.
    C’est encore lui qui pense à remplir les mangeoires pour que nos repas s’enchantent du spectacle des mésanges et chardonnerets auxquels nous donnons des prénoms, nous aussi!
    (Noël la mésange noire ne manque pas de culot, faisant fuir Johnny et Sylvie, les mésanges huppées si petites à côté de lui et Robert le rouge-gorge nous éloigne des haies en poussant des « tuits » insistants.)
    Bref, merci pour cet article plein d’humour comme j’aime en lire chez vous!
    J’allais écrire que la liberté le pied planté est un beau paradoxe mais je viens de me faire griller par natlarouge! 🙂
    Véro de Provence

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      1. « En terre, comme plante d’ornement, c’est joli et ça fait de la verdure » répond laconiquement mon époux pas bavard. Il semble donc ne pas vouloir partager plus! La blagueuse ici c’est moi… Et en jardinage, je suis totalement inutile : il me dit souvent « Ne la regarde pas, tu vas l’achever! » C’est ma réputation en la matière :(! Pardon d’être aussi démunie et merci d’avoir mis, pendant quelques secondes, la Bretagne et la Provence en lien de blogosphère ! Je vous envoie une ligne de ☀️ il chauffe notre décor entre deux sautes de vent.

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  2. Ernest ? Si tu savais comme cela me fait plaisir ! Aujourd’hui, j’en ai abattu encore une dizaine (d’arbres) dans mon (grand) jardin pour faire plaisir à madame la Préfète (obligation légale de débroussaillement). Vive l’écologie !

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