Bacamarée

Je ne sais pas vous, cher lectorat attentif, mais moi, parfois, je me demande.

Lors de mes balades médicinales quotidiennes, mon pas alerte est rarement interrompu par des importuns vu que, chez moi, la population, au mètre carré, avoisine celle de la Mongolie supérieure. Quelques mouettes tentent bien de me distraire, mais le devoir curatif passe avant tout.

Avant tout, sauf avant les « Cabanes à livres » (trois sur mes différents trajets) et les bacs à marée.

Si vous ne connaissez pas ce bienfait de la civilisation, il s’agit de grandes caisses en bois, installées par la mairie, le long du littoral, dans le but de permettre aux promeneurs soucieux de la propreté des plages, de déposer le fruit de leur collecte, afin que celui-ci soit évacué par les agents municipaux, ultérieurement.

En réalité, c’est un fin stratagème imaginé par des administratifs futés, pour que les citoyens participent au nettoyage des grèves, à moindre frais. Et c’est bien.

Sauf que.

Beaucoup de nos contemporains souffrent d’un déficit visuel qu’ils ne soignent pas car leur mutuelle ne leur rembourse que 17,81 pour cent de la paire de lunettes que l’ophtalmo ne manquerait pas de leur délivrer (si jamais ils parviennent à obtenir un rendez-vous chez le praticien avant la fin du monde, prévue en 2600, au plus tard, pour mémoire) (et oui, je sais que le remboursement zéro est actif en matière de binocles, seulement, on peut être pauvre et digne, et refuser de chausser ce que l’on appelait naguère, les lunettes sécu), et qu’il leur reste, à charge, une somme qui leur permet de manger pendant deux mois.

Donc, pour simplifier, le monde est infesté de miros. Et c’est regrettable.

Les bacs à marée ont été, judicieusement, placés près des poubelles déjà présentes depuis la fin du néolithique. Etrangement, le citoyen lambda peine à différencier les deux éléments de mobilier rural, d’où mon interprétation ophtalmologique.

Il est vrai, reconnaissons-le, qu’il est extrêmement difficile de soulever l’opercule en métal qui protège les déchets de la voracité de la faune locale. Essentiellement les chats et les choucas. Or, les bacs à marée ne sont pas pourvus de couvercles. Pourquoi se compliquer la vie ?

Pourtant, il est bien stipulé sur le flanc des bacs à marée que ceux-ci sont prévus pour recevoir les déchets rejetés par la mer (bois, filets, plastiques, sirènes etc…) et non les ordures communes, celles-ci étant destinées aux poubelles ordinaires.

Les déserts médicaux sont un vrai fléau.

Non, mais sérieusement.

Gifnem29

5 commentaires sur “Bacamarée

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