Parasite

Je ne sais pas vous, cher lectorat attentif, mais moi, parfois, je me demande.

En tant que parasite de la société à 508 euros mensuels qui ne se respecte pas, je me dois de démontrer à mon ministère de tutelle que je suis un acharné de la recherche d’emploi, sinon, je risque de perdre mes subventions. Comme vous vous en doutez, l’état n’a pas une vocation de mécène artistique, donc il est inutile que je précise à ces chers pôle employeurs que je sue sang et eau (si si) pour coucher sur l’écran quelques mots, quotidiennement.

Par conséquent, il m’arrive de m’extraire de mon clavier afin de me confronter au monde du travail. Ce matin, je me suis présenté à un « jobs dating », pour la première fois. Le rendez-vous était à 10 heures au centre Leclerc de L., donc je me suis pointé à 9 heures 45. Onzième dans la file d’attente.

J’ai le temps de lire les panneaux autour de moi. Ils recherchent un(e) pharmacien (c’est bon, j’ai le diplôme, vu ce que j’avale tous les jours), un(e) traiteur (c’est bon, je mange), un(e) vendeur en épicerie (c’est bon, je suis un spécialiste des épices, sauf la coriandre, c’est dégueulasse ce truc) et un(e) préparateur de commandes en drive (c’est bon, j’ai vu le film). Je suis le candidat idéal. Barrez-vous les autres !

En réalité, je me suis déplacé uniquement dans le but d’obtenir un papelard avec un tampon dessus. Je sais, c’est mesquin. Mais j’aimerais bénéficier de votre générosité encore quelques années, surtout pour la couverture sociale, bien que, en tant que romancier à succès, adulé des foules, je crois, de toute façon, y avoir le droit. Je dis « je crois » car je suis tellement con que je suis incapable de comprendre les documents que « La sécurité sociale des artistes auteurs » m’a envoyés. Avouez, la « SSAA », c’est classe non ? En revanche, j’ai reçu mon relevé de ventes pour 2021. Je suis un peu fâché. En principe vous deviez acheter une centaine d’exemplaires de « Dossiers froids » chacun. Vous m’avez bien eu. 80 ventes, c’est ridicule. Dire que durant novembre et décembre 2020, j’ai vendu 2915 bouquins. Total 2995, nettement plus que la plupart des politiques, mais trop peu pour payer les traites de ma Lamborghini. Je ne vous donne pas l’équivalent en euros dans ma poche, je ne veux pas vous faire pleurer, de désespoir.

J’ai eu un coup de bol, pour une fois. Dans les trois jobs daters, j’en connaissais un, un gars très sympa. J’ai manœuvré pour passer avec lui. Et hop, en deux temps trois mouvements, j’avais mon papier dans la poche.

Bon, je peux respirer quelque temps. En principe.

Non, mais sérieusement.

Gifnem29

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7 commentaires sur “Parasite

  1. allez ! il est à la fnac votre livre, déjà bravo, on le trouve ! je vais me le procurer cette semaine, mais attention à ma critique ! lol ! vous êtes en train d’en écrire un ? par contre désolée de m’opposer à vous, mais la coriandre, c’est délicieux

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