Je ne sais pas vous, cher lectorat attentif, mais moi, parfois, je me raconte.

J’ai déjà eu l’occasion de vous narrer, brillamment, mes rapports à la musique. Je ne suis pas ce que l’on appelle un mélomane. La seule baffe que j’ai prise à l’école, c’est cet enfoiré de frère André qui me l’a collée parce que je ne parvenais pas à monter une gamme à la flûte. J’ai pris un seul et unique cours de violon, qui s’est terminé lorsque j’ai demandé au prof par où il fallait souffler.

Pourtant, figurez-vous que j’ai œuvré dans l’industrie musicale.

Bon, parler d’industrie est un chouia exagéré.

En réalité, j’ai écrit quelques chansons.

Au début des années 90, le vendredi soir, je trainais avec mon cousin Manu. Celui-ci était lié d’amitié avec un garçon, Gilles, guitariste fort doué, qui se produisait dans les bars. Il exécutait notamment une excellente reprise de « Eteins la lumière » d’Axel Bauer. Les deux comparses décidèrent de monter un groupe, mon cousin gratouillant la basse. Ils se mirent en quête d’un batteur dont je vous parlerai un peu plus loin.

Un jour que nous discutions autour d’une camomille, froide, avec de la bière pression à la place de la camomille, je demandais à Gilles pourquoi il ne jouait pas de créations. Il me répondit qu’il composait dans son coin, mais qu’il n’arrivait pas à plaquer des paroles sur ses partitions. Je me moquais gentiment de lui, car j’estimais que pondre quelques phrases en rimes était beaucoup plus simple que d’aligner des notes, incompréhensibles à mes yeux (comme à mes oreilles). « Fais-le puisque tu es si malin », me rétorqua-t-il. Le lendemain, je lui livrais un texte qu’il ne tarda pas à mettre en musique. Un deuxième suivit un peu plus tard. Puis un autre.

(j’ai passé la journée à chercher mes textes, au lieu de me bronzer la couenne au soleil nord finistérien, sans succès ; dès que la chance me sourit, je vous les transmets, surtout si vous manifestez un désir insistant)

Il est regrettable que cette carrière musicale se soit déroulée avant l’avènement d’internet, car il ne reste aucune trace vidéo, à ma connaissance, des spectacles de ce groupe éphémère. Je me rappelle du brainstorming alcoolisé qui avait accouché de leur nom, « Interdits bancaires ». C’était une époque de vaches maigres.

Deux des trois membres n’ont jamais abandonné la musique.

Vous pouvez écouter des productions personnelles du guitaristes leader sur YouTube, sous le nom de Gilles Trem.

Le batteur était un garçon vraiment étonnant. Outre qu’il était extrêmement sympathique et bon camarade, il était un musicien hors paire (et l’est toujours). S’il jouait essentiellement de la batterie au sein des « Interdits bancaires », il s’avère que son instrument de prédilection était l’accordéon. Pour beaucoup, le piano à bretelles est un instrument de musette qui sent le Paris occupé. Pourtant, je peux vous assurer que lorsque Paco se saisissait de son accordéon, tout le monde écoutait. Pour trois raisons.

Tout d’abord, il jouait à la perfection.

Ensuite, tout son être se métamorphosait. Il faisait corps avec son instrument et entrait dans une sorte de transe qui épatait tout le monde.

Enfin, il possédait un don qui, à l’époque de l’application Shazam, ne surprend plus personne, et c’est bien dommage. Il suffisait de lui siffloter (même mal) n’importe quel air et il le transcrivait sur ses claviers. Un super-héros. (vous pouvez avoir un aperçu de son talent en cherchant « Paco et Pouppette » toujours sur YouTube)

Tiens, puisque je vous tiens. Si l’un d’entre vous, chers lecteurs adorées et trices adorées, connait un musicien qui cherche un parolier, glissez-lui un mot de ma part, j’ai deux trois textes sous le coude.

Non, mais sérieusement.

© Gifnem29

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