Rionze un peu*

(*titre ouvertement emprunté à une de mes lectures de jeunesse, le magazine « Onze » ; il faut bien que jeunesse se passe ; c’était la page humoristique qui portait ce titre ; feu ma chère sœur avait décidé de renommer la rubrique « Onze marre » ; l’humour est une affaire de famille)

Je ne sais pas vous, cher lectorat attentif, mais moi, parfois, je me demande.

Au bout de 56 années passées sur cette bonne vieille Terre, j’ai fini par opérer un tri dans l’essentiel et le superfétatoire. Plus le temps défile, plus je me débarrasse de ce qui m’encombre. C’est un boulot de tous les instants. J’ai commencé par me séparer de mon emploi. J’ai déjà eu l’occasion de l’écrire, ici-même, la simple idée de me lever le matin pour exercer une profession, quelle qu’elle soit, était au-dessus de mes forces. J’ai tenu vingt-cinq ans dans une des professions les plus simples et les moins fatigantes qui soit, et qui ne me déplaisait pas trop. Je n’ose même pas m’imaginer dans un boulot compliqué et éreintant, que j’aurais exécré. En effet, vous l’avez pensé très fort, je suis l’un des plus grands fainéants que l’humanité ait accueilli en son sein. J’ai la « chance » de faire (presque) ce que je veux. Bien entendu, ma liberté se heurte aux contingences matérielles, mais j’essaye de ne pas trop me plaindre. Vivre au jour le jour est un luxe que peu de gens peuvent s’offrir, car le luxe coûte cher, et, ma banquière peut en témoigner, mon compte ne me permet pas de manger du caviar à la louche. De toute façon, je n’aime pas les œufs d’esturgeon. Un jour, une cliente en a offert à ma mère. Personne n’a apprécié à la maison, même pas le chat.

Petit à petit, je me suis rendu compte que le plus important dans ma vie était le rire. Un jour, une collègue m’a demandé comment je savais que j’avais réussi un cours. « Lorsque j’ai ri », lui ai-je répondu. Elle m’a regardé comme si j’étais l’antéchrist, a murmuré un « vade retro satanas » en se signant (dans un collège laïc !), avant de m’avouer qu’elle ne riait jamais dans sa salle de classe. Il faut dire qu’elle enseignait la musique, la discipline la plus inutile après l’histoire/géographie.

Donc, ma quête quotidienne, c’est le rire. Malheureusement, j’ai beaucoup de mal à trouver des supports qui m’amusent vraiment. Depuis le premier « One man » d’Albert Dupontel, qui date d’une bonne trentaine d’années, aucun humoriste ne me déride tout à fait. Quelques minutes de Foresti, de Lutz, de Bigard (avant) et de deux ou trois autres, ok, mais tout un spectacle m’ennuie profondément. Les films, c’est un peu la même chose. Ils ne tiennent jamais la distance. Le dernier qui m’a fait me bidonner sans retenue, c’est « Borat ». Les chroniqueurs radio sont pathétiques, pour la plupart, etc etc…

Je ne dis pas que c’était mieux avant, mais je le pense très fort. Quoi qu’on en dise Coluche, c’était d’un autre calibre (Desproges ? Ben non, pas pour moi). Guy Carlier m’a fait (presque) mourir de rire lors de ses chroniques sur la téléréalité, notamment. Le Splendid, les Nuls, les Monty Python, Palace… Bref (ah oui, « Bref », c’était très bien ça et « Kaamelott » bien entendu, dont j’ai bien aimé le premier volet cinématographique)…

Heureusement, de temps en temps, un petit miracle se produit. Mes zygomatiques se dérouillent en entendant un rigolo ou une rigolote. Actuellement, je me gausse beaucoup grâce à Philippe Caverivière qui officie sur RTL tous les matins et chez Ruquier le samedi soir (perso je l’écoute sur FB). Certes, son humour traine des relents de bobos élevés au tofu et à EELV, toutefois il maitrise plutôt bien certains mécanismes. Mécanismes qui annoncent, cependant, le moment où il me cassera les oreilles comme les autres.

Alors, si vous avez des pépites dans votre panthéon personnel, je suis preneur. Mais je suis très difficile, c’est l’âge.

Je veux riiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiire. Merci.

Non, mais sérieusement.

 © Gifnem29

19 commentaires sur “Rionze un peu*

  1. helas, rien à vous proposer, mais parmi les nouveaux, je suis sûre qu’il y en a des bons, surtout dans les femmes, très grinçantes. eh, pas d’accord avec vous, les cours de musique mériteraient d’être pris en compte. Le problème est que même les parents n’y croient pas. ils sont tellement dévalorisés que personne n’écoute. c’est dommage. la musique, c’est certain, adoucit les moeurs

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  2. La plus perdue de toutes les journées est celle où l’on n’a pas ri.
    Comme vous, j’aime beaucoup Philippe Caverivière.
    Vous connaissez sûrement mais le Palmashow a plutôt bien pris la suite des Inconnus. Je vous conseille également le spectacle « Chinois marrant » de Bun Hay Mean, complètement décalé mais j’ai rarement autant ri du début jusqu’à la fin.
    Rien que pour le plaisir, la pub Stallah : https://youtu.be/jXz00rxUlug

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      1. C’est bête… hier soir, sur la 10 (TMC), il y avait son dernier spectacle « Toujours en douceur », en direct depuis Nantes. Mort de rire tout le long ! Les textes sont bien écrits, pas mal de subtilité finalement…

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      2. Menu. Enter. Mon replay. Enter. Code. Taper les 16 chiffres (au dos de ta box, donc fallait y penser avant… tu reprends donc depuis Menu). Enter. Choix de la Chaîne. Enter. (Faire une pause si tu veux souffler deux secondes, mais pas trop longue, la pause, sinon ça repart au tout début). Taper 10. Enter. Taper T.M.C. Enter. Taper « DIVERTISSEMENTS » puis Enter. Erreur ?… J’avais dit en majuscules… donc… on reprend… Menu. Enter. Mon replay… etc…

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