W

Je ne sais pas vous, cher lectorat attentif, mais moi, parfois, je me raconte.

Depuis mon plus jeune âge, je suis dévoré par une passion. Je suis féru d’astronomie.

Tout petit déjà, je désirais devenir un scientifique qui passerait sa vie à observer le firmament. Enfin, juste après la période lors de laquelle je voulais conduire le camion-poubelle. Je m’imaginais découvrir des galaxies inconnues, des super supernovas, des trous noirs noirs, et bien entendu, le graal de tout astronome, la vie.

Mon enfance et mon adolescence furent l’occasion de me familiariser avec les principales découvertes depuis l’antiquité, puis les grands astronomes comme Galilée ou Ashley et sa comète. J’intégrais la théorie avant de passer à la pratique.

Dix-huit ans, l’émancipation, la liberté, les étoiles.

Il me fallait un public pour exposer mes connaissances encyclopédiques. Je choisis les filles. Un lieu, la plage. Un instant, ce sera l’été.

Je commençais par briller auprès de Priscilla, un soir d’août 1985, sur la plage de Pors-Guen. C’était la nuit des étoiles. Filantes, les étoiles. Il plut des cordes. Le brushing de Priscilla décéda. Les étoiles filèrent. Ailleurs.

L’année suivante, j’invitais Marie-Sophie à observer les constellations. Echaudé par la météo capricieuse du Nord Finistère, j’optais pour le 15 juillet, sur la plage de Kerfissien. Il plut des cordes. L’hiver était tardif cette année-là. Le rimmel de Marie-Sophie capitula. Cassiopée se montra. Ailleurs.

En 1987, la mort dans l’âme, je quittais la Bretagne pour des cieux plus cléments. Je conviais Jacques sur la plage de Torreilles. La météo était avec nous. Je lui fis découvrir la Grande Ourse, Pégase, le Cocher, la Brouette Japonaise. Nous bûmes deux bières et observâmes dix-neuf étoiles filantes, ou l’inverse, j’ai un doute.

En 1990, pour nos fiançailles, j’offrais à Frénégonde une étoile. Cette gourde cupide aurait préféré un solitaire. Je rompis. Comment peut-on préférer une vulgaire pierre à un astre, certes invisible sans le télescope du désert de l’Atacama, mais tout de même ?

Depuis, toutes les nuits, j’observe l’infini. Je cherche la planète qui accueillera l’humanité très bientôt. Dès que je la trouve, promis, je ferme ma bouche.

Non, mais sérieusement.

© Gifnem29

14 commentaires sur “W

  1. Grâce à vous je viens de réapprendre la forme de Cassiopée… Pour moi ce W correspond désormais à un excellentissime drama coréen dans lequel un héros de bande dessinée s’unit à « une future médecin » ( « doctoresse » quoi!) Et ils passent d’une dimension à l’autre… Tout ceci pour dire que les étoiles sont parfois plus belles dans l’imaginaire ! Bonne journée, Patrick!

    Aimé par 1 personne

    1. C’est ce que je pense aussi, pas la peine de déménager pour aller foutre le bozon ailleurs ! Il y aurait (avait… car déjà trop tard, je le crains…) d’autres solutions, plus radicales, et qui ne plairont pas à tout le monde, certes (ben, dis donc, qu’est-ce qu’il a bouffé le père Salgrenn, il a pété un plomb, ou quoi ?!) à mettre en œuvre. Mais… quand les mêmes qui nous donnent des leçons de morale écologique se permettent d’envoyer des voitures dans l’espace pour se faire de la publicité et que la plupart des gens applaudissent (ou en tout cas n’y trouve rien de scandaleux), je crois que c’est mort de chez mort… !

      Aimé par 2 personnes

      1. Ah ça pour être mort, c’est mort. Toute civilisation connaît son déclin. La nôtre a amorcé le sien. Vanitas, vanitas. Merci pour votre sentiment.

        Aimé par 1 personne

Votre commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s