Pilate

Je ne sais pas vous, cher lectorat attentif, mais moi, parfois, je me demande.

Le 05 mai est la journée internationale de l’hygiène des mains. Il existe donc une journée pour rappeler aux gens qu’il est important de se laver les mains. Et c’est bien.

Récemment, j’ai lu l’histoire de ce chirurgien hongrois, Semmelweiss, qui révolutionna sa discipline. En inventant un remède miracle ? Non. En façonnant un nouveau scalpel ultra effilé ? Non. En se lavant les mains. Il avait remarqué que lorsqu’il opérait après un repas, ses patients avaient tendance à survivre davantage. Or, par égard pour sa secrétaire, qu’il lutinait entre la poire et le fromage, il se lavait toujours les mains en sortant de table. Après quelques années de réflexion, il en vint à corréler les deux actions et il énonça l’axiome suivant qui fut affiché dans les hôpitaux de Budapest :

« Chers collègues, si vous désirez obtenir des statistiques plus élevées en matière de survie de vos patients, je vous conseille de vous laver les mains avant de fourrager à l’intérieur d’iceux. Vous constaterez une nette amélioration des versements de vos honoraires, si, à mon image, par pure charité, vous n’exigez le paiement qu’en cas de succès de l’opération, et si le patient rouvre les yeux (enfin, au moins un œil). C’est une technique qui nous pousse à donner le meilleur de nous-mêmes, certes, mais, reconnaissons-le, elle s’avère peu rémunératrice. Grâce à la friction au savon, à vous les belles bagnoles (dès que quelqu’un les inventera). De rien. »

Depuis deux ans, les gens se lavent davantage les mains car on leur a affirmé que le virus pouvait se transmettre, ou tout au moins se propager, par contacts manuels. Je vais vous faire un aveu. Je ne me suis pas plus savonné les paluches depuis deux ans, qu’à l’accoutumée. D’abord, parce que je ne suis pas chirurgien, ensuite, parce que je souffre (oui encore, ma vie n’est qu’une plaie purulente) d’une pathologie assez commune qui pousse les individus à se laver les mains une bonne trentaine de fois par jour, pathologie également appelée « syndrome des mains poisseuses ». Plus, c’eut été de la gourmandise.

J’aime beaucoup les « journées internationales ». Sauf que, parfois, je me demande qui choisit les thèmes. C’est bien beau de conseiller aux gens de se laver les mains. Faut-il encore disposer d’eau. Je ne sais pas si les Ethiopiens goûtent le cachet de cet engouement hygiénique.

Non, mais sérieusement.

© Gifnem29

Publicité

17 commentaires sur “Pilate

  1. Je souffre du même syndrome que vous. Au point où mes mains sont crevassées, alors je les enduis de crème et comme je ne supporte pas d’avoir les mains grasses je file me les laver après l’extrême onction.
    Je propose la journée de la crevasse, cela m’apporterait grand soutien.

    Aimé par 3 personnes

      1. Et d’ailleurs une idée me vient de la lointaine Russie : veux-tu que je vienne faire de l’ordre chez toi, y chasser les gentils moutons, remettre tes pendules à mon heure et autres fantaisies ? (pourvu que ce commentaire trouve sa bonne place ! amen !)

        Aimé par 1 personne

      1. Alors aujourd’hui c’est : Je mange ce que je veux, en coloriant des mandalas et en complexifiant encore plus mes divers mots de passe, de façon à ce que je ne m’en souvienne plus. Histoire d’inventer la journée « sauvez les mots de passe » 🙂
        Quel programme ! J’aurais dû me lever plus tôt !

        Aimé par 2 personnes

Votre commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s