Tranche de vie

Je ne sais pas vous, cher lectorat attentif, mais moi, parfois, je me raconte.

Je viens d’effectuer mon troisième déménagement de 2022. Dans le sens nord sud. J’ai quitté le littoral pour m’enfoncer d’une grosse vingtaine de kilomètres dans les terres. En effet, je quitte le bord de mer lorsqu’il commence à faire beau. Mais peu importe la météo, dès que c’est possible je rassemble mon balluchon et je m’installe dans la résidence principale, pour près de six mois, cette fois. Quelques raisons, pêle-mêle :

  • la vue sur mer ? je la connais par cœur, je pourrais vous la dessiner les yeux fermés, mais par temps de brouillard, vu mes qualités picturales, c’est préférable.
  • la mer ? ben quoi la mer ? elle ne va pas bouger si ? elle ne va pas se réchauffer non plus, enfin à moins que de passer de 11° à 15°, vous appeliez cela un réchauffement ; en plus, je ne m’en sers pas ; je ne sais pas nager et je n’aime pas trop ses fruits.
  • ici je dispose d’un garage fermé ; finis les cacas de piafs mal élevés.
  • dans le jardin du bord de mer, rien ne pousse ou presque ; la maison est construite sur la dune, d’une époque où les responsables des affaires maritimes n’étaient pas des abrutis.
  • ici, tout pousse ou presque ; cette année, j’aurai des cerises, des prunes, des noisettes, des pommes et, peut-être des châtaignes.
  • ici, la boulangerie est meilleure.
  • ici la télé est plus grande.
  • ici, je retrouve mes amis ; le chat du voisin.
  • ici, la buraliste est jolie (là-bas aussi).
  • ici, la wifi est top.

C’est, sans doute, psychologique, mais j’ai moins mal au dos depuis ce matin. Pourtant, je ne l’ai pas ménagé vu que j’ai élagué toute l’après-midi. Maintenant que j’y pense, je n’ai pas fait de sieste aujourd’hui. La première fois depuis deux mois. C’est l’air ambiant. Là-bas, l’air de la mer m’épuise, pourtant je ne fais rien. Ici, je me régale devant la liste de tâches que m’a laissée la patronne. Je vais avoir des cloques dans les mains, youpi. Je vais avoir de la terre sous les ongles, chic.

Je vais essayer d’écrire aussi. Un roman. La suite des aventures d’Isidore Lune, pour ceux qui connaissent.

Et je vais manger des tomates. Plein.

Non, mais sérieusement.

© Gifnem29

14 commentaires sur “Tranche de vie

  1. C’est original d’élaguer au mois de mai quand tout pousse ! À moins que ce soit de « l’élagage » de la pelouse dont il est question … Te voilà donc seul (avec ton ami le chat du voisin) face au spectre d’Isidore Lune, qui je le sens, va reprendre du service. Bon courage dans ta campagne !

    Aimé par 1 personne

  2. Je suis en joie. Pour 3 raisons :
    – de savoir que votre dos va (un peu) mieux
    – de savoir vos rétroviseurs à l’abri
    – d’avoir découvert votre oeuvre (oui, il était temps. J’ai toujours été longue à la détente), de l’avoir commandée et de la recevoir ce jeudi.
    Donc pour fêter ça : Salut Patrick ! Je suis sûre que vous n’aurez pas de peine à biner.

    Aimé par 1 personne

      1. Il était très facile, je vous l’accorde. Je l’ai osé car j’ai pensé (à tort ?) que ce n’était pas votre vrai prénom. Mon père s’appelle Patrick, je sais ce n’est pas une excuse pour autant. Pardon.
        Je suis confuse et pour ma faute je monterai à Notre-Dame de Fourvière pieds nus en me fouettant avec des orties fraîches.
        Le 2ème m’est venu en l’écrivant, votre session jardinage m’ayant inspirée.

        Aimé par 1 personne

Votre commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s