Maison douce maison

Je ne sais pas vous, cher lectorat attentif, mais moi, parfois, j’apprécie.

Je vous ai déjà conté, ici-même, mon appétence pour un lieu particulier (si je me répète c’est pour contenter mes nouveaux abonnés, notamment le syndicat des gourous et des voyants extralucides d’Afrique subsaharienne, et pour rafraîchir la mémoire des plus anciens fidèles dont les neurones commencent à souffrir).

Cela faisait un petit bout de temps que je ne m’étais pas rendu dans cet endroit idyllique, cet espace qui contente la majorité de mes sens, ce petit paradis qui illumine mes jours sombres.

La déchetterie est un endroit enchanteur.

Rien n’est plus beau que l’aube rasante sur les bennes rouillées ou les rayons du soleil couchant à travers les branches cassées des déchets verts abandonnés par les jardiniers du ouikène.

Je revis au milieu des palettes déchiquetées et des réfrigérateurs défoncés. Je respire en immersion dans les gravats témoins de l’extension enfin terminée et les cartons du déménagement du petit dernier. Je m’émerveille face aux carcasses d’ordinateurs et de fours micro-onde.

Malgré les reproches que m’adressait mon dos, cet après-midi, j’ai tondu. Puis j’ai rempli d’herbe des sacs que j’ai hissé, malgré les cris de mon dos, à l’arrière de mon automobile. Puis, tout fébrile, et le dos en compote, j’ai mis le cap sur la déchetterie. Comme Roméo qui rejoint sa Jacqueline, mais qui veut faire durer ce moment délicieux de l’attente, j’ai choisi un rallongi, pour que les papillons stomacaux continuent à frétiller encore quelques minutes. Puis j’ai franchi le portail. Le gardien, Jean-Steven, m’a ignoré, comme d’habitude, afin de ne pas rompre le fragile équilibre des retrouvailles amoureuses. Les usagers, garés n’importe comment, rivalisaient de bêtise dans le but d’élire celui ou celle qui mélangerait le mieux les déchets alors que chaque espace est dûment délimité et clairement indiqué.

L’extase.

Le bonheur est dans la continuité.

Non, mais sérieusement.

© Gifnem29

9 commentaires sur “Maison douce maison

  1. Et pourquoi ne feriez-vous pas du compost ?
    Et pourquoi n’utiliseriez-vous pas vos déchets végétaux comme paillis sous vos arbres fruitiers ?
    Economie dorsale, économie d’arrosage (quoique en Bretagne…), économied’essence et de votre précieux temps.
    Non mais sérieusement ! 😉

    Aimé par 4 personnes

  2. Perso, il y a longtemps que je ne vais plus dans les déchetteries (pour toutes les raisons que tu énumères et d’autres encore (comme d’enrichir des sociétés de recyclages qui s’en mettent plein les fouilles sur notre dos, ou bien les employés de ma déchetterie qui, après un tri sélectif (!), refourguent nos « déchets » sur les brocantes, les dimanches matin (Urssarf ? Où est-tu ?). Aussi, je benne tout dans la forêt. J’ai trouvé un petit coin sympa, où se retrouvent toutes les entreprises du bâtiment de par chez moi, qui ont choisi cette option non payante… (elles, doivent payer pour jeter à la déchetterie, alors tu comprends que… !). Bonne journée à tous !

    Aimé par 1 personne

    1. Si,si! Je t’assure qu’elles y accèdent encore. L’an passé, des fenêtres du collège où j’imposais mes radotages aux gamins mal réveillés, je les apercevais, ces mouettes rieuses, au-dessus de la décharge située à 800 mètres de plaine… De quoi me croire… en Bretagne, vers l’océan !

      Aimé par 3 personnes

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