D Day

Je ne sais pas vous, cher lectorat attentif, mais moi, parfois, je me demande.

J’ai déjà eu l’occasion, sur ce blog, de dire à quel point je déteste les Etats-Unis d’Amérique. Plus exactement, j’ai en horreur un certain nombre d’institutions qui définissent ce pays. Par exemple, l’importance de la Bible dans le système judiciaire me débecte. Tout comme la présence de ce livre dans toutes les tables de nuit des hôtels, hôtels qui ne comportent pas de chambre n°13, la phobie du nombre 13 étant liée à la cène. Et puis, un état qui bâtit ses fondations sur le sang des autochtones et celui des esclaves ne peut obtenir mon aval. Je doute que mon avis puisse faire frémir à la Maison Blanche, mais cela fait du bien de le dire.

Pourtant, un jour par an, les Etats-Unis m’émeuvent. Et je ne m’émeus pas facilement sauf devant la mousse au chocolat de ma mère et un autre truc que la bienséance m’interdit de nommer ici.

Chaque 6 juin, j’ai les larmes aux yeux lorsque je pense à ces milliers de jeunes hommes (et quelques femmes certainement) venus mourir sur les plages de Normandie, voilà soixante-dix-huit ans. Ces braves gars du Minnesota et du Wyoming qui ne savaient sûrement pas situer la France sur une mappemonde et qui n’avaient qu’une vague idée de l’identité du petit moustachu responsable de toutes ces horreurs. Je pense à ces jeunes gens qui ont offert leur vie pour que le monde soit un endroit sécurisé où chacun pourrait vivre décemment. Rien ne m’émeut davantage que le visage de ces vieilles personnes venues en pèlerinage en Normandie. Celles que la télévision a interviewé hier sont, peut-être, les dernières. Le temps fait son œuvre. Sous peu, les derniers témoins du D Day auront disparu. Il ne restera que des milliers de croix blanches bien rangées dans des prairies verdoyantes.

Je ne vais jamais dans les cimetières. Enfin si, mais c’est assez récent. Toutefois, j’envisage de me rendre en Normandie. Je veux voir ces alignements. Je veux remercier ces femmes et ces hommes pour leur sacrifice. C’est rien. C’est même moins que rien. J’ai eu leur âge, et, pas une minute, pas une seconde, je me suis imaginé pendu à un parachute, dans le noir, au-dessus d’une campagne totalement inconnue, les boyaux tordus de terreur. Je sais bien que personne ne leur avait demandé leur avis. Mais est-ce que cela change quelque chose ?

Je vous ai menti. Je suis un grand émotif. Les films traitant de la seconde guerre mondiale, et notamment du débarquement, me bouleversent. « Il faut sauver le soldat Ryan » bien sûr, mais davantage encore « Les uns et les autres » (chef d’œuvre absolu !) et cette scène des deux frères jumeaux qui vous hantera jusqu’à la fin des temps.

Quitte à me fâcher avec une partie de mon lectorat adoré, je vous conseille d’écouter, ou de réécouter, la chanson de Sardou, « Les Ricains ». Texte vilipendé par des imbéciles qui croyaient entendre un panégyrique du capitalisme suprématiste. Avouez qu’on ne peut pas me soupçonner de copinage avec l’oncle Sam…

Non, mais sérieusement.

© Gifnem29

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17 commentaires sur “D Day

  1. Calmons-nous sur le Débarquement de Normandie. Les Américains et les Anglais se sont gardés les meilleurs coins de plage. A contrario, les soldats canadiens, australiens, écossais, irlandais furent de la chair à canon. Donc, la propagande à la con des Américains me fait vomir. Rectifions le tir. Signé le Canadien-français ou le Québécois

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      1. Moi, la première fois, aux States, ils m’ont fouillés mes bagages trois fois de suite, persuadés certainement que je trimballais de la drogue (ou du camembert bien fait, mais c’est idem, pour eux). Depuis, je ne porte plus jamais de dreadlocks (mèches de la peur…). J’ai encore en tête le « Next ! » du type de l’immigration derrière son comptoir… ça me fout les poils, tiens, rien que d’y penser… !

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      2. Je suis arrivé aux States avec ma compagne depuis le Japon, avec des chinois (?) dans l’avion : 3 heures de fouille et de questions, grande campagne contre l’immigration clandestine. Question à ma compagne et moi : où allez-vous loger, de la famille, des amis (nom, adresse etc). On débarquait avec notre sac à dos. Visa pour un mois. Logement proposé : hôtel Hilton, Los Angelès,, alors que nous n’avions pas du tout les moyens. Moralité : on a repris l’avion le jour même pour Vancouver, où un ami vivait. Arrivés là-bas, rebelote, interrogatoire croisé, 3 heures supplémentaires de questions (toujours l’immigration clandestine), mais nous avions une adresse. Le type qui nous a questionné s’appelait Vacherette, un nom qui ne s’oublie pas. Finalement, nous avons été libérés vers minuit. Il y avait encore des bus. La suite a été assez surréaliste, mais c’est une autre (vraie) histoire !

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  2. J’habitais en Belgique à proximité du cimetière américain de Neuville en Condroz. Je l’ai visité régulièrement et à chaque fois c’était la même émotion devant ces 5327 croix parfaitement alignées sur un site impeccablement entretenu. Ce cimetière est, je suppose que les autres aussi, territoire américain et tout le personnel est sous contrat américain et payé en dollars.

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  3. la même chose que Salgrenn, sans les dreadlocks, un douanier digne des SS, à tel point que j’ai failli faire demi tour, tout ça parce que je ne comprenais pas l’histoire des empreintes à mettre. Bref, si son rôle était de dégouter les touristes, c’est réussi

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