Dali ? Da !

Je ne sais pas vous, cher lectorat attentif, mais moi, parfois, je me demande.

Je dois bien le reconnaitre, je ne suis pas un grand esthète. J’aime l’art, mais je ne suis pas un grand amateur de musées. Comme un vulgaire collégien, je m’ennuie assez vite face à des œuvres innombrables alignées sur des murs comme des boites de conserve dans un supermarché et mieux défendues que la plupart des villes ukrainiennes. J’ai apprécié quelques visites au musée d’Orsay, aux Offices à Florence, à la Tate Gallery de Londres, même au Louvre (un été qu’il faisait super chaud, la fraîcheur du département égyptien était incroyablement agréable), mais je ne m’emballe pas à l’idée d’aller admirer des tableaux et des sculptures, même par un triste après-midi pluvieux.

Toutefois, une fois dans ma vie, j’ai reçu une claque magistrale. C’était lors d’un séjour culturel. J’accompagnais une meute de collégiens en Espagne. Dès le deuxième jour, après une vingtaine d’heures de car, le programme prévoyait la visite du musée Dali à Cadaquès (ou Figueres, j’ai la flemme de vérifier). Tout le monde était enchanté de passer deux heures dans les vêtements et les effluves vieux de quarante-huit heures, à arpenter les couloirs d’un musée connu pour son exiguïté, à frôler les corps dodus des touristes allemands et supporter les haleines lourdes de nos compatriotes ayant abusé de la sangria locale, la veille.

A peine eûmes-nous franchi les portes de l’établissement qu’une nuée d’adolescents se précipita pour squatter les bancs et autres murets afin de terminer leur sieste et de checker leurs messages. Seulement, ce n’était pas le musée de la chaise. Peu de sièges s’offraient aux postérieurs fatigués. J’avoue que la situation m’amusait plutôt. Heureusement, dès la cour d’entrée, les gamins furent saisis par la sculpture assez incroyable d’un taureau multicolore. Ce n’était que le hors d’œuvre d’une après-midi magique.

L’espace du musée en question est optimisé comme jamais. Chaque centimètre carré des murs est recouvert d’un dessin, d’une esquisse, d’un tableau, voire de gribouillis de Dali. Certes, les œuvres les plus connues comme « Persistance de la mémoire » (« Les montres molles » pour ceux d’entre vous qui n’ont pas la couleur) sont ailleurs, mais la profusion du travail de l’artiste mérite le détour. C’est vraiment étonnant. Comme cette pièce immense dans laquelle on entre sous les yeux d’une immense toile (constituée d’une multitude de plus petites œuvres), yeux qui ne vous lâchent pas jusqu’à votre sortie (ce n’est pas clair, je sais, vous n’avez qu’à vous déplacer un peu aussi, bande de fainéants). Je n’avais jamais vu des gamins regretter de quitter un musée. C’est une expérience déstabilisante.

Après cette visite inoubliable, je me suis promis de rattraper le temps perdu en visitant au moins un musée par an (le défi n’était pas trop élevé). C’était en 2010. J’ai douze musées de retard…

Non, mais sérieusement.

 © Gifnem29 – juin 2022

18 commentaires sur “Dali ? Da !

  1. J’adore les insignifiants petits musées dans les trous perdus comme le musée du requin de Lionel Tremblay de Sainte-Rose-du-nord, requin attrapé dans le Saguenay (qu’est-ce qu’il foutait là), empaillé par Lionel lui-même et accroché au mur de son salon (entrée libre, touristes bienvenus). Vive la belle campagne du Québec 😂

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  2. Le requin empaillé ça m’a fait sourire… je me demande quel sera le fada qui empaillera un mort humain et osera le coller au-dessus de sa cheminée comme un trophée . Ce n’est pas ce musée-là que j’irai voir, mais l’intérieur de la tête du taxidermiste ! Les intérieurs de têtes sont des mines de curiosités incroyables mais pas simples à sonder. Celle de Dali m’aurait bien intéressée, mais parfois à trop attendre de l’extraordinaire, on est déçu.

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  3. Tiens! Un point commun (un autre!) avec Jourd’hu… les musées!
    Je vais faire hurler ceux qui me suivent: j’ai passé près de Madrid quelques fois dans mes voyages. Jamais entré dans notre capitale. Donc le Prado… kéksékça?

    Là… nous allons nous fâcher: j’ai vécu 17 ans à une heure de voiture de Grenade. Vous me voyez venir: je ne suis jamais allé à l’Alhambra! Et je n’en suis pas mort… pas encore!

    Pour le Musée Dali en Catalogne, j’ai passé tout près, des dizaines de fois mais je ne me suis pas arrêté.
    Les morts ne m’intéressent pas… surtout ceux que j’ai rencontré de leur vivant. Lisez plutôt ce lien relatif à un texte du 27 juin 2017:

    https://wordpress.com/post/akimismo.wordpress.com/2375

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    1. Grenade sans l’Alhambra, là, y’a comme qui dirait de la provocation. Un peu comme aller à Cordoba et ne pas visiter la mezquita ! Je peux comprendre pour les musées, mais ça, c’est autre chose ! Quant au lien il m’amène à une invitation à écrire un texte (?) !

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  4. Je connais rien à l’art mais j’adore les musées car je suis touchée par l’art. Je me fous des siècles etc… de toute façon j’ai une très mauvaise mémoire mais le sentiment que quelque chose te touche sans trop savoir pourquoi c’est magique. Enfin je crois.

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