Qui a bu, boira

Je ne sais pas vous, cher lectorat attentif, mais moi, parfois, je me demande.

La terre a soif. Nous y sommes. La sixième extinction de masse a commencé. En réalité, elle a débuté au 16è siècle, mais tout doucement. Dorénavant, le processus a pris sa vitesse de croisière et il n’est pas équipé de marche arrière.

Les agriculteurs sont les premiers impactés. Depuis des décennies, on leur a appris à cultiver à grands renforts d’eau, de pesticides, d’insecticides et de plein d’autres saloperies. Pourquoi pas après tout, cela fonctionne plutôt bien. Les champs sont couverts de verdure plus ou moins nécessaire à la population, mais très rémunératrice. D’une génération sur l’autre, peu à peu, on oublie le goût des légumes car ce qu’on a dans son assiette convient parfaitement. Je suppose qu’il s’agit d’une évolution normale. J’imagine nos têtes, et nos papilles, si nous devions nous nourrir comme à l’époque romaine.

Si l’eau se met vraiment à manquer, ou en tout cas à être rationnée, on risque de se retrouver dans le pétrin.

Quoique.

Hier, j’ai vu un reportage sur un agriculteur sec. J’avais un peu l’impression d’assister à la projection d’un film de science-fiction. Ce type, installé en Île de France, exposait une façon de faire pousser des plantes que l’on peut considérer soit révolutionnaire, soit utopique, soit tout simplement, pleine de bon sens. Il cultivait, notamment, des tomates, des oignons et des patates douces sans l’ombre d’une substance chimique, et mieux encore, sans une goutte d’eau sauf celle qui tombe du ciel, ou pas. Certes, il admettait que sa production était loin des résultats de l’agriculture industrielle, mais elle présentait l’avantage de conserver le vrai goût et d’attirer les consommateurs locaux qui, paradoxalement, s’y retrouvent, financièrement parlant, vu que le paysan n’a pas d’autres frais que les semis. L’homme expliquait que, en gros, il laisse les plantes se débrouiller. Aucune action non naturelle n’intervient dans son processus. L’un des « secrets » étant de laisser pousser les mauvaises herbes et de les intégrer au moment de retourner la terre. Une sorte d’engrais naturel.

Bon, c’est vrai que cela semble un peu trop beau. Malgré tout, je me suis rappelé d’un autre reportage qui affirmait que l’agriculture bio, ou naturelle, pouvait, largement, nourrir la planète, à ceci près que les industriels de la chimie, deuxième ou troisième lobby mondial, menaçaient la planète d’une crise sans précédent s’ils se voyaient dans l’obligation de baisser pavillon et, par conséquent, de mettre au chômage des millions de personnes.

J’aime faire pousser des arbres, principalement des fruitiers. J’en ai onze, pour l’instant (avec trois abricotiers bébés dans des pots sur la terrasse). Une fois que je les ai plantés, je leur fiche une paix royale. Ils donnent des fruits si tel est leur désir. Je les élague au minimum (mais le jardin n’est pas extensible). Alors, en effet, je ne risque pas, pour le moment, de distribuer ma production à mes voisins, mais, je vous annonce, en exclusivité, que mon nectarinier vient d’offrir son premier fruit (oui oui en Bretagne nord). Et j’ai aussi des prunes et des cerises (enfin, non, les piafs ont bouffé les cerises).

Allez, tâchons de ne pas gâcher la flotte et gardons le sourire. Pour l’instant.

Non, mais sérieusement.

© Gifnem29 – août 2022

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14 commentaires sur “Qui a bu, boira

  1. Votre conception de la culture des arbres me plaît beaucoup. Nous avons un pawlonia en pot dans lequel je place tous mes espoirs pour que demeure un spécimen dans notre jardin, puisque le « parent » est un peu moribond ( il vient de refaire de la verdure alors que je le croyais trépassé après avoir été troué comme jamais par les piverts… Mais aucun bourgeon de fleur en vue). Pour les fruitiers… Comme nous ne traitons pas… Le jardin produit des fruits « clafis » d’asticots pour nourrir les poubelles avant d’avoir trop de guêpes… Et toujours trop de moustiques !

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      1. On en goûte un ou deux mais on a toujours le farci avec… Et chaque fois on jure qu’on ne nous y reprendra pas! Dans ce jardin, seuls les raisins blancs sont mangeables, deux noisettes et les 3 premières 🍒… Tout le reste n’est à manger que des yeux!

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      2. Hmmm j’ai la désagréable impression de me faire gronder… Dire que je n’ai jamais été en retenue et que mes carnets de correspondance furent toujours comme neufs ! M’sieur, si j’ai tout faux, c’est passque chuis pas très douée en développement durable.

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