Un grand oiseau en fer

Je ne sais pas vous, cher lectorat attentif, mais moi, parfois, je me demande.

De tout temps, l’être humain a voulu dompter un élément : l’air.

Si ce n’est pas de l’introduction ça, je ne m’y connais pas !

Dès l’antiquité, un jeune homme et son père bricolèrent dans leur garage une paire d’ailes pour voler jusqu’à l’astre solaire. Et leur invention fonctionna du tonnerre. Icare, le fils, s’envola sous les yeux émerveillés de son Dédale de père. Les premiers millions de kilomètres se déroulèrent formidablement. Icare surveillait bien les instruments comme le lui avait asséné son daron. Hélas, ils avaient rencontré un problème de taille lors de l’élaboration des ailes. Ils avaient testé un grand nombre de matières pour les fixer dans le dos d’Icare : le miel, la bave d’escargots, la sève de pins. Finalement, ils optèrent pour la cire. Fatale erreur puisque celle-ci fondit au moment de l’approche sur le terminal solaire et Icare s’écrasa comme une merde. Quand on pense que, s’ils avaient utilisé de la super-glue, Icare serait encore parmi nous.

Mille cinq cents ans plus tard, cette histoire hantait encore les esprits des inventeurs. Un certain Léonardo Da Vinci imagina un dispositif qui aurait permis à Icare de se poser en douceur sur le soleil. Certes, il aurait eu un peu chaud aux fesses, mais il s’en serait sorti avec un tube de Biafine.

Ce n’est qu’à la fin du 19è siècle que des tarés se lancèrent à nouveau dans la conquête des airs. Après avoir expérimenté des aéronefs en bois, en toiles, en Légo, le plus cinglé de la bande construisit un engin volant en métal.

En métal !

Non mais et puis quoi encore ?

Des appareils de plusieurs tonnes en métal, acier ou fer peu importe, ne peuvent pas voler. C’est impossible. Et avec quoi sont collées les ailes s’il vous plait ? De la cire ? Des boulons de douze ? Des rivets ?

J’ai pris six fois l’avion. Trois allers-retours. 1983, 1995 et 1996. Depuis, je ne voyage plus.

Non, mais sérieusement.

 © Gifnem29 – septembre 2022

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14 commentaires sur “Un grand oiseau en fer

    1. Merci Gilles!
      Evoquer le constructeur du « plus bel avion du monde » le Junker 52, que les Allemands appelaient Tante Ju, me met de bonne humeur pour la journée. Il y a quelques années, j étais inscrit pour un vol sur ce fabuleux tri-moteur en tôle ondulée mais il s est malheureusement craché, faisant pas mal de morts…

      Aimé par 3 personnes

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