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Je ne sais pas vous, cher lectorat attentif, mais moi, parfois, je précise mon propos.

Hier, je vous ai dit que, dans mon ancienne vie de prof, je n’avais jamais fait grève. J’ai menti. C’est arrivé à deux reprises.

La première fois, j’étais tout jeune prof et j’avais eu vent d’une réunion dans le collège où j’exerçais, un jour où je brillais par mon absence. Une grève avait été votée par plus de 70% de mes collègues, comme un peu partout. Je décidais de suivre le mouvement par solidarité. Le jour dit, je ne me pointais pas à mon premier cours, mais, un peu plus tard, je passais dans l’établissement pour je ne sais plus trop quelle raison. Le chef m’apostropha de manière assez peu courtoise, et j’appris que 5% des profs du bahut étaient en grève. J’étais colère et me jurais bien de ne plus jamais me comporter comme un mouton.

La seconde fois, beaucoup plus tard, j’arrivais sur mon lieu de travail en début d’après-midi car, ce jour-là, je n’avais pas de cours le matin. L’école était fermée. Par sécurité, car il manquait de personnel pour encadrer les gamins. Je fus déclaré gréviste à l’insu de mon plein gré. J’ai longtemps essayé de défendre mon cas auprès des abrutis du rectorat pour récupérer mes sous, en vain.

Par ailleurs, disposant d’un peu de temps libre, j’ai beaucoup réfléchi à la meilleure manière de faire grève. Sans emmerder le monde, pour être clair.

Lorsqu’il s’agit de faire plier le gouvernement, je pense que le plus efficace consiste à bloquer, sans violence merci, les administrations fiscales, par exemple en murant l’entrée des bureaux ou en balançant des boules puantes dans le système de ventilation.

Dans le privé, c’est plus complexe. Il faut s’attaquer aux points névralgiques qui préoccupent les patrons. Je préconise de boucher les trous du golf ou de barricader les accès au Rotary.

Grèvez, grèvez tant que vous voulez, mais, s’il vous plait, laissez le peuple tranquille. En vous remerciant.

Non, mais sérieusement.

© Gifnem29 – octobre 2022

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9 commentaires sur “*

  1. Nous allions avoir une grève nationale des cheminots le mois dernier, mais ils ont atteint un accord avec les gérants le matin du jour où la grève allait commencer. Si ça avait arrivé, les pertes auraient été énormes. On ne transporte pas de gens par train ici, mais la nourriture et le pétrole, absolument.

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  2. entièrement d’accord avec vous. se syndicaliser pour éviter les dérives des Directions, oui mais pas en impactant à ce point les autres qui doivent bosser. J’ai mon voisin commercial indépendant et c’est la galère pour lui.

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  3. Oui, au droit de grève, mais, non, à celui d’enquiquiner tout le monde !
    Des solutions existent pour obtenir un résultat rapide à des revendications salariales :
    Cibler et ne bloquer que certaines administrations : les préfectures et les impôts (plutôt que la sécu…), sans rien abîmer, sans retenir personne, évidemment, juste faire de la présence pacifique (en chantant quelques slogans bien choisis toutefois)… Bloquer des aéroports comme celui du Bourget (départ de la plupart des jets privés…), vous verrez que cela sera beaucoup plus efficace que de bloquer Roissy…. Bloquer Paris… c’est là que tout se passe… plutôt que de faire toujours c**** les gens de la campagne et des banlieues qui subissent toute l’année !
    Et puis, SURTOUT : arrêtez de brûler des vieux pneus devant les piquets de grève !
    Enfin, j’dis ça, j’dis rien…

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