Rebonds

Je ne sais pas vous, cher lectorat attentif, mais moi, parfois, je me raconte.

Voilà six semaines que je me suis mis au sport. Il est temps de dresser un bilan.

Tout d’abord, la photographie n°1 vous donne un aperçu du lieu de mes exploits pongistiques. En effet, il s’agit d’un gymnase rudimentaire, équipé d’une vingtaine de tables éraflées. L’éclairage aléatoire se compose de rampes de néons situés à sept mètres du sol (ce qui ne m’a pas empêché d’y percher une balle, exploit inédit, m’a-t-on dit), et, il possède cette particularité singulière d’être jumelé au chauffage, ce qui nous permet de jouer tout en bénéficiant des avantages du sauna. En cumulé, j’ai perdu cent vingt-trois litres de sueur, en six semaines.

Comme vous pouvez le constater sur la photographie n°2, le tennis de table a sculpté mon corps. Certes le terrain était favorable. Toutefois, la découverte de certains muscles non-répertoriés dans le Vidal m’a laissé pantois. Mes délicates cervicales notent une nette recrudescence des allers-retours, pires que sur le central de Roland-Garros, ce qui entraine une souffrance inattendue, mais, je le souhaite, temporaire.

Sur la photographie n°3, je vous présente les trente-sept membres du TTL. Ce qu’il faut savoir, c’est que ce groupe se subdivise en trois sous-groupes.

1 – Les (presque) pros. Le groupe le plus restreint. Si vous avez un coup de mou, vous vous asseyez et vous regardez. Vous êtes au spectacle, et vous rêvez d’atteindre 10% de ce niveau. Une jeune fille a été championne d’Europe junior par équipe et est classée 170è française (comme ça, ça ne claque pas des masses, mais elle vaut nettement mieux, elle a un peu laissé tomber l’affaire pour se concentrer sur ses études). Jouer contre l’un d’entre eux revient à tenter de gravir l’Everest en claquettes, un bandeau sur les yeux et un tigre du Bengale sur les épaules. J’ai, un peu, jouté contre eux car tout le monde se mélange dans ce club, juste pour essayer. J’ai effleuré une balle, une fois.

2 – Les débutants (dont je fais partie, encore pour dix/douze ans). C’est un peu foutraque, on y trouve de tout. Des jeunes, des vieux, des femmes (peu), des hommes. Je vais vous faire un aveu. Je ne les aime pas beaucoup. Plus exactement, je n’aime pas jouer contre eux. En effet, la grande majorité d’entre eux passe son temps à couper les balles ou à taper le même coup qu’ils croient maîtriser, car, c’est, relativement, efficace. Ainsi, ils marquent des points. Moi, je m’en fous de marquer des points, ce qui m’intéresse, c’est de progresser en prolongeant les échanges le plus longtemps possible pour acquérir les réflexes, un peu à l’image des échauffements des pongistes (il faut voir pour comprendre ; c’est un échange très rapide lors duquel le jeu consiste à ne pas tenter des effets mais à durer le plus longtemps ; assez spectaculaire).

3 – Enfin, mes favoris, les moyens. Ceux qui jouent en loisirs (et en championnat niveau régional pour beaucoup) depuis de nombreuses années, qui ont atteint un très bon niveau mais qui ne se la pètent pas (enfin si, certains tout de même) et qui ne rechignent pas à jouer contre les plus faibles et même à leur donner des conseils. C’est super agréable de taper des balles avec des gens qui acceptent de baisser un peu leur niveau pour que vous ne passiez pas votre temps à courir derrière les balles.

Et puis, il y a le prof. Un poème. Le mardi soir, il déambule entre les tables et distille des conseils aux uns et aux autres. Il donne des exercices que je ne fais jamais. Je n’y peux rien, vingt-cinq ans d’enseignement m’ont dégouté à vie de la moindre leçon. Et j’aime l’idée d’être un autodidacte du ping-pong (comment ça je me la pète !).

Non, mais sérieusement.

© Gifnem29 – octobre 2022

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5 commentaires sur “Rebonds

  1. Vous êtes un pro… De la photo sans pixel, celle qui frustre, celle qui flatte et que jamais on ne rate. Encore un chouette album sportif… pour annoncer votre calendrier, non ?
    Tiens, vous aussi vous êtes devenu mauvais élève ? Ils nous ont refilé le virus fatal, tous ceux qu’on a grondés et qui faisaient le show dans nos créneaux ! Alors par solidarité et du fond de la classe, je vous encourage :
    « Vas-y Patou, si y a pas de Chinois dans ton club, tu peux marquer des points! »

    Aimé par 1 personne

      1. Certains en avaient l’air… Mais chantaient de vraies chansons. C’étaient mes préférés : les faux récalcitrants au coeur tendre, souvent de grands sportifs, des hommes d’action qui réalisaient soudain l’exploit le plus éclatant !

        Aimé par 1 personne

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