La femme qui en savait trop – Tom Bale

La femme qui en savait trop – Tom Bale – France Loisirs (Presses de la Cité)

Un titre volontairement racoleur (« Skin and bones » en VO) et lorgnant du coté d’Alfred.

Cela aurait dû me faire fuir.

D’une part parce que je n’aime pas les titres racoleurs, ensuite parce que je n’aime pas les films d’Hitchcock (à l’exception de « L’inconnu du Nord-Express ») que je considère comme la plus grande escroquerie de l’histoire du 7è art. Et notamment « L’homme qui en savait trop » dans lequel il ne se passe strictement rien (vous pouvez rouspéter, si vous voulez, cela ne changera rien à mon opinion) (par ailleurs, en cherchant un peu, vous devriez dégoter mon brillant article qui descend en flammes et en arguments « Le crime était presque parfait »).

Curieusement, je n’ai pas fui. J’ai passé un agréable moment de lecture. Rien de très original, mais une bonne maîtrise du genre.

Non, mais culturellement.

 © Jourd’hu – février 2023

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De l’âtre (de Tassigny)

Photo n°1, n°2, n°3 et n°4

Je ne sais pas vous, cher lectorat attentif, mais moi, parfois, je me raconte.

Le vent souffle sur les plaines de ma Bretagne armoricaine. Et j’aime ça car je peux trouver du réconfort auprès de mon foyer de cheminée ouvert (je n’ai jamais compris le principe d’insert, c’est complètement con, on ne voit pas le feu qui est riquiqui de toute façon et ça chauffe deux fois trop) que vous pouvez admirer sur la photo n°1 (oui bon, mon prénom n’est pas Nicéphore non plus).

Si vous vous penchez sur la photographie n°2, vous pourrez observer une paire de magnifiques chenets forgés, au XIIIè siècle par Enguerrand Lagadec mon pluriaïeul, meunier de son état, mais qui aimait bien sculpter les armures défectueuses des chevaliers errants venus mourir de vieillesse en basse Bretagne, vers 31 ans, à ses heures perdues.

Maintenant, approchez-vous encore, et regardez attentivement, sur la photo n°3, les pierres qui constituent cette œuvre d’art. Vous pouvez constater qu’elles sont habilement scellées grâce à un mortier dont la recette remonte à la nuit des temps, et même un peu avant. Chaque pierre a été taillée en 1287 dans le granit du littoral en accord avec la faune locale afin de préserver l’habitat des brenicks et des touilles. Increvables ces cailloux ! D’après des spécialistes, elles seront encore là en 2600 lorsque la Terre explosera.

Enfin, petit bonus, sur la photo n°4, vous noterez la présence incongrue d’une boite d’allumettes dite familiale. Pour les plus jeunes d’entre vous, une allumette est un bâtonnet de bois dont l’une des extrémités est enduite d’une solution soufrée. La boite est munie de deux grattoirs latéraux sur lesquels vous frottez le bout rouge de l’allumette, et, comme par miracle, une flamme jaillit. Ah le bon vieux temps…

Si cette visite vous a plu, n’hésitez pas à me suivre. Demain, je vous emmènerai dans mon boudoir.

Non, mais sérieusement.

© Gifnem29 – février 2023

Le plus ou moins 7è art

Je ne sais pas vous, cher lectorat attentif, mais moi, parfois, je me demande.

Naguère, je vous contai, brillamment, mes expériences anthropologiques sur FB lorsque, à mon corps défendant, je me voyais dans l’obligation de regarder des vidéos de dames assez étourdies avec leurs vêtements.

Depuis peu, l’algorithme de monsieur Zuckerberg a décidé de me proposer un choix assez impressionnant de chefs d’œuvre du 7è art. Enfin, chefs d’œuvre, c’est vite dit.

Je ne sais pas d’où ils sortent ces trucs. C’est assez hallucinant. Je me targue de connaître assez bien le monde du cinéma, pourtant, je n’ai jamais entendu parler d’aucun de ces nanars.

Par exemple, ils ont trouvé toute une série de longs métrages mettant en scène des animaux improbables, avec une nette préférence pour les requins. Pour vous démontrer mon érudition en la matière, je connaissais un film racontant l’histoire d’une telle tempête en mer que les requins étaient catapultés sur la côte et dégustaient les rares passants. Mais il existe mieux. Imaginez-vous un photographe qui a choisi une plage pour shooter de belles jeunes femmes assez peu vêtues (ben oui, forcément). Il tourne le dos à la mer. Grosse erreur, car un requin mutant sort de l’eau, en marchant sur ses nageoires, et le gobe comme si c’était un Flanby. La suite ? Ah ben non, je ne regarde que les débuts pour pouvoir explorer les trésors.

Curieusement, certains éléments sont communs à ces ouvrages. Notamment la nullité crasse des effets spéciaux. On frôle l’art. On dirait qu’ils sont rajoutés aux crayons de couleur directement sur la pellicule, par des enfants de six ans. Les dinosaures sont des figurines de notre enfance. Les bruitages n’ont rien à voir à ce qu’ils sont censés représenter. La musique est issue d’un orgue Bontempi, aux piles usagées. Je vous en passe et des pires, comme les costumes des films turcs.

Contrairement à ce que vous pourriez croire, il ne s’agit pas de films des années 50 mais bien des tournages récents.

Comment des producteurs peuvent-ils mettre du pognon dans des films dont le scénario doit déjà annoncer le naufrage ? Mystère et boule de gomme. Des films qu’aucun distributeur sain d’esprit ne s’engagera à projeter dans ses salles. A quoi ces bouses sont-elles destinées ? Re mystère et boule de gomme.

Si vous avez un peu de temps à perdre, c’est assez rigolo. Dix minutes.

Non, mais sérieusement.

© Gifnem29 – février 2023

La ville des enfants perdus – Jennifer McMahon

La ville des enfants perdus – Jennifer McMahon – France Loisirs (Belfond)

Premier d’une série de trois polars de chez France Loisirs que j’ai trouvés, à l’état neuf, dans ma CAL favorite. Autrement dit, vous allez en bouffer.

Celui-ci est un classique du genre, d’assez bonne facture. Ne pas trop se fier au titre français, bien qu’il ne soit pas trop éloigné, pour une fois, du titre original « Island of lost girls », qui fait penser au film de Caro et Jeunet « La cité des enfants perdus », mais qui n’a rien à voir.

Des allers-retours entre l’enfance et la vie d’adulte des protagonistes. Des gamines qui disparaissent (tiens, ça me rappelle un truc). Une scène de théâtre. C’est plutôt bien fichu. Toutefois, dans deux semaines je l’aurai oublié.

Il m’est venu une idée assez macabre. Lorsque l’on est atteint de la terrible maladie d’Alzheimer, l’un des rares avantages, c’est que, dès qu’on a fini un livre, on peut le recommencer.

Hou, le vilain !

Non, mais culturellement.

© Jourd’hu – février 2023

Aquarium

Je ne sais pas vous, cher lectorat attentif, mais moi, parfois, je me demande.

Foch 2, le retour de la vengeance.

Incroyable !

Les aventures du Foch continuent.

Saison 2

Résumé de la saison 1 : Reportez-vous à l’excellent article « Mon amiral ».

Les autorités brésiliennes sont embêtées. Elles ne savent pas quoi faire de l’ancien fleuron de la marine française, le porte-avions Foch.

Déjà, on se demande un peu pourquoi le Brésil a acheté un porte-avions. C’est bien connu que les Brésiliens ne pilotent pas des avions, ils sont tous footballeurs ou danseuses de Samba. Quelle idée de s’embarrasser d’un gros cul comme le Foch ! D’autant qu’il était désarmé lors de l’achat. Donc, les Brésiliens ont acheté un gros tas de ferraille qui ne sert à rien.

Voilà vingt ans que le navire fait des ronds dans l’eau. Et au prix du carburant, ce sont des ronds qui coûtent chers.

Le gouvernement brésilien, modèle d’équilibre, a convoqué un aréopage de citoyens composé de footballeurs et de danseuses de samba, afin de trouver la solution qui plaira à tout le monde. Et ils ont trouvé.

Ils vont couler le Foch dans l’Atlantique.

Ben mon colon, ça c’est de la solution.

Forcément, les mouvements écologiques sont vent debout contre cette solution expéditive. Rita, la danseuse porte-parole de l’aréopage, a développé des arguments imparables. D’abord, la mer est une poubelle qui n’est pas à un navire près. Les archéologues marins ne parviennent pas à se mettre d’accord, mais, il semblerait que les mers du monde hébergent un bon million d’épaves. Ensuite, le Brésil n’est pas le seul pollueur, loin s’en faut. En plus, ils doivent s’occuper d’un feu de forêt un poil envahissant. Enfin, selon les spécialistes brésiliens, qui n’y connaissent rien, le Foch fera un très beau support pour le corail.

Je n’arrive pas à comprendre qu’on ne puisse pas démanteler le Foch. Je sais bien qu’il doit être bourré de plomb, de l’amiante et tout un tas d’autres saloperies, et que le traitement de tous ces trucs coûtent un fric fou. Mais bon, de là à le couler…

Non, mais sérieusement.

© Gifnem29 – février 2023

Etymologie

Je ne sais pas vous, cher lectorat attentif, mais moi, parfois, je me demande.

L’origine d’une langue est une chose bien étrange. Les linguistes peuvent passer des années sur un seul et unique mot sans parvenir à se mettre d’accord sur son lieu de naissance. Sauf lorsqu’il s’agit d’Athènes ou de Rome parce que là, on a tout un tas de films avec des gens qui causent dedans.

Certains termes gardent longtemps leur mystère. Des termes comme « globi-boulga », « Supercalifragilisticexpialidocious » ou « socialiste ». C’est aussi le cas de « chandeleur ».

Toutefois, je suis en mesure de vous dévoiler l’étrange étymologie de ce dernier.

Tout d’abord, nous avons à faire (affaire, je ne sais jamais) à un problème de genre. En effet, il ne s’agit pas de LA chandeleur mais de LE chandeleur. Puis, au cours des siècles, plusieurs mots se sont compactés. Il faut lire et entendre le « chant de l’heur ». Autrement dit, la chanson du bonheur.

Explication.

Dans des temps fort fort lointains, les femmes et les hommes craignaient, particulièrement, le mois de janvier. Celui-ci était synonyme de grand froid, d’attaques d’ours et de soldes pour gogos. La cueillette ne donnait rien et la chasse était bien trop dangereuse à cause des castors zombis. Il était, alors, très difficile de survivre à ces 31 jours. Surtout les 31 derniers. Les rescapés du mois de la « trouille », comme on l’appelait alors, se réunissaient le 1 février autour d’un barbecue, puis s’offraient une bonne sieste réparatrice.

Le 2, ils faisaient la fête en chantant des chansons joyeuses. Les fameux chants de l’heur.

Et en mangeant des crêpes à l’ours.

C’est simple l’étymologie quand c’est bien expliqué.

Non, mais sérieusement.

© Gifnem29 – février 2023

La nuit du mal – Giacometti & Ravenne

La nuit du mal – Giacometti & Ravenne – Le Livre de poche (JC Lattès)

(très mauvaise photo, certes, mais au moins certaines langues un peu trop bien pendues vont cesser de critiquer mon intérieur ; en vous remerciant)

« La nuit du mal », on dirait le titre d’un épisode des « Mystères de l’ouest » (« Wild wild west », Justin). Vous vous souvenez des « Mystères de l’ouest » ? Perso, j’adorais. Pourtant, James West m’énervait avec ses costumes près du corps, je préférais Artemus Gordon bien que sa voix française fût insupportable. Et puis le petit monsieur. Vous voyez le petit monsieur ? J’en ai fait des cauchemars. J’aimais bien l’idée d’habiter dans un train aussi. Pourtant, à l’époque, cela devait réduire considérablement les itinéraires conseillés. Et puis, pas facile de se garer entre le saloon et le bureau du shérif.

Sinon, j’ai lu « La nuit du mal ». Malgré un début un peu « facile », le duo d’auteurs retombe bien sur ses pattes avec sa spécialité de récupérer l’Histoire et de la tordre dans tous les sens sans, toutefois, la trahir (enfin, pas trop).

Attention, c’est un tome 2.

Non, mais culturellement.

© Jourd’hu – février 2023

Début de carrière

— » Papa ?

— Je travaille Ignace !

— Ben non, tu te balades en caleçon à minuit dans la maison…

— Oui, ben je vérifie que la température est supportable dans toutes les pièces. 25°, c’est bien je trouve. Bon tu veux quoi ?

— J’aimerais comprendre pourquoi tous ces gens étaient dans la rue hier.

— Qu’est-ce que j’en sais moi ? Ils se baladaient je suppose, il faisait beau.

— Non papa, je parle des manifestations.

— Ah oui, bien sûr… Alors écoute-moi bien Ignace. Tous ces crétins dans la rue sont des faignasses qui ne veulent pas bosser, qui veulent prendre leur retraite à 35 ans et vivre, peinards, des aides sociales.

— Comme toi quoi…

— Quoi ? Mais comment tu parles à ton père, fils de débile ? Et puis moi, c’est pas pareil, moi je suis allergique au travail, j’ai même un mot du médecin.

— Il y a un truc que je ne comprends pas papa.

— Ah ouais ! Eh ben c’est pas la première fois ! Bon accouche !

— Je croyais que le travail était vecteur de bien-être, d’intégration sociale, de développement personnel, d’enrichissement et pas uniquement financier.

— Mais où t’es allé chercher ça toi ? C’est à l’école qu’on vous bourre le mou avec ces conneries ?

— Je ne sais pas, papa, tu m’as enlevé de l’école l’année dernière.

— Ben oui, après tes cinq ans ça te sert plus à rien l’école. Regarde, moi…

— Donc, moi par exemple, je vais travailler jusqu’à quel âge ?

— Toi ? Bon, le calcul est simple. Tu as commencé à taffer à deux ans. Sauf que tu ne cotises pas à la caisse de retraite. Donc, je dirais 75 ans, à une vache près.

— Ah… Dis, je peux aller manifester la prochaine fois ?

— Tu fais ce que tu veux fiston, tu as cinq ans. A ton âge j’étais déjà en retraite.

— Merci papa. Bonne nuit.

— Comment ça bonne nuit ! Tu as fini de réparer la toiture ?

— Oui papa.

— Très bien. Alors file au lit, et n’oublie pas que demain tu embauches à six heures à l’abattoir. »

Non, mais sérieusement.

© Gifnem29 – février 2023

Debout sur la table

Bon, cher lectorat attentif, c’est bien beau de vous informer, jour après jour, de ce qui se passe en ce bas monde. Mais ne perdons pas de vue l’essentiel, mes progrès au tennis de table.

Tout d’abord, je ne dis plus « ping-pong ». En effet, ce terme ne peut être utilisé par les initiés sous peine de se voir imposer d’assister à un premier tour de Roland Garros sur le court n°16.

Ensuite, je me suis familiarisé avec des mots complexes appartenant au lexique de mon sport. Des termes comme « raquette », « balle », « table », « filet ». Ce fut difficile, mais les sacrifices sont nécessaires pour appartenir à la confrérie des pongistes éminents.

Puis, je me suis lancé dans une étude longue et fastidieuse des règles inhérentes à la pratique de cette noble activité. Une demi-page, facile, de lois absconses et d’interdictions incohérentes. Sachez-vous, en guise d’exemple, qu’il est interdit de frapper son adversaire ? Remarquez, vu ma constitution et mon crochet du gauche défaillant, cela m’arrange plutôt. En revanche, plus étonnant pour un néophyte, les obligations liées à la raquette. Celle-ci doit comporter deux faces. Incroyable non ? Plus surprenant encore, l’une des deux faces est, obligatoirement, noire. L’autre côté pouvant être rose à pois bleus si tel est votre désir. Plus complexe (accrochez-vous), le revêtement. Je n’en suis qu’aux prémices de mes investigations sur cet aspect de l’activité. La légende dit qu’il faut sept vies pour maîtriser les différentes subtilités de ce matériau issu de la nuit des temps et fabriqué par des Elfes albinos chinois descendants directs du dieu du ping-pong, Jacques Secrétin.

Enfin, un truc assez rigolo. Le but du pongiste est de ramener la balle sur la table du côté de son adversaire tout en espérant que celui-ci ne puisse, à son tour, etc… Vous avez compris. Sauf qu’il est possible de taper dans la balle avec autre chose que sa raquette. Alors, ça vous la coupe hein ? En effet, la main et l’avant-bras, côté raquette, sont réglementaires. Mais la balle sur un ongle, ça douille grave…

N’hésitez pas à vous abonner pour plus d’informations passionnantes sur le tennis de table.

Non, mais sérieusement.

 © Gifnem29 – janvier 2023

Le guerrier de porcelaine – Mathias Malzieu

Le guerrier de porcelaine – Mathias Malzieu – Albin Michel

Tout d’abord, un petit conseil à Mathias : « Allez voir un ophtalmo ».

J’ai lu « La mécanique du cœur » et j’ai trouvé ce bouquin très poétique. Donc, lorsque ma CAL favorite m’a offert ce livre tout neuf (je me demande si ce n’est pas le cadeau de Noël d’un gamin qui attendait un train électrique, qui a atterri directement dans la CAL), je n’ai pas hésité.

Petit hic, l’histoire est racontée du point de vue d’un gamin de neuf ans. Je n’aime pas tellement ce procédé narratif.

Mais ce n’est qu’un détail. Malzieu excelle dans les portraits. Les personnages sont fort bien croqués.

Certes, l’histoire n’est pas d’une grande originalité mais on retrouve la poésie et la tendresse de l’auteur.

Non, mais culturellement.

 © Jourd’hu – janvier 2023