La disparue de la cabine n°10 – Ruth Ware

La disparue de la cabine n°10 – Ruth Ware – Pocket (Fleuve Noir)

Ruth Ware lorgne sans vergogne du côté d’Agatha Christie et d’Alfred Hitchcock. Certes, elle n’arrive pas à la hauteur de ces maîtres du suspense mais elle s’en sort avec les honneurs. Elle se débrouille assez bien pour égarer son lecteur faisant en sorte que l’on soit persuadé de lire une sorte de « Shutter island ». Mais ce n’est pas le cas (oups spoil, désolé).

Ce qui est moins convaincant, ce sont les invraisemblances. Je sais que je viens d’écrire un pléonasme, mais je vous ennuie. Ce roman développe typiquement le genre d’intrigue qui ne tiendrait pas la route lors d’une seconde lecture analytique. Mais qui relit un bouquin pour en faire une étude analytique ? J’ai bien connu un vieux débile en fac dont c’était le passe-temps favori de décortiquer les bouquins pour en tirer des conclusions stupides. Il se vantait d’avoir lu « Les voyages de Gulliver » une centaine de fois, alors qu’une seule est déjà un exploit (je parle de la version intégrale avec le Japon et le pays de Houyhnhnms). Il nous enseignait la « Littérature comparée ». Une purge.

« La disparue de la cabine n°10 » est un roman honnête, sans plus. Ruth Ware n’encombrera pas les étagères de ma future bibliothèque.

Non, mais culturellement.

Jourd’hu

Kursk

Je ne sais pas vous, cher lectorat attentif, mais moi, parfois, je suis trop fatigué pour chroniquer.

Il faut dire que je me suis levé à 10H45 et, pour autant, je n’ai fait que deux siestes.

Alors, pour ne pas trop vous décevoir, lectrices adorées, je vais inaugurer le billet cinématographique.

Ce soir, j’ai regardé « Kursk » réalisé par Thomas Vinterberg. Rappelons, pour mémoire, que monsieur Vinterberg est l’auteur de « Festen », l’un des dix meilleurs films de tous les temps. Selon mes critères hein ! Pas ceux de Télérama qui place ce film en 47 551 309è position, car qu’il est en couleur, qu’il n’est pas muet, qu’il n’est pas Ouzbek et qu’il dure moins de quatre heures. Sans être tombé dans l’oubli, il faut bien reconnaître que Vinterberg n’a pas transformer l’essai, il n’est pas passé pro.

« Kursk » aurait pu être un bon film du dimanche soir. Un film « catastrophe » comme Hollywood savait en produire dans les années 70. Souvenez-vous de « La tour infernale », « 747 en péril », « L’aventure du Poséidon », « L’odyssée du Hindenburg », « Airport 80 Concorde », à non, pardon, ce dernier est une catastrophe de film davantage qu’un film catastrophe. « Kursk » manque de souffle épique (et de bons techniciens pour les effets spéciaux). Les films catastrophe hollywoodiens des années 70 dégoulinent de patriotisme, de larmichettes et de bons sentiments (ultra énervant tout cela, je vous l’accorde, comme disait le marchand de pianos, mais inhérent au genre). Il y a toujours un gentil qui meurt. Dans « Kursk », tout le monde meurt. Pourquoi pas me direz-vous ? En effet vous répondrais-je. Toutefois, si vous avez suivi les actualités de ces vingt dernières années, vous savez que tout le monde meurt, et ça gâche un peu le suspense.

Certes, lorsque l’on regarde « Titanic », on sait aussi comment se termine l’histoire. Sauf que, jusqu’au bout, on imagine que Rose va pousser un peu ses fesses pour faire de la place à Jack sur le bout de bois.

En conclusion, je me permettrai d’affirmer qu’un bon film catastrophe ne peut se baser sur des faits réels.

Voilà mes p’tits gars, ça c’est de l’analyse cinématographique.

Un petit truc en plus, histoire de me fâcher avec la moitié d’entre vous. Un sujet qui ne manquera pas de déclencher une polémique. Léa Seydoux. Voilà, bonne nuit.

Non, mais sérieusement.

Gifnem29

Mission accomplie

Je ne sais pas vous, cher lectorat attentif, mais moi, parfois, je tiens parole.

L’autre jour, je vous ai, brillamment, conté ma visite de la pépinière R. à P., et l’intérêt que j’y ai trouvé. Pour parfaire ma connaissance des plantes en pots, ce matin, je devais subir une introduction à la formation d’agent de pépinière. Je n’en ai pas dormi de la nuit, tant j’étais excité par la promesse d’une matinée studieuse. Et je n’ai pas été déçu.

Neuf heures tapantes. François nous accueille. François est formateur au ministère de l’agriculture. Il présente bien, rasé de près, petites lunettes rondes, crâne en boule de billard. Un peu moins convaincante est sa façon de s’habiller. Pantalon rouge (un jour, il faudra que quelqu’un m’explique cette mode ridicule qui couvre les jambes des hommes dès qu’ils ont passé quarante-cinq ans…), chemise bleu-clair (aucune autre couleur de chemise n’est validée par les formateurs de formateurs) aux manches remontées jusqu’aux coudes malgré la fraicheur de la salle (problème de budget ma pauvre dame) avec, fantaisie osée, des revers à petites fleurs, certainement pour rappeler les prairies de nos campagnes.

François nous projette un diaporama conçu à la fin des années 70, par un stagiaire de 3è. Il parle d’une voix faible, soporifique, étouffée par le masque fourni par le ministère. Résultat, mes paupières sont lourdes et je dois lutter contre le sommeil qui s’insinue en moi comme à la grande époque des réunions inutiles de l’éducation nationale. Heureusement, François semble lui-même assez peu intéressé par son propre laïus. Surtout, il garde une carte en réserve. Un as. Large. Il nous annonce que nous allons passer des tests de Français, de Maths et de « connaissances agricoles ». Mon sourcil gauche se soulève. C’est quoi ce plan ? En plus, pendant que nous plancherons sur ces questionnaires, qui je l’avoue titillent ma curiosité, nous serons reçus en entretiens individuels. La souricière se referme sur moi. Mais François, soient-ils loués, lui et sa famille pendant sept générations, nous fait une annonce, qui résonne encore en moi comme une oraison funèbre de Bossuet (pour la solennité, pas pour les couronnes de chrysanthèmes). « Si (ah ce « si », un nectar…) vous le désirez, nous ne retenons personne, vous n’avez aucune obligation de rester avec nous. Nous comprendrions si… ». Je n’ai même pas entendu la fin de la phrase, j’étais déjà dehors, au cas où il change d’avis.

Rassurez-vous, j’ai émargé.

Rendez-vous lundi pour la semaine « boucherie chevaline ».

Non, mais sérieusement.

Gifnem29

A la bonne heure – Ed McBain

A la bonne heure – Ed McBain – Omnibus

De temps en temps, un bon nettoyage neuronal s’impose. Lorsque l’on est un lecteur compulsif, il faut bien reconnaître qu’un nombre, non-négligeable, de mauvais romans passe entre nos mains. Pour contrer cela, il faut se ménager des niches de lecture sécurisée. J’en possède plusieurs, mais l’une de mes favorites consiste à me plonger dans un polar étasunien des années 50. Jamais de surprise, une forme immuable, une violence mesurée, pas de scènes sexuelles. Du cousu main.

Le 87è district et les inspecteurs Steve Carella, Meyer Meyer (le fils d’Enzo Enzo et Yéwéné Yéwéné sans doute), Bert Kling enquêtent sur du tout-venant. Du cambriolage de quartier, du meurtre crapuleux, de l’extorsion minable. C’est extrêmement reposant.

Ne vous méprenez pas, Ed McBain est un des dix douze plus grands auteurs du 20è siècle en matière de romans policiers.

Récemment, j’ai lu (dans le « Dictionnaire amoureux du polar », il me semble) que les auteurs de polars étasuniens des années 50 étaient très mal traités par les éditeurs français de l’époque. Censure, caviardage, voire totale réécriture. Inepte. La collection « Omnibus » propose de nouvelles traductions les plus fidèles possibles. J’adore ces bouquins. J’accepte volontiers que mon lectorat adoré m’en offre, d’ailleurs (aucune obligation, adresse sur demande ; en vous remerciant).

Non, mais culturellement.

Jourd’hu

Weed

Je ne sais pas vous, cher lectorat attentif, mais moi, parfois, je me demande.

Je ne suis absolument pas partisan d’une dépénalisation ou d’une légalisation des drogues dites douces. Je suis persuadé que le chichon, la beuh, le hash, le shit, quel que soit le nom qu’on lui donne est un véritable fléau pour la société. Toutefois, les fléaux, il faut savoir les combattre. Et, actuellement, le combat est perdu.

Les forces de l’ordre, quoi qu’on en dise, sont impuissantes face au trafic de cannabis. Les résultats annuels de la lutte contre cette saloperie sont ridicules. A peine 5% de la marchandise circulant sur le territoire est saisie et détruite. Les trafiquants semblent bénéficier d’une (presque) impunité, et les peines de prison sont, pour eux, des faits d’arme, des fiertés.

Au moins une autre drogue « douce » est en vente libre en France. L’alcool. Les ravages de l’alcool sur la population sont systématiquement minimisés par les pouvoirs publics. Soit. C’est pour protéger la filière vinicole et les emplois associés. On ferme donc les yeux sur les dizaines de milliers de morts, de blessés, de victimes collatérales (femmes battues par exemple) liées à la consommation de spiritueux. Les caisses de l’état ne se relèveraient pas d’une prohibition ou, paradoxalement, d’une taxation supplémentaire. L’alcool ou la défonce ultra légale.

Alors, pourquoi ne pas faire la même chose avec le cannabis ? Quitte à ne pas maîtriser les addictions « douces », autant qu’elles remplissent les poches de la république. Une production, un conditionnement et des ventes dirigés par l’état auraient le mérite de faire rentrer de l’argent, de créer des emplois, tout en limitant le trafic qui pourrait être plus durement réprimé. Et la police des stups se dégagerait du tems et de l’énergie pour lutter contre les vendeurs de mort moins « douce ». Sans compter que la gendarmerie remplirait également les caisses de l’état en arrêtant des conducteurs sous l’emprise de stupéfiants se croyant dans leur bon droit, puisque c’est légal comme l’alcool. Mais pas au volant. Comme l’alcool. Et comme dirait un copain, le gouvernement hésiterait à vendre du vieux pneu ou de la crotte de chameau.

C’est étonnant la dope. Si elle n’existait pas, il faudrait éliminer, à peu près, la moitié de la production cinématographique et littéraire de l’humanité. La drogue inspire. Pas ceux qui en prennent, ceux qui en parlent. Amusez-vous à faire la liste des films et des livres de votre panthéon qui abordent le sujet plus ou moins directement, vous serez étonnés. Toutes les oeuvres de fiction sans exception abordent le même sujet, la mort. La plupart évoque également l’amour, on se demande bien pourquoi, c’est d’un ennui… L’argent vient en troisième position des sujets les plus récurrents. Ensuite, ce sont les addictions nocives.

Remarquez, les addictions rejoignent souvent la mort. Et l’argent. L’amour, moins.

J’ai lu que toutes les civilisations, sans exception, se sont débrouillées pour se procurer des substances, généralement hallucinogènes, issues de plantes. Puis, la science aidant, des petits génies ont ajouté des produits chimiques dans le but de démultiplier les effets et de créer des dépendances. Forcément, l’argent est entré en ligne de compte.

N’ayant jamais été séduit par les paradis artificiels, j’avoue que je ne comprends pas très bien la relative clémence dont font preuve les autorités vis à vis des vendeurs de drogue. N’est-ce pas une forme de meurtre ?

Bon, où j’ai foutu ma seringue moi ?

Non, mais sérieusement.

Gifnem29

Pépinière (mais aujourd’hui)

Je ne sais pas vous, cher lectorat attentif, mais moi, parfois, je me demande.

Suite à mes déboires récents avec mon employeur (Pôle Emploi, ndlr), j’ai décidé d’accepter toutes les propositions, honnêtes, que les employeurs de ma région (dans un rayon de 20 km, dans un premier temps) auraient l’obligeance de me concéder.

Cette semaine, c’est pépinière(s).

Ne me demandez pas pourquoi, c’est le hasard.

Nous sommes une vingtaine d’indigents au rendez-vous de 14 heures à la pépinière R. de P. Je suis un des derniers arrivés, vu que mon GPS ultra sophistiqué ne connait pas le trou paumé dans lequel se situe cette pouponnière de plantes. Après un discours d’accueil du mec de Pôle Emploi qui nous parle comme si nous avions treize ans, alors qu’il est clairement le plus jeune de l’assemblée ( « Si je peux me permettre… Tu ne te permets rien du tout. D’abord tu vas soigner cette vilaine peau… »), pendant lequel je me serais endormi si j’avais été assis, monsieur R., the boss himself, nous a fait visiter son exploitation.

Nous avons donc vu des plants à différents stades de leur croissance. Passionnant. Merci ma poule, allez je me casse.

Heureusement, le domaine était vaste. Ce qui fait que je n’ai pas perdu mon temps puisque j’ai pu effectuer ma marche quotidienne.

Finalement, c’était presque intéressant. Je ne savais pas qu’il existait autant de variétés de camélias. Ni que les pépiniéristes bretons vendaient des théiers.

En revanche, monsieur R. ne deviendra jamais mon employeur. D’abord, parce que je ne veux plus dépendre d’un employeur, ensuite parce qu’il ne commercialise pas d’arbres fruitiers.

Quelle faute professionnelle ! Je l’ai copieusement insulté. En effet, j’ai raté l’occasion d’étaler ma science arboricole totalement autodidacte.

Botte de crique !

Jeudi, je remets ça. Je vous tiens au jus.

Non, mais sérieusement.

Gifnem29

Le livre des trépassés – Preston & Child

Le livre des trépassés – Preston & Child – J’ai lu (L’archipel)

Ce que j’ai eu peur ! Hou la la ma pauvre dame !

J’ai bien cru que je n’aimais plus les romans de Child & Preston (oui, j’inverse l’ordre habituel de leurs noms pour un peu d’originalité). Il faut dire que les deux acolytes ne se sont pas trop cassé le tronc pour entamer cette histoire. C’était à la fois banal, limite ennuyeux, et avec un goût de déjà lu. Cinquante pages assez pénibles. Mais bon, lorsque l’on est parvenu au bout de « Meurtres pour rédemption », on peut tout lire (sauf Rousseau que personne ne devrait lire). Donc, je n’ai pas lâché l’affaire, et j’ai eu raison.

« Le livre des trépassés » est aussi bon que tous les autres bouquins de Preston & Child.

L’un d’entre vous ne partage pas mon opinion sur ces deux auteurs. Je vais donc essayer de vous expliquer pourquoi j’apprécie tant leurs oeuvres.

Child & Preston s’inscrivent dans la lignée des romans d’aventures du 19è siècle. Ils ne cherchent pas à dénoncer quoi que ce soit, ils veulent simplement divertir leur lectorat. Alors, certes, une étude universitaire, diligentée par des vieux cons engoncés dans leurs certitudes littéraires, n’offrirait pas à Preston & Child une exposition en Une de Télérama, ni une nomination pour le prix Nobel de littérature, mais cela n’a aucune importance.

Comme Dumas, Leroux, Twain, Dickens, Preston & Child racontent des histoires, et c’est déjà très bien (ok, je reconnais que Dickens peut être qualifié d’écrivain social).

Non, mais culturellement.

Jourd’hu

70 balais

Je ne sais pas vous, cher lectorat attentif, mais moi, parfois, je me demande.

Je tiens JJG pour le plus grand parolier francophone vivant. Vivant, parce que tous les autres sont morts. Moustaki, Delanoë, Berger, Renaud et tant d’autres dont l’histoire (et moi surtout) ne retiendra pas les noms sont tous au paradis des manieurs de mots.

Je ne connais pas toute les chansons écrites par JJG, notamment celles qu’il a offertes à Céline Dion. En effet, mon médecin m’interdit formellement d’écouter les chanteuses québécoises sauf Robert Charlebois.

En revanche, je possède l’intégralité de la production qu’il s’est écrite pour lui-même. Mais je ne l’écoute jamais car je n’écoute jamais de musique, sauf en voiture. Radio Nostalgie.

Je ne connais pas bien le cahier des charges de Radio Nostalgie, mais il me semble que les programmateurs de ce medium peuvent diffuser toutes les chansons qu’ils veulent dans la mesure où elles ont au moins trente ans, un peu de poils au menton, au minimum vingt-cinq dents et qu’elles ont connu Guy Lux. Ah, et ils doivent respecter des quotas (pardon, je m’absente pour soigner une crise d’urticaire)… Me revoilà. Les quotas donc (oups, un rototo, je crois que je vais vomir, excusez-moi quelques minutes)… Oublions les quotas à la mords-moi-le-nœud sinon je vais m’énerver.

Monsieur JJG a écrit des textes qui mériteraient d’être étudiés dans tous les collèges de France et de Navarre. Je ne m’en suis pas privé d’ailleurs, dans une autre vie.

A mon avis, trois chansons se détachent de l’ensemble de sa discographie. Trois oeuvres qui frôlent la perfection rarement atteinte, sauf pour « Tirlipimpon sur le chihuahua » de Carlos, le fantaisiste décédé, pas le terroriste vivant.

Il s’agit de :

« Comme toi », déchirante chansonnette sur la disparition d’une petite fille de huit ans dans les camps de la mort nazis. « Mais d’autres gens en avaient décidé autrement ». Texte exceptionnellement bien écrit pour faire comprendre à des gamins ce qui peut se cacher derrière de simples mots.

« Juste après », texte étonnant écrit après avoir vu un reportage à Envoyé Spécial, je crois, qui montrait une bonne sœur blanche, officiant en Afrique, qui s’escrimait pendant dix minutes à sauver un nouveau-né mal en point. Elle y parvenait. Mais ses gestes avaient quelque chose de mécanique, d’administratif. Dans sa chanson, JJG s’interroge sur ce que cette vieille femme a pu faire après avoir sauvé la vie de cette gamine. « Elle a écrit une lettre, fini un bouquin peut-être, une cigarette ». Plusieurs années plus tard, l’émission a retrouvé les protagonistes de ce reportage. La jeune fille se portait à merveille et la bonne sœur ne fumait toujours pas.

« Né en 17 », ma préférée. JJG est juif. Sa famille a beaucoup souffert des persécutions nazies. Et il écrit « Et si j’étais né en 17 à Leydenstadt, sur les ruines d’un champ de batailles, aurais-je été meilleur ou pire que ces gens, si j’avais été allemand ». Bien entendu, il ne fait pas référence aux nazis, mais à toute cette population, à la fois embrigadée et terrorisée, qui n’a rien fait, ou pas suffisamment, pour combattre la barbarie. Cette chanson propose à chacun d’entre nous de se projeter dans la peau de son voisin, et de se poser les bonnes questions.

Sachiez-vous que JJG était atteint d’un léger défaut de prononciation ? Si vous étudiez sa discographie, vous vous rendrez compte qu’il évite au maximum le son « ch ». Sauf dans la chanson « Sache que je », et de manière générale dans son dernier album.

JJG se cache à Londres et fuit les media. Et il a bien raison.

Non, mais sérieusement.

Gifnem29

Attention travaux !

Je ne sais pas vous, cher lectorat attentif, mais moi, parfois, je me demande.

Cet après-midi, j’ai fait une longue marche. C’est intéressant hein ?

Bon, je ne vais pas faire comme certains sur face de bouc qui postent leur trajet, le nombre de pas, les calories perdues, la taille de leur short et le nom des chiens qu’ils ont croisés.

En fin de parcours, j’ai décidé de visiter le chantier à côté de chez moi. Comme on est dimanche, je ne dérangerais personne. J’ai le respect du travailleur. Il s’agit d’une zone pavillonnaire composée d’une vingtaine d’emplacements dont la moitié accueille déjà une maison en construction. Je vous le dis franchement, j’ai été sidéré.

Les entrepreneurs bretons n’ont peur de rien. Si j’avais possédé un utilitaire, j’aurais pu faire mes courses, pépouze. La quantité de matériaux abandonnés sur place était impressionnante. J’aurais eu l’embarras du choix : parpaings, planches, sacs de plâtre, sacs de ciment, pelleteuse, fenêtres, vitres et tout un tas de trucs que je ne saurais définir.

J’ai pensé à mon cousin par la fenêtre qui jouit actuellement d’une retraite bien méritée après avoir creusé des trous dans Paris pendant quarante ans. Bon, il ne maniait pas souvent la pioche, il donnait des ordres à tout un tas de travailleurs immigrés qui ne rechignaient pas à la tâche.

Il m’a raconté qu’au début de sa carrière, les chantiers restaient en l’état le soir et lors des ouikènes. Puis, dans les années 90, le matériel a commencé à disparaître. Son entreprise a alors instauré un système de rondes afin de dissuader les voleurs. En vain. Ils ont donc fait appel à une société de gardiennage. Sans grands effets. Ils soupçonnaient même les vigiles d’être de mèche avec les cambrioleurs. Finalement, ils ont choisi de tout ramasser tous les soirs quitte à perdre un temps fou (qu’ils facturaient, rassurez-vous).

Comme je demandais à mon cousin ce qu’on pouvait bien voler sur un chantier de trous, il a bien ri. Tout. Absolument tout. De la pioche au tractopelle. Du tuyau aux gogues de chantier. De la palette au siphonnage des réservoirs. Tout. Les types déterraient les câbles qu’ils coupaient à l’arrache, pour dérober le cuivre. Les mecs allaient même jusqu’à piquer ce que les ouvriers mettaient de côté car hors d’usage.

Au fait, je ne possède pas de véhicule utilitaire. Et parmi mes nombreux défauts, je ne compte pas la malhonnêteté. Pourtant, si j’avais voulu…

Non, mais sérieusement.

Gifnem29

Meurtres pour rédemption – Karine Giebel

Meurtres pour rédemption – Karine Giebel – Pocket (Fleuve noir)

Je suis très ennuyé.

Je n’aime pas dire du mal.

« Meurtres pour rédemption » est le plus mauvais roman que je n’ai jamais lu (roman, j’ai écrit, Rousseau n’écrivait pas de romans).

Il accumule tous les poncifs insupportables : invraisemblances, violence gratuite, personnages antipathiques (tous sans exception), longueur excessive (comme si 950 pages étaient un gage de qualité), répétitions à outrance (comme pour combler l’ineptie de l’intrigue), écriture sans originalité, etc… De plus, sans l’accuser de plagiat, il est évident que madame Giebel a vu le film de Besson « Nikita ».

Ce roman est affligeant. L’auteure raconte la « rédemption » d’une meurtrière de la pire espèce, qu’elle défend bec et ongles alors qu’elle mérite amplement sa peine. Giebel se complait dans la description des tortures et viols que son héroïne subit en prison (à la limite de la nausée pour le lecteur), sans pour autant varier la manière de les exposer. Elle se contente de copier/coller son propre texte sur des pages et des pages, à tel point que je me suis demandé si l’imprimeur ne s’était pas trompé dans la composition du bouquin.

J’ai mis plus de trois mois à en venir à bout car il a fini aux gogues. Suis-je un peu masochiste ? Même pas. Je me suis lancé une sorte de défi (on a la vie qu’on mérite). La nullité de cet opus avait quelque chose d’hypnotique.

Gérard Collard, le libraire médiatique, plutôt sympathique au demeurant, a permis que l’éditeur utilise une de ses phrases pour la couverture. « Un choc comme je n’en ai jamais eu ». Ben mon colon ! Pour un libraire qui a vu passer entre ses mains des milliers de romans, cette affirmation me laisse perplexe.

Je ne rejette pas toute l’œuvre de madame Giebel (de quel droit ?), j’ai beaucoup aimé « Toutes blessent, la dernière tue ». Cependant, à mon sens, sa production mériterait davantage de recul et de réflexion.

Non, mais culturellement.

Jourd’hu