L’écorchée – Donato Carrisi

L’écorchée – Donato Carrisi – Calmann-Lévy

J’ai lu un t-shirt trop petit.

J’ai eu beau essayer de rentrer dedans, rien à faire. Je parvenais juste à faire craquer les coutures et à m’énerver. Pourtant, a priori, je l’aimais bien ce t-shirt. Belle texture, jolies couleurs, lavable en machine, 100% recyclable, made in Italy. Du sérieux, de la qualité.

Mais non, trop petit. En plus, il grattait un peu au niveau de l’étiquette. Et il boulochait.

Je l’avais acheté parce que j’en avais déjà plusieurs du même genre que j’avais aimé porter, à l’époque.

Une question d’âge, sans doute. Pourtant, je croyais avoir perdu du poids.

Il est temps que j’arrête de vouloir faire jeune avec mes t-shirts. Je vais passer aux chemises. Avec un gilet même, peut-être.

Non, mais culturellement.

Jourd’hu

Résidents de la république

Je ne sais pas vous, cher lectorat attentif, mais moi, parfois, je me demande.

70 jours, à une vache près, avant que Macron entame son second mandat.

Je ne parle jamais de politique. Toutefois, l’élection présidentielle n’a pas grand chose à voir avec la politique. La politique, ce sont les élections locales. La présidentielle, c’est du cirque.

Je ne vote plus depuis le premier tour de 1995.

(huées)

Je ne sais pas si je suis inscrit sur les listes électorales. Je n’ai pas vérifié.

(huées)

Je m’en fous.

(huées)

On peut élire n’importe qui, Macron, Pécresse, Mélenchon, Le Pen, rien ne changera. Ce qu’on oublie souvent, c’est que les deux derniers n’auront jamais la majorité à l’assemblée. Ils devront composer avec l’opposition, donc aucune loi liberticide, rétrograde ou révolutionnaire ne bouleversera le paysage français. Un autre truc concernant Mélenchon et Le Pen, c’est que leur stratégie est intégralement élaborée sur leur image. Donc, en cas de succès, ils ne sauront pas qui nommer premier sinistre. Sauf que Mélenchon tentera la 6è république et une constitution avec les pleins pouvoirs au président. Une dictature donc.

(huées)

Je l’ai déjà écrit ici, mais il y un truc qui me chiffonne. Dans les années 80/90/00, aux Etats-Unis, il était de notoriété publique que le Potus n’était qu’un pantin aux ordres des lobbies. Reagan, Bush père, Clinton, Bush fils n’essayaient même pas de donner le change. Ils avaient plus de pouvoirs que la reine d’Angleterre, mais à peine. Depuis Obama, puis Trump, l’opinion publique semble avoir oublié que les Potus sont des marionnettes.

En France, c’est un peu différent, mais pas tant que cela. Les promesses de campagne ne sont jamais tenues, car elles sont utopiques. Mélenchon promet la retraite à 60 ans, mais s’il est élu il fera durer le suspense avant de renoncer. C’est juste intenable.

(huées)

Vous avez tort de huer. Le vieillissement de la population implique…

« — Ignaaaace ! Qu’est-ce que tu fous avec l’ordinateur de papa ?

— J’analyse la politique française à ta place et…

— Tais-toi fils d’idiot ! Tu devais juste installer un pare-feu, pas dégoiser des conneries sur des trucs que tu ne peux pas comprendre à cinq ans !

— Mais… Mais…

— Allons bon, tu te prends pour une chèvre maintenant ! Tiens, ça me fait penser. T’as nettoyé le poulailler j’espère ?

— Oui papa.

— Bien. Tu peux aller te coucher quand tu auras récurer le plat à gratin. Tiens, puisque t’es debout, apporte une bière à ton papounet préféré ».

De toute façon, moi, je soutiens Asselineau. D’autant que des scientifique ont découvert un truc bizarre dans la voie lactée, à moins de 400 années-lumière de nous. Asselineau, lui il a des contacts chez les extra-terrestres.

Non, mais sérieusement.

Gifnem29

Rien à déclarer

Je ne sais pas vous, cher lectorat attentif, mais moi, parfois, je me raconte.

Depuis quelques jours, vous connaissez ma nouvelle marotte pour les journées dédiées.

Aujourd’hui, enfin hier, crotte, je ne sais plus. Bref, récemment, c’était la journée internationale de la douane.

A une époque, j’ai voulu être douanier. Je ne sais plus pourquoi, ni pourquoi j’ai renoncé.

En revanche, il m’en est arrivé une drôle avec ces zouaves.

Comme je voyage peu, voire plus du tout depuis vingt-cinq ans, je n’ai pas l’occasion de me frotter à cette corporation. Elle a donc décidé de venir me chercher chez moi. Enfin à deux cents mètres de chez moi.

Il y a une vingtaine d’années, j’ai été arrêté au rond-point juste en bas. Vous voyez, celui qui donne sur la route de la gare. Comme il ne me semblait pas que mon quartier avait déclaré son indépendance pendant la nuit, je fus surpris que des costumés touchent leur casquette en m’annonçant qu’ils appartenaient à la douane. Volante. Je cherchais des yeux le terrain d’aviation que je savais ne pas exister, puis demandais fort poliment ce que je pouvais faire pour leur être agréable. Avec la rigueur professionnelle due à leur rang, les uniformes me demandèrent de sortir du véhicule. Au passage, ma Ford Fiesta était presque neuve.

Alors que j’allumais une cigarette sous les yeux soupçonneux d’un subordonné (vous avez remarqué comme le port de l’uniforme rend soupçonneux ?), le gradé fourrait son nez dans l’habitacle. Il releva la tête avec un air satisfait et me fit ce signe du doigt fort impoli qui signifie une demande urbaine mais ferme de se rapprocher. Ce que je fis. Il m’indiqua de ce même doigt deux petites boites noires qui trainaient sur le tapis de sol côté passager qu’il me demanda d’ouvrir, la main posée sur son arme. Pardon ? Mais il est prêt à dégainer cet abruti ! Je m’exécutais car je préférais que ce soit moi qui le fasse plutôt que lui, vu que je ne possédais pas d’arme de poing, à l’époque. J’ouvris donc les deux petits cylindres noirs qui avaient, en d’autres temps, contenus des pellicules photographiques, et les présentais au fonctionnaire afin qu’il puisse constater qu’elles étaient vides. Il eut alors une attitude fort déconcertante, car il se mit à renifler les deux contenants, l’un après l’autre. J’étais abasourdi. Mais comme je craignais d’avoir à faire/affaire (monsieur P. ?) à un déséquilibré, je me tins coi. Devant son air déçu, je levais un sourcil (je me suis longtemps exercé, je maîtrise plutôt bien ce geste élégant et significatif), rien d’autre, bien que j’eus hésité à lever les mains un instant plus tôt, pour obtenir une explication. Qu’il me donna. Ces cylindres étaient l’une des caches favorites des consommateurs de résine de cannabis. Ben merde alors ! Les miens ne sentant rien d’autre qu’un vague relent argentique expliquaient la moue déçu du douanier volant.

Mais il ne s’avoua pas vaincu. Je devais avoir une tête de junkie car il fit venir Rex, un berger allemand impressionnant qui se mit en devoir de renifler l’intérieur de ma voiture, sans me demander la permission. Il grimpa à bord en faisant crisser ses griffes sur la carrosserie, fourra sa truffe partout avant de s’asseoir, sur son trou de balle, au volant qu’il badigeonna d’une quantité de bave qui aurait suffi à remplir une piscine olympique. Rex fit chou blanc. Son maître lui colla une balle dans la tête pour lui apprendre à mieux chercher. Bien sûr, il n’en fit rien, mais je suis sûr que cela le démangea. Rex sortit de mon bolide honteux et confus, sans nettoyer derrière lui. Je fis remarquer l’état du tableau de bord au Dirty Harry des frontières, qui haussa les épaules et me tourna le dos. C’est alors que je notais que les griffes de Rex avait détérioré la peinture du marchepieds. J’en informais connard et son orchestre qui me demanda de prouver que les dégâts ne préexistaient pas, arguant que les douanes n’avaient pas pour vocation de réparer les épaves des citoyens ne sachant pas prendre soin de leur véhicule. J’en restais comme deux ronds de flan.

Je viens de me souvenir de la raison pour laquelle j’ai renoncé à passer le concours des douanes.

Non, mais sérieusement.

Gifnem29

Le bal des folles – Victoria Mas

Le bal des folles – Victoria Mas – Le Livre de poche (Albin Michel)

Je n’attendais pas grand chose de ce bouquin porté aux nues et ultra primé. Je l’ai acheté parce que j’aime bien la chanson « Johnny Johnny » de Jeanne Mas, la mère de Victoria.

J’ai été plutôt agréablement surpris.

D’abord, le livre est très court, ce qui évite la lassitude d’un sujet assez répétitif. Ensuite, l’écriture est agréable, fraîche, un brin classique peut-être mais plutôt prometteuse.

L’histoire qui retrace l’abominable destinée des femmes internées de force par leur famille, à l’hôpital de la Salpêtrière, dans le service du docteur Charcot, résonne étrangement avec l’actualité. Non pas que l’internement arbitraire existe encore aujourd’hui, quoique la justice abuse de cette solution, mais le machisme de l’époque, le peu de cas dont les femmes sont l’objet, la bêtise crasse des théories médicales ne pouvaient que mener, tôt ou tard, à une révolte de la gente féminine.

C’est d’autant plus révoltant que nous ne sommes pas au Moyen-Âge, mais au milieu du 19è siècle. Certes, la médecine, et notamment la neurologie, balbutiait (comme l’explique avec lucidité mon formidable billet d’hier), cependant les traitements et les expositions dignes d’un zoo morbide (pléonasme ?) font douter de la santé mentale des hommes.

Quand je serai grand je serai une femme.

Non, mais culturellement.

Jourd’hu

Cochon qui

Je ne sais pas vous, cher lectorat attentif, mais moi, parfois, je me demande.

Nous vivons une époque formidable.

J’aime à dire que la médecine moderne est, par rapport à l’histoire de la médecine, un nourrisson. C’est l’invention de la pénicilline dans les années 30 qui permet de basculer dans une période faste qui nous évite de mourir d’un rhume ou d »une épine dans le doigt. J’imagine (mal) les évolutions médicales dont bénéficieront vos petits-enfants.

Les exploits de nos scientifiques ne cessent de m’émerveiller. Toutefois, il est intéressant de noter que sans la nature, les chercheurs en médecine ne seraient rien. Certes, les imprimantes 3D apportent leur écot aux miracles de la médecine, mais il faut bien reconnaitre que le cœur en plastique et le rein en polystyrène méritent encore quelques décennies de mise au point.

En revanche, sachiez-vous que des chercheurs, qu’on appellera bientôt des trouveurs, sont sur le point de finaliser un sang humain artificiel grâce aux méduses. Qui aurait parié que ces saloperies serviraient à quelque chose ?

Récemment des scientifiques étasuniens ont accompli l’exploit d’implanter un cœur de porc dans la cage thoracique d’un être humain. Comme quoi, tout est bon dans le cochon.

Sauf que.

Ces scientifiques ne sont pas très malins. Avec un cœur de porc, ils se privent d’une grande partie de leur clientèle potentielle. Plus de deux milliards de Terriens, soit près d’un tiers de la population mondiale, considèrent le cochon comme un être vil, indigne de figurer dans leur assiette, alors dans leur anatomie, n’en parlons pas.

Petit rappel clivant. Le refus de consommer de la viande de porc n’a rien à voir avec la religion. Nos ancêtres, dans leur immense sagesse, avaient constaté que cette denrée supportait mal la conservation, par salage ou séchage, contrairement à ses copines bovines et ovines, et les marins d’alors acceptaient mal les agacements intestinaux. L’Islam comme le Judaïsme, et même une certaine frange du protestantisme, ne sont rien que des vilains porcophobes réactionnaires. Rien aujourd’hui n’interdit la consommation de Babe si ce n’est la volonté d’emmerder le monde avec des dogmes sanguinaires moribonds.

Ceci dit, les médecins auraient pu choisir un cœur de mouton hallal non mais des fois !

Tout de même, je me demande vraiment, si cette technique se démocratise, si les croyants déficients cardiaques préfèreront rejoindre leur créateur ou choisiront de renier leurs certitudes moyenâgeuse et se précipiteront sur le palpitant de cochon.

Non, mais sérieusement.

Gifnem29

Comme un lundi

Je ne sais pas vous, cher lectorat attentif, mais moi, parfois, je me demande.

Moi qui passe la moitié de ma journée à me creuser la tête pour trouver un sujet qui illustrera à merveille ce blog dont on parle, en murmurant, dans le bureau ovale, j’ai laissé passer le sujet idéal, lundi dernier.

Lundi 17 janvier. Le jour le plus déprimant de l’année.

Il parait qu’un aréopage de scientifiques s’est penché sur le calendrier en s’interrogeant mutuellement.

Jean-Kevin : Bon les gars, ça fait bientôt dix ans qu’on n’a pas sorti une grosse connerie. Il me faut des idées. Je vous écoute.

Jean-Steven : Oh la la ! Pfff, je suis chercheur moi, pas trouveur.

Marie-Kimberley : Voilà plusieurs mois que je pense à créer la journée mondiale des journées mondiales.

Jean-Kevin : Bien Marie-Kimberley, tu peux aller nous chercher des cafés s’il te plait. Autre chose ?

Jean-Bill : Arrêtez tout, c’est moi qui ai la grande idée. Marie-Kimberley n’était pas si loin de la vérité. Nous allons faire croire aux gens que nous avons calculé, grâce à des algorithmes auxquels personne ne comprend rien, quelle est la journée la plus déprimante de l’année.

Jean-Steven : Le 14 juillet !

Jean-Kevin : Le 12 avril, c’est l’anniversaire de ma belle-mère !

Jean-Bill : Vous êtes trop cons, tiens !

Après, ils sont allés manger, et comme il y avait des brocolis et des ailes de raie à la cantine, ils ont décidé que l’algorithme choisirait ce jour-là, c’est à dire le troisième lundi de janvier. Afin de ne pas stigmatiser 1/365,25è de la population, ils ont préféré ne pas se décider pour une date fixe.

Pas besoin d’algorithme moi j’vous dis. Le jour le plus déprimant de l’année c’est quand il n’y a plus de chocolat à la maison. Ou de thé à la bergamote. Ou de pamplemousse. Ou de péfion. Bref, les trucs indispensables.

Le jour le plus déprimant de l’année, c’est quand le ciel et la mer se confondent dans un gris linceul (ou, je sais qu’un linceul c’est blanc en principe, mais je fais de la licence poétique, vous ne pouvez pas comprendre, déjà moi j’ai du mal).

Le jour le plus déprimant de l’année, c’est quand vos amours vous hantent, vos amitiés vous manquent, votre famille vous pèse.

Le jour le plus déprimant de l’année, c’est quand l’artiste est en panne d’inspiration, le cuisinier en panne de curcuma, le garagiste en panne d’essence.

Le jour le plus déprimant de l’année, c’est hier. Ou demain. Jusqu’à ce qu’il n’y ait plus de demain. Qu’il n’y ait plus que des hier.

Non, mais sérieusement.

Gifnem29

Green River – Tim Willocks

Green River – Tim Willocks – Sonatine

J’ai lu « La mort selon Turner » de Tim Willocks, et j’ai beaucoup aimé.

« Green River » est du même acabit.

Mais attention, bouquin pour lecteur averti.

Green River est un pénitencier. Le lieu idéal pour croiser tout ce que la société peut engendrer de pire. Et Willocks ne se gêne pas.

C’est une lecture âpre, crue, exigeante, parfois à la limite du soutenable, mais, malgré cela, sans doute ce que j’ai lu de mieux sur le milieu carcéral. Et j’en ai lu un certain nombre.

Comme ça, juste une impression. « Green River » date de 1994, je ne serais pas étonné que les concepteurs de « Prison break » aient lu le livre de Willocks (la prison de « Prison break » s’appelle « Fox River »).

Un bémol, il en faut bien un. L’un des protagonistes est un géant qui a assassiné toute sa famille. Un brave type donc. Willocks le dépeint comme une sorte de sage illuminé. C’est un peu difficile à avaler. D’autant que cet homme tient une place très importante dans l’intrigue.

Je conseille peu, mais là oui.

Non, mais culturellement.

Jourd’hu

A vous Cognacq-Jay

(la rédaction de Jourdhumeur présente ses excuses à son lectorat attentif pour l’absence de billet, ce jour ; pour des raisons indépendantes de notre volonté, nous ne sommes pas en capacité de vous plier en quatre, de vous tordre de rire, ce lundi ; profitez-en pour pratiquer quelques élongations afin de préparer vos zygomatiques à de futurs rigolades pochardes ; quelques explications à cette désertion s’imposent : nous avons la flemme et aucune inspiration ; voilà, bonne journée ; occupez-vous ; n’oubliez pas de tousser dans votre coude ou dans celui du voisin s’il détourne la tête ; sortez le chien ; si vous ne possédez aucun canidé, sortez votre belle-mère, votre concierge ou votre petit oiseau si vous êtes photographe ; pensez aux poubelles si les éboueurs opèrent chez vous le lundi, voire le mardi ; au passage, mettez la main à la poche pour les étrennes de ces valeureux travailleurs de l’ordure ; concernant mes propres étrennes, veuillez demander mon rib en commentaires ; arrosez les plantes ; si vous ne possédez pas de verdure domestique, arrosez votre belle-mère, votre concierge ou la voisine ; vous pouvez regarder la boite à cons, mais évitez de l’allumer ; finissez ce putain de roman dont vous ne voyez pas la fin ; afin de vous motivez, je vous annonce que le coupable est le professeur Violet avec le chandelier dans la bibliothèque ; faites un peu de ménage ; si c’est propre chez vous, demandez mon adresse en commentaires ; mangez cinq fruits et légumes ; je rappelle à Ernest que la prune de papy ne compte pas, ni l’oignon de la voisine ; pardon ; prenez un peu l’air mais rendez-le dans l’état dans lequel vous l’avez trouvé ; si vous pratiquez le « dry january », courage, il ne reste qu’une semaine ; si vous ne pratiquez pas le « dry january », ne prenez pas le volant ; si vous prenez le volant, bonne chance ; ne faites pas d’enfant(s) ; faites l’enfant ; explorez ce magnifique site afin de dénicher des pépites rédigées alors que personne ne me lisait sauf Ernest et monsieur P. ; faites des compliments à monsieur P., il aime bien ; lisez « Le dodo… » du sieur Ernest, ça vaut le coup ; cessez de me harceler au téléphone pour recevoir des photos olé olé, je n’en ai plus ; souriez à la vie si vous aimez ça, la vie ; si vous n’aimez pas ça, n’en dégoûtez pas les autres ; allez à plus chez les Russes ; Ignaaaaaaaaaaaace au lit !)

Non, mais sérieusement.

Gifnem29

Polysémie

Un jour un mot.

Dans notre grande et belle série « Un jour un mot », aujourd’hui, « cumpez », prononcez « coumpaisse » en articulant le « m ».

Sachiez-vous que la langue bretonne, bien qu’endémique, est extrêmement disparate selon les régions. Un bretonnant de Quimper ne comprendra pas forcément un bretonnant du Léon qui ne comprendra pas obligatoirement un bretonnant du pays vannetais. Sans parler des Pohérois que personne ne comprend.

Toutefois, certains mots sont universels.

« cumpez » en fait partie.

Où que vous vous trouviez en Bretagne, les bretonnants comprennent le mot « cumpez ». Sauf que son usage recouvre un grand nombre de significations. Voilà une des raisons pour lesquelles il n’a pas d’équivalent en Français.

« cumpez » signifie… En fait, je n’en sais trop rien. On l’utilise quand ça se passe bien.

Observons quelques situations.

« — Comment vas-tu ?

— Cumpez. »

Ou.

« — Alors, ton entretien d’embauche à l’abattoir ?

— Cumpez. »

Ou.

« — Elle roule bien ton Ami 8 GTI ?

— Cumpez. »

Ou.

« — Cumpez ?

— Cumpez. »

Voilà. A nouveau, vous allez pouvoir briller dans les diners en ville. Ne me remerciez pas, c’est gênant.

Non, mais sérieusement.

Gifnem29

Remède de cheval – M. C. Beaton

Remède de cheval – M. C. Beaton – Albin Michel

J’ai lu le numéro un (« la quiche fatale »), et j’ai trouvé ça sympa.

Bon, toutes les meilleures choses ont une fin. Cette fois, la fin arrive au numéro deux.

C’est très mauvais.

Ce qui est assez rare dans ce type de roman, simple et sans prétention, c’est que l’héroïne est détestable. Agatha Raisin est une quinquagénaire urbaine qui vient s’installer dans un petit village de campagne et qui passe son temps à médire de tout. Elle n’a de cesse de harceler son voisin dont elle ferait bien son tea-time (le portrait de Raisin est assez flou mais son attitude est pathétique) . Elle possède deux chats qu’elle ne sait pas aimer.

De plus, l’enquête est sans intérêt, digne d’un « Six compagnons » (que j’ai beaucoup lu et beaucoup apprécié, mais dans une autre vie).

Je me retrouve face à un dilemme. Dois-je considérer cet opus come un accident et essayer de retrouver la verve du premier en lisant le troisième ? Sachant que la série compte une bonne vingtaine de titres, je doute que Beaton ait réussi à maintenir une qualité suffisante sur la durée.

Je vais couper la poire en deux. Je ne débourserai plus un centime pour me procurer les bouquins de M. C., mais si une « cabane à livres » m’offre la possibilité de revoir mon jugement, je me laisserai tenter.

Non, mais culturellement.

Jourd’hu