A quoi ça sert ?

Je ne sais pas vous, cher lectorat attentif, mais moi, parfois, je me demande.

Hier, un peu par hasard, en allumant la boite à cons, je suis tombé sur une scène ubuesque, assez représentative du marasme de la république.

Michel-Edouard « Dieu » Leclerc était auditionné par une commission sénatoriale.

Je signale, à mon lectorat adoré, que sur la terre consacrée de Bretagne Michel-Edouard « Dieu » Leclerc est intouchable. Et notamment dans le Finistère nord, le Léon, Landerneau, à 15 km de chez moi. Il est celui qui a permis aux modestes, aux oubliés, de remplir un caddie de tout un tas de saloperies sans avoir besoin de vendre le petit dernier au baronnet du coin. Il est le mécène des artistes maudits qui peignent avec leur trou de balle et n’exposent jamais car il ne faut pas déconner non plus. Il est celui qui met à genoux ces enfoirés d’empoisonneurs de la terre qui déversent les pesticides sur l’herbe grasse de nos campagnes comme d’autres déversent leur fiel sur les notables endimanchés qui regardent le peuple comme une crotte de chien qui pourrait salir leurs guêtres. C’est bien simple, si Michel-Edouard « Dieu » Leclerc se présentait aux élections présidentielles, en Bretagne nord, il obtiendrait 120 % des suffrages.

Sa réussite ne suscite aucune jalousie. S’il s’enrichit, ce n’est que justice. Qu’il produise, dans ses enseignes, une baguette à 29 centimes d’euros (29 comme le Finistère) ne pose pas les problèmes que soulèvent les media. De toute façon, quel que soit le prix, le pain est dégueulasse chez Leclerc, et les boulangers sont de magnifiques artisans, mais, également, des voleurs patentés.

Monsieur Laurent Duplomb, sénateur bien nourri de la Haute-Loire, se délectait de poser des questions embarrassantes à monsieur Leclerc. Du genre : Pouvez-vous justifier votre enrichissement personnel, à hauteur de 40 millions d’euros en 2020 ? Michel-Edouard « Dieu » Leclerc semblait s’amuser de la situation. Monsieur Duplomb, sénateur de la république, grassement rémunéré à rien foutre, symbole de l’inconséquence de nos dirigeants, s’était trompé de Leclerc. Plus exactement, il s’est trompé d’un Q. Il a confondu Leclerc et Leclercq, ce dernier ce prénommant Michel Toucourt et dirigeant de nombreuses enseignes, comme Décathlon par exemple.

Un sénateur, qui doit, au maximum, se pencher sur un dossier tous les six mois, et encore, ce sont ses collaborateurs qui s’y collent, n’est pas foutu de différencier deux hommes d’affaires. Mais de qui se moque-t-on ? Heureusement pour monsieur Duplomb, le ridicule ne tue pas, sinon ses obsèques auraient eu lieu demain.

A quoi ça sert le sénat ? 12 000 euros par mois, en moyenne, pour ne pas être capable de maitriser un dossier.

Non, mais sérieusement.

Gifnem29

Morphée ose (m’) en faire

Je ne sais pas vous, cher lectorat attentif, mais moi, parfois, je me demande.

Voilà un petit moment que je ne vous ai pas cassé les arpions avec mon sommeil.

Il paraît que plus on vieillit, moins on dort. Bonne nouvelle, je suis de plus en plus jeune. Si je m’écoutais, je dormirais 24 heures par jour. C’est vrai que cela me laisserait peu de temps pour faire autre chose. Mais, est-il nécessaire de faire autre chose ?

  • Manger ? Qui dort dîne, non ?
  • Se laver ? Les spécialistes du savon et de la peau, les dermatosavonologues, préviennent l’humanité qu’un récurage excessif de l’épiderme au moyen de produits astringents et d’eau calcairisée peut entrainer une disparition définitive de la libido. Je ne me lave pas trop, pas parce que je crains de voir ma libido se faire la malle, je m’en fous, mais car je suis propre naturellement.
  • Vidanger ? Aujourd’hui, il existe des couches très performantes. Lorsqu’elles sont pleines, hop, un trois points par la fenêtre. Parfois, j’oublie d’ouvrir l’huis.
  • Payer ses factures ? Je n’en reçois aucune, enfin presque. Juste le mobile, Canal+, l’assurance de ma voiture et la responsabilité civile, et c’est tout. Comme ce sont des prélèvements automatiques, inutile de me lever pour aller jusqu’à la boite aux lettres.
  • Ecrire ?

J’ai toujours été un gros dormeur, mais, depuis quelques mois, le sommeil m’accapare de plus en plus. J’en viens à me demander si je n’ai pas été piqué par une mouche tsé-tsé. Toutefois, en Bretagne, cet insecte est relativement rare. La probabilité de croiser le chemin vibrionnant (pas sûr sûr de ce mot) d’une mouche tsé-tsé est, à peu près, aussi élevée que celle de voir le soleil (le ?) entre le 23 octobre et le 12 avril.

En réalité, je suis une grosse faignasse. Je pense même être le champion du monde de la fainéantise. L’autre jour, pour la première fois en cinq ans de chômage, une vague connaissance m’a traité de parasite de la société. J’ai acquiescé. Le comble c’est que je suis phobique des parasites.

J’ai travaillé 25 ans. A raison de 45 heures par semaine (si si, les profs travaillent 45 heures par semaine, c’est écrit noir sur blanc dans une directive ministérielle de 1958, sauf les profs d’EPS bien sûr), 36 semaines par an, cela nous fait, sans augmentation du prix des consommations, 40500 heures, soit 1687,5 jours, soit 4,62 années.

Pas étonnant que je doive me reposer.

Non, mais sérieusement.

Gifnem29

Le livre des Baltimore – Joël Dicker

Le livre des Baltimore – Joël Dicker – De Fallois poche (De Fallois)

Joël Dicker sait raconter des histoires. Et c’est déjà pas mal.

En revanche, il aurait largement pu être édité dans la collection Harlequin. Il accumule les clichés comme d’autres les ennuis.

  • Ses personnages sont tous riches, ou ex-riches, ou en passe de devenir riches.
  • Son personnage principal est un écrivain à succès.
  • Ses héros sont tous amoureux de la même fille.
  • Cette fille est une star de la chanson.
  • Les trois garçons et la fille, dans leur jeunesse, ont conclu un pacte de non-roulage de pelles. Le pacte a été rompu.
  • L’écrivain n’est pas né dans la bonne famille.
  • Des gentils meurent.

Etc…

Exactement le profil Harlequin, à un détail près. Dicker écrit beaucoup moins bien que ses collèges qui planchent sur les romans à l’eau de rose.

Page 157 : « … à cette période, malgré que la saison sportive avait déjà débuté… » (j’ai vomi)

Page 329 : « … la boutique attenante était propre et toujours bien achalandée… » (je me suis tailladé les veines)

J’ai bien aimé ma lecture.

Non, mais culturellement.

Jourd’hu

Azulejos

Je ne sais pas vous, cher lectorat attentif, mais moi, parfois, je me demande.

J’aime bien les artisans.

Soyons précis.

J’aime bien les artisans honnêtes.

Et disant cela, je ne sous-entends pas que la corporation des artisans draine davantage d’escrocs que celle des assureurs ou celle des garagistes. Loin de moi cette idée.

Ma génitrice a décidé récemment de faire des travaux dans sa maison en prévision de ses vieux jours. Demain donc. Elle a fait aménager un placard en douche car sa baignoire présente l’inconvénient de ne pas comporter de porte. Se sont succédés un plombier et un carreleur. Franchement, du travail bien fait vu l’étroitesse des lieux.

Sauf que.

Au bout de quelques semaines, des fêlures sont apparues sur le carrelage à l’aplomb du robinet. Vous la voyez venir l’embrouille ?

En effet, le plombier accuse le carreleur, et le carreleur accuse le plombier.

J’ai envie d’en prendre un pour taper sur l’autre.

Ou alors, je réfléchis, malgré la douleur.

C’est un peu la même chose que la poule et l’œuf. Or, dans un article précédent, je vous rappelle que j’ai résolu cette grande question que se pose l’humanité depuis la nuit des temps, et même un peu avant.

Donc qui est responsable, le plombier ou le carreleur ?

Etant donné que c’est le carrelage qui pose problème, le pus simple serait d’accuser le carreleur. Oui, mais rien n’est simple dans la vie.

Le carreleur m’assure qu’il n’a jamais vu ça, qu’il va casser et vérifier si la malfaçon est de son fait. Dans ce cas, il prendra les réparations à sa charge. Toutefois, je le soupçonne de savoir, d’ores et déjà, que c’est la tuyauterie, mal située, qui, en chauffant, se dilate et cherche davantage de place en poussant sur le carrelage.

Le plombier se montre moins conciliant. Il affirme qu’il ne voulait pas placer le robinet à cet endroit, mais que la patronne (ma mère) a insisté (à raison ; le robinet est sur le côté ce qui laisse plus de place pour le corps du douché ; j’espère que vous suivez).

Bref, je sens que cette histoire n’est pas réglée.

Mais bon, j’aime bien les artisans. Honnêtes.

Non, mais sérieusement.

Gifnem29

Saynète de la vie conjugale

Intérieur jour

La scène se situe dans la salle d’attente d’un médecin. Les murs sont vert pisseux. Sept chaises bien espacées composent l’intégralité de l’ameublement. Un homme pénètre dans la pièce. Jeune, grand, rasé de près, les yeux gris, la mâchoire carrée, il dégage beaucoup sensualité et d’assurance. Les chaises s’émeuvent, surtout celle qui reçoit son postérieur musclé. Tout dans son attitude laisse penser qu’il a publié un excellent roman policier intitulé « Dossiers froids » (9,90 euros, prix conseillé) et qu’il écrit des petits billets sans conséquences qui rencontrent un franc succès et qui font trembler sous les ors de la république.

L’Adonis ferme les yeux et profite de ce court instant de répit dans sa vie trépidante pour pratiquer la méditation tibéto-bretonne (en réalité ce con a oublié d’apporter un bouquin, mais chut, ne brisons pas cet instant fragile).

Un deuxième homme, d’une banalité confondante, entre dans l’exigu espace. Il choisit une chaise qu’il déplace afin de se trouver pile entre l’entrée et le premier occupant, à le frôler. Dès qu’une voix se fait entendre dans le couloir, il se penche pour en identifier la provenance. Puis.

— Vous venez pour le vaccin ?

— (non, je suis le pape et j’attends ma sœur) Oui.

— Vous avez rendez-vous à quelle heure ?

— (la semaine prochaine mais j’aime bien être en avance) 14 heures.

— Ah ! Elle doit être en retard alors.

— (ben non tête de con, il est 14H03, un retard pour un toubib, c’est à partir de trois heures)…

Le second patient, qui parle en baissant son masque, ne semble pas satisfait de la conversation du bel éphèbe. Il sort son téléphone et appelle son amie, qu’il vient de quitter, en baissant son masque.

— Cindy, c’est moi (elle le sait andouille, ton nom est apparu sur l’écran), ça va ?

— (nous ne sommes pas en mesure de retranscrire les propos de Cindy)

— Ben oui, c’est long (t’es là depuis deux minutes quinze triple buse) !

— (nous ne sommes pas en mesure de retranscrire les propos de Cindy)

— Ben non j’ai pas peur, tu me prends pour qui ?

— (nous ne sommes pas en mesure de retranscrire les propos de Cindy, mais nous supposons qu’elle le prend pour une quiche, ou une ouiche si vous connaissez « La classe américaine », si vous ignorez l’existence de ce chef d’œuvre, précipitez-vous sur YouTube, toutes affaires cessantes)

— Oui oui t’inquiète pas, je prendrai du pain.

— (nous ne sommes pas en mesure de retranscrire les propos de Cindy, mais nous supposons qu’elle manque de pain à la maison)

Un troisième homme intègre la fine équipe. Catastrophe ! C’est un copain du deuxième. De plus, il est sourd comme un pot et baisse son masque dans le but de mieux entendre, semble-t-il. Il hurle dans un nuage de postillons. La médecin fait irruption dans la salle d’attente.

— Monsieur Jourd’hu ?

— Oui, c’est moi.

Non, mais sérieusement.

Gifnem29

Ressacs – David-James Kennedy

Ressacs – David-James Kennedy – Pocket (Fleuve noir)

Avez-vous déjà remarqué que le mot « ressac », à l’envers, en boustrophédon donc, donne « casser ». Incroyable non ? Mais assez logique au fond. Les vagues qui s’écrasent sur la plage avant de refluer, ne dit-on pas qu’elles cassent ? Et comme elles s’en vont, je rajouterais qu’elles se cassent. C’est bien foutu la langue française, hein ? Par ailleurs, l’anagramme de « ressac » est « crasse ». Or, les vagues qui se retirent abandonnent derrière elles des larmes d’écume. Contrairement à une idée reçue, l’écume est loin de symboliser la propreté de l’eau. En réalité, c’est l’inverse, l’écume est pleine de cochonneries. Dingue non ?

On peut même aller plus loin. Si vous changez trois lettres à « ressac », vous pouvez faire « navire ». Encore mieux, enlevez six lettres à « ressac » et il ne reste rien. Et « rien », n’est-ce pas l’immensité tout comme la mer ?

Sinon, j’ai lu « Ressacs ». Correct. Sauf que c’est un peu pénible ces personnages qui enquêtent et ridiculisent la police. Sauf que c’est un peu pénible ces auteurs qui s’évertuent à compliquer leur intrigue et qui finissent par s’y fourvoyer eux-mêmes. Sauf que c’est un peu pénible ces romans dans lesquels il fait toujours mauvais temps. Sauf que c’est un peu pénible les histoires qui se déroulent dans des hôpitaux déserts la nuit.

Non, mais culturellement.

Jourd’hu

Woke this way

Je ne sais pas vous, cher lectorat attentif, mais moi, parfois, je me demande.

Et cette fois, je me demande grave.

Dimanche soir, j’ai regardé « Enquête exclusive » sur M6. Je n’aurais pas dû.

L’émission traitait du mouvement « woke » aux USA.

Je n’ai pas tout compris. Mon intellect me démontre, de temp en temps, et de plus en plus souvent, ses limites. Je commence même à avoir des doutes sur mon QI, évalué à 145 lorsque j’avais 20 ans (mais j’avais fait les tests de la MENSA, tout seul dans mon coin, il est possible que j’ai mal interprété les résultats…)..

Quoi qu’il en soit, le « wokisme » me laisse pantois. Je vais essayer d’éviter les polémiques et de me montrer objectif. Le « wokisme » donc (à ne pas confondre avec le « wookie », car le « wookie », c’est Chewbacca) est un mouvement politico-philosophico-populaire qui dénonce la moindre atteinte à l’identité (raciale, sexuelle…) d’un individu. Fort bien. J’ai déjà parlé du racisme ici-même, et tenter d’expliquer ma position sur l’incongruité de cette haine dans la mesure où tous les êtres humains sont issus de la même souche, et je ne m’étendrai pas sur la théorie du genre car j’estime appartenir à une génération dépassée par ces histoires de « naissance avec le mauvais sexe ».

Globalement, je pense que chacun doit pouvoir faire ce qu’il veut sur cette planète, bien entendu en respectant son prochain. Le « wokisme » œuvre dans ce sens, à un détail près. Les militants de cette théorie ne demande pas leur avis aux premiers concernés. Par exemple, ils prônent que tous les Afro-Américains, descendants d’esclaves, sont sous-considérés dans la société étasunienne. En conséquence, les WASP doivent faire amende honorable pour effacer les fautes de leurs ancêtres. Ben mon colon ! On n’a pas le cul sorti des ronces ! Si nous devons subir les conséquences des actes de nos aïeux, peu d’entre nous se verront à l’abri. Comme nous avons une fâcheuse tendance à suivre, avec un temps de retard, les modes d’outre-Atlantique, bientôt, les petits-enfants des collaborateurs de Vichy, les descendants de tous les oppresseurs, les bâtards de la république, devront sortir leur carnet de chèques pour gommer la bêtise de grand-papa. Absurde (et je ne dis pas cela parce que mon arrière-grand-père travaillait rue Lauriston en 43…).

Une scène cocasse attira mon attention dans ce programme. Un camionneur aux gros biceps, à la perruque blonde, à la mini-jupe ras le bonbon et à la poitrine avantageuse, menaçait un vendeur de porter plainte car ce dernier l’avait appelé(e) « monsieur ». En outre, « madame/monsieur » proposait à l’employé de lui casser la gueule sur le parking. La voix off précisait que le jeune homme risquait une amende de 250 000 dollars pour discrimination sexuelle.

Non, mais sérieusement.

Gifnem29

Masque la menace

Je ne sais pas vous, cher lectorat attentif, mais moi, parfois, je me demande.

Il fallait bien que je vous en parle un jour vu qu’il est devenu une deuxième peau, un article tendance, un emmerdement quotidien.

Je ne tomberai pas dans la facilité touitérienne en rapportant quelques blagues de mauvais goût du genre :

— Au moins avec le masque, on ne voit pas le visage des gens vilains.

Ou :

— L’avantage du masque, c’est que les gens qui refoulent du goulot en profitent aussi.

Ou :

— Nicki Lauda, il l’aurait accroché où son masque ?

Non, je ne m’abaisserai pas à colporter cet humour de bas étage.

Contrairement à mes habitudes éditoriales, je ne tiens pas à plaisanter sur ce sujet un poil touchy.

Moi, je n’ai pas tout compris concernant le masque. Quand faut-il le porter ? Dans le doute, je ne m’en sépare jamais. J’ai perdu huit kilos, mes dents sont vertes et un couple d’étourneaux habitent dans ma barbe.

Toutefois, je suis un bon citoyen. Enfin, pas un pire que la moyenne. Je respecte les barrières, j’ai un schéma vaccinal complet que je finis de colorier, je me lave les mains avec le gel d’un alcoolique, les pieds aussi, et même, de temps en temps le zigouigoui, ça pique. Je ne participe jamais à des repas de plus de six personnes, mon record c’est une. J’aère ma maison au moins dix minutes toutes les heures, et mon jardin aussi. Donc, le masque, je comprends.

Je le comprends tellement que je crois que, lorsque la pandémie sera rentrée chez elle, je continuerai à le porter. Réfléchissez un peu et rendez vous compte des avantages de ce damné morceau de papier.

Primo, l’incognito. Quand vous croisez la commère du quartier, inutile de faire demi-tour, elle ne vous reconnait pas. Petit conseil, car je vous aime bien. Si vous braquez une banque (je ne sais pas, je ne connais pas vos hobbys), n’oubliez pas d’ôter votre masque avant de rentrer dans l’établissement.

Deuxio, l’immunité. En deux ans, pas un rhume, pas une grippe, pas une gastro, pas une MST. Rien, nada, walou, quetchi. Le masque c’est la panacée, le remède universel. A la poubelle le Doliprane, l’Ibuprofène, l’Immodium, l’Hépatoum, les colliers d’ail.

Tertio, l’égalité sociale. Que vous soyez puissants ou misérables, vous avez tous l’air de sortir d’un roman de Bradbury avec votre chiffon sur le nez. Et l’air un peu con aussi. Vive l’abolition des privilèges.

Allez, haut les cœurs, plus qu’une petite dizaine de vagues.

Non, mais sérieusement.

Gifnem29

Le triomphe des ténèbres – Giacometti/Ravenne

Le triomphe des ténèbres – Giacometti/Ravenne – Le livre de poche (J C Lattès)

« Le triomphe des ténèbres » est le premier tome d’une trilogie, et je m’en réjouis grandement.

Le duo Giacometti/Ravenne est très doué pour raconter des histoires tricotées à partir de faits historiques avérés, mais un peu délaissés par les historiens car dérangeants. Raconter l’Histoire, oui, raconter l’irrationnel, pas trop.

Cette trilogie explore l’addiction de certains dirigeants nazis pour l’occulte. Ces hommes cruels et bien dérangés du bulbe avaient, qui plus outre, une fascination morbide pour les signes ésotériques qui semblaient (?) aller dans le sens de leur folie. Himmler, notamment, peut-être le plus dingue de tous, était persuadé que la race aryenne avait des représentants un peu partout sur Terre, au Tibet, par exemple.

Lire la folie des hommes a quelque chose du voyeurisme, mais également de l’addiction. J’aime beaucoup lire des romans intelligents qui traitent de cette sombre période. J’essaye de comprendre comment quelques hommes ont pu entrainer toute une planète dans un conflit atroce, et décider que certains de leurs semblables n’avaient pas le droit de continuer leur chemin à leurs côtés. Il me reste un peu de temps pour résoudre cette énigme, pourtant, je doute d’y parvenir.

Un bémol cependant. L’un des deux, je ne sais pas si c’est Giacometti ou Ravenne écrit avec ses pieds. C’est dommage, le plaisir de lecture s’en ressent un peu, mais cela reste tout de même secondaire tant l’intrigue vous saute à la gorge et ne desserre son emprise qu’une fois la dernière page tournée.

Non, mais culturellement.

Jourd’hu

Théââââââââââtre

Je ne sais pas vous, cher lectorat attentif, mais moi, parfois, je me demande.

Monsieur Jean-Baptiste Poquelin a 400 ans. Bel âge. L’âge de passer la main. De laisser la place aux jeunes.

Je déteste le théââââââââââtre, et particulièrement celui de Jean-Bapt’. A une époque de ma vie, je devais user de stratagèmes plus ou moins honnêtes afin de ne pas imposer à des adolescents, plus proches de Youtube que de la Comédie Française, l’étude de ses pièces imbuvables, désuètes et illisibles pour la plupart.

A chaque année de collège était dédiée une œuvre. « Le médecin au volant » en sixième, « Les fourberies de ce lapin » en cinquième, « Le bourgeois un peu con » en quatrième » et « L’ami Zantrope » en troisième. Je vomissais quatre fois par an, et les gamins aussi.

Alors, j’ai rusé.

Pour les sixièmes, j’ai écrit des saynètes que je leur ai fait jouer (si vous n’êtes pas sages, je vous les imposerai, un jour). En cinquième, je leur passais la version de Scapin avec Smaïn et Mouss Diouf, des tags et du rap, sans dévier d’une virgule du texte original, un must. Et basta. En quatrième, je les emmenais en stage de théââââââââââtre, avec des profs qui se la racontaient tellement que 99% des gosses étaient dégoûtés à vie. Enfin, en troisième, je leur refilais une liste de textes de chanteurs qui ne risquaient pas de se retrouver dans leurs playlists (Reggiani, Laforêt, Perret, Le Forestier, Corringe, Manset, Thiéfaine, Guichard, Renaud, Delpech, Bécaud, Barbara, Lama, Gréco, Aznavour, Sylvestre, Allwright et quelques autres). Ils devaient choisir un titre, l’apprendre par cœur, et créer une petite mise en scène qu’ils présentaient devant la classe. Grâce à ce subterfuge, je faisais d’une pierre plein de coups. Du théââââââââââtre, de la poésie (que j’évitais le plus possible aussi, mais pour d’autres raisons que je vous conterai une autre fois), de la découverte de textes à des années-lumière de l’univers des gamins, et en plus, je prenais un pied d’enfer. J’ai même vécu mon meilleur moment en 25 ans, lorsqu’une jeune fille a mis en scène « Je suis malade » et a bluffé absolument toute l’assemblée. Tout le monde pleurait, sauf moi, faut pas déconner non plus, mais de justesse.

Les pièces de JB étaient déjà molles hier, alors, aujourd’hui, cela ne s’est pas arrangé. Et après, on s’étonne que les gamins haïssent le théââââââââââtre.

Je suis très agacé car je ne suis pas parvenu à glisser l’excellent calembour « mot-lierre » dans mon billet.

Non, mais sérieusement.

Gifnem29