Complot – Nicolas Beuglet

Complot – Nicolas Beuglet – Pocket (XO éditions)

Il est de ces auteurs qui veulent écrire une « grande œuvre ». Monsieur Beuglet et son « Complot » font partie de cette catégorie. Quitte à choisir un sujet casse-gueule comme la religion et les femmes.

Ce qui est très agaçant dans ce roman, c’est que l’auteur prend son lecteur pour un idiot. Il traite son sujet comme s’il nous faisait l’aumône de nous révéler le plus grand secret de l’histoire de l’humanité. Et en plus, il y croit. Il s’entoure de précautions historiques et scientifiques pour illustrer son propos, comme s’il lui fallait anticiper les critiques qui ne manqueraient pas de pleuvoir sur son travail. Je n’ai rien lu sur ce bouquin, sauf la quatrième de couverture : « Envoûtant », Femme Actuelle. Sans commentaire.

Au fond, ce n’est pas sa naïveté que je lui reproche à Nicolas Beuglet, ni sa candeur un peu écœurante, ce qui ne va pas dans son roman, c’est tout le reste.

Une femme « super-flic », tourmentée, au passé obscur, dont l’auteur nous distille des éléments de la vie, sensés nous donner envie de nous précipiter sur le bouquin précédant et sur le suivant. Un méchant caricatural, machine à tuer dépourvue d’humanité, dont les complices naviguent dans les hautes sphères de la société. Enfin, plus gênant encore, le manque total de réalisme dans les déplacements, les recherches ou les décisions des protagonistes.

Beuglet a visé trop haut et trop basique, à la fois. Je ne dévoilerai pas le fameux « grand secret », réel pour le coup, je dirai juste que à peu près tout le monde est déjà au courant.

Non, mais culturellement.

© Jourd’hu

Docteur Pôpôle

Je ne sais pas vous, cher lectorat attentif, mais moi, parfois, je me demande.

Je croyais qu’ils allaient me laisser tranquille, au moins jusqu’en septembre prochain, vu que leur dernière vérification date de septembre dernier. J’ai, sans doute, mal compris leur ordonnance. Une des collègues de cet inepte aréopage m’a contacté, elle veut m’ausculter à nouveau. Et, je crains que, cette fois, le diagnostic soit sans appel.

D’accord, je n’ai pas suivi le traitement. Il faut dire que j’ai du mal avec les toubibs, surtout les charlatans.

Docteur Pôpôle et ses collègues sont des charlatans incompétents. Certes, je suis un mauvais patient qui ne fait rien pour guérir, toutefois, ma dernière consultation remonte à avant le premier confinement. Avouez que le suivi laisse à désirer. Un soigneur ? Tu parles ! Il ne m’a jamais proposé la moindre médication. Même pas un rendez-vous chez un herboriste.

Lorsque l’on est malade, on espère que les praticiens formés pour lutter contre les symptômes feront preuve d’efficacité. Le problème de Docteur Pôpôle, c’est qu’il a reçu une formation générale rapide qui survole tout, sans s’arrêter sur les particularités qu’il rencontrera dans l’exercice de ses fonctions, alors qu’il aurait fallu lui dispenser des cours précis, des leçons singulières. Son principal souci est de conserver son poste. Pour rien au monde il ne voudrait tomber malade, forcément, il connait l’envers du décor.

J’ai filé la métaphore médicale sans beaucoup de talent. Si si.

Certains d’entre vous doivent se dire que je suis gonflé de venir pleurer sur la suppression probable de mes allocations mensuelles (autour de 500 euros selon la durée du mois). Que ce n’est pas le boulot qui manque en France. Que ce con de Jourd’hu est capable de servir dans un restaurant ou d’être employé dans l’aide à domicile. D’autant qu’il lui reste soit six soit neuf années avant de prétendre à une bonne petite retraite de 800 euros (quoique non, plus, si je bosse un peu, et si je vends des bouquins). Alors, de quoi il se plaint ? Il a un toit au-dessus de la tête non ? En plus, il ne paye presque pas de factures. Et il n’a qu’à arrêter de fumer, il économisera 250 euros par mois. Gamin gâté !

Vous avez raison. Sauf que les blanquettes risquent de finir sur les genoux du client, et que les petits vieux sont, souvent, en meilleure forme que moi.

Ou alors, je vais vendre mon/mes roman(s) sur les marchés.

Pfff, je suis fatigué.

Non, mais sérieusement.

© Gifnem29

Maison douce maison

Je ne sais pas vous, cher lectorat attentif, mais moi, parfois, j’apprécie.

Je vous ai déjà conté, ici-même, mon appétence pour un lieu particulier (si je me répète c’est pour contenter mes nouveaux abonnés, notamment le syndicat des gourous et des voyants extralucides d’Afrique subsaharienne, et pour rafraîchir la mémoire des plus anciens fidèles dont les neurones commencent à souffrir).

Cela faisait un petit bout de temps que je ne m’étais pas rendu dans cet endroit idyllique, cet espace qui contente la majorité de mes sens, ce petit paradis qui illumine mes jours sombres.

La déchetterie est un endroit enchanteur.

Rien n’est plus beau que l’aube rasante sur les bennes rouillées ou les rayons du soleil couchant à travers les branches cassées des déchets verts abandonnés par les jardiniers du ouikène.

Je revis au milieu des palettes déchiquetées et des réfrigérateurs défoncés. Je respire en immersion dans les gravats témoins de l’extension enfin terminée et les cartons du déménagement du petit dernier. Je m’émerveille face aux carcasses d’ordinateurs et de fours micro-onde.

Malgré les reproches que m’adressait mon dos, cet après-midi, j’ai tondu. Puis j’ai rempli d’herbe des sacs que j’ai hissé, malgré les cris de mon dos, à l’arrière de mon automobile. Puis, tout fébrile, et le dos en compote, j’ai mis le cap sur la déchetterie. Comme Roméo qui rejoint sa Jacqueline, mais qui veut faire durer ce moment délicieux de l’attente, j’ai choisi un rallongi, pour que les papillons stomacaux continuent à frétiller encore quelques minutes. Puis j’ai franchi le portail. Le gardien, Jean-Steven, m’a ignoré, comme d’habitude, afin de ne pas rompre le fragile équilibre des retrouvailles amoureuses. Les usagers, garés n’importe comment, rivalisaient de bêtise dans le but d’élire celui ou celle qui mélangerait le mieux les déchets alors que chaque espace est dûment délimité et clairement indiqué.

L’extase.

Le bonheur est dans la continuité.

Non, mais sérieusement.

© Gifnem29

La personne de confiance – Didier Van Cauwelaert

La personne de confiance – Didier Van Cauwelaert – Le Livre de poche (Albin Michel)

DVC est, incontestablement, l’un de mes auteurs favoris. Je considère son roman, « La Vie interdite » comme l’un des dix meilleurs que j’ai lu(s) dans ma vie (mais pas relu, donc inutile de me conspuer si vous me faites confiance, à tort).

DVC écrit des histoires simples et très originales, à la fois. Ses personnages sont des gens du quotidien que vous pouvez croiser chez votre boulanger ou votre avocat (je ne connais pas tout de vos vies). Ils sont confrontés à une situation exceptionnelle comme (presque) tout le monde une fois dans sa vie (par exemple moi, je me suis retrouvé, à six heures du mat’, complètement à poil, sans mes lunettes, sur une plage corse, à l’été 1995 ; ce serait un bon début pour un bouquin de DVC, je vais l’appeler, dès que j’aurai son numéro, donc jamais, sauf si les lauréats du Goncourt se refilent leurs coordonnées, oui, parce que je recevrai le prix Goncourt bientôt, il ne me reste plus qu’à l’écrire, j’ai déjà le sujet).

DVC écrit des romans courts. Vous pouvez les lire en une soirée au lieu de regarder une émission débile, un film vu quinze fois ou plutôt que de faire l’amour. Bon, si vous aimez cela et que vous avez quelqu’un à disposition, vous pouvez toujours faire l’amour après, ou pendant si votre partenaire n’est pas trop énergique. C’est vous qui voyez.

Bref, si vous aimez la lecture sans prise de chou, réjouissante, humaniste et intelligente, lisez DVC.

Non, mais culturellement.

© Jourd’hu

O Breizh ma bro

Je ne sais pas vous, cher lectorat attentif, mais moi, parfois, je me sens régionaliste.

Surtout le jour de la Bretagne.

C’est l’occasion de tordre le cou à certaines contrevérités et, au contraire, de révéler certains petits secrets.

Tout d’abord, non, les Bretons ne portent pas tous des chapeaux ronds. Certes, quelques originaux se baladent avec un couvre-chef circulaire, mais ils sont loin de représenter la majorité.

Dans le même genre, j’ai le regret de vous annoncer que tous les Bretons ne possèdent pas une paire de boutoucoats (sabots de bois), bien que, dans ma jeunesse, ces horreurs avaient fait un retour en force.

De manière générale, le Breton ne porte pas les habits bretons. A tort d’ailleurs. Quoi de plus efficace contre nos frimas humides qu’un bon vieux kabig ? Quoi de plus élégant qu’une vareuse rouille pour aller guincher le samedi soir ?

Dans un autre registre, le Breton n’est pas un grand fou de la nourriture bretonne. Il faut bien avouer que le kouign-amann est, surtout, un moyen pour les boulangers de se faire du beurre (subtil…) aux dépends des touristes au cholestérol exponentiel. Le kig-ha-farz est, certes apprécié, mais la plupart des Bretons en mangent une à deux fois par an, maximum. La raison est simple. Très peu de gens sont capables de cuisiner un kig-ha-farz digne de ce nom. Et mieux vaut s’abstenir que d’ingurgiter un ersatz indigeste. La crêpe est, elle, véritablement consommée par les Bretons, mais elle est à l’origine d’une guerre interne quant à sa dénomination. En effet, selon le lieu, elle sera appelée « galette » ou « crêpe ». Cette opposition n’est pas à prendre à la légère. Par exemple, par chez moi, si vous demandez une galette, on vous servira une crêpe au blé noir ou sarrasin.

Par ailleurs, la géographie bretonne présente certaines particularités. La région située, en gros, au milieu à droite, est constituée, outre sa presqu’île continentale, d’une multitude d’îles. Or les habitants de ces cailloux ne sont pas des insulaires, mais des iliens. Les cruciverbistes connaissent le sujet.

Enfin, le tems est venu de lever l’un des plus grands secrets lié à la Bretagne. Comment se fait-il que le Gwen-ha-Du fleurisse aux quatre coins du monde ? Pourquoi le drapeau breton est brandi dans un concert des Quilapayùn au Chili aussi bien que dans une manifestation altermondialiste en Papouasie-Nouvelle-Guinée ? Et encore, attendez que la NASA parvienne à explorer notre Trou Noir galactique, je vous annonce une belle surprise. L’explication est simple, la voilà. Non, je déconne. Jamais un Breton ne vendra la mèche ! Jamais !

Allez kenavo.

Non, mais sérieusement.

© Gifnem29

Transactions -2- Le retour

Je ne sais pas vous, cher lectorat attentif, mais moi, parfois, je me demande 2.

C’est amusant, beaucoup d’entre vous ont cherché à trouver le titre de mon trésor caché. Belle performance. Mais sans succès.

Pourtant, vous avez fait preuve d’originalité. Mais, je ne possède aucun original signé de la main de l’auteur, ni du pied, ni même de sa secrétaire. Bon, à part mon roman, mais je vais devoir attendre de décéder pour qu’il prenne un peu de valeur. J’ai une Bible aussi, signée d’un certain Kevin Christ. J’ai un doute. Je ne sais plus si c’est le fils ou le neveu. De toute façon, pour ce bouquin, j’attends l’apocalypse pour le fourguer.

Mon trésor est une œuvre de Henry Cohen intitulée, « Monnaies sous l’empire romain ». Fallait vous lever tôt pour deviner. Quoique, j’ai semé quelques indices.

En réalité, j’ai commis une erreur de débutant. Je suis allé me renseigner sur le net. C’était encourageant car tous les sites parlaient de livres rares qui se négocient autour de 350 euros les huit. Sauf que internet c’est n’importe quoi. Ca ne marchera jamais, d’ailleurs, ils ferment l’année prochaine.

Mon bouquiniste favori a produit une moue assez désobligeante avant de m’orienter vers des marchands spécialisés. La tuile !

Malgré tout cet échec m’a donné une idée. Car, je sais où dégoter des marchands spécialisés, en principe.

Bécherel, vous connaissez ?

C’est une petite ville des Côtes d’Armor qui possède une particularité étonnante. Tous les commerces sont des librairies. Faut avoir prévu son casse-croute. J’y ai déjà fait quelques affaires jadis. J’irais bien tenter ma chance là-bas, toutefois, vu le prix de l’essence, j’ai intérêt à remplir mon coffre de bouquins pour rentabiliser le voyage. Va falloir discuter serré avec la daronne.

Je vous tiens au jus.

Non, mais sérieusement.

 © Gifnem29

Dans l’ombre du brasier – Hervé Le Corre

Dans l’ombre du brasier – Hervé Le Corre – Rivages/Noir (Payot)

Hervé Le Corre fait partie de ces auteurs exigeants qui ne se fichent pas de la poire de leurs lecteurs. Je le qualifie d’exigeant car ses histoires sont extrêmement travaillées, son texte est dense, ses personnages très fouillés. Du vrai boulot. Peut-être un peu au détriment du style (répétitions), mais sans gêner, en rien, la lecture.

« Dans l’ombre du brasier » se situe pendant la Commune. Une grande découverte pour moi. Le travail historique est remarquable sans sombrer dans l’intellectualisme pédant de certains. J’ai beaucoup appris, et ce n’est pas désagréable.

Toutefois, un détail m’a chiffonné. Beaucoup de personnages meurent dans cette histoire. Notamment sur les barricades. Et Le Corre abuse des décès par balle dans le cou. J’ai du mal à croire que les fusils de l’époque permettaient à des tireurs amateurs, pour la plupart, de faire mouche dans cette partie assez étroite du corps.

En revanche, l’auteur utilise un stratagème littéraire qui me plait bien. Sans rien dévoiler (sinon je vais encore me faire engueuler), un conseil, ne vous attachez pas trop aux personnages.

Non, mais culturellement.

 © Jourd’hu

Transactions

Je ne sais pas vous, cher lectorat attentif, mais moi, parfois, je me demande.

Comme beaucoup de gens de la classe moyenne plus, ma génitrice conserve à son domicile un nombre incalculable de trucs qui ne sortent jamais des placards et qui pourraient, avec un brin de recherche, se transformer en espèces sonnantes et trébuchantes qui, elles-mêmes, sauraient trouver une utilité en ces temps incertains.

Par exemple, feu mon père était un amateur de monnaies et, notamment, de celles de l’antiquité romaine. Toute sa vie, il a accumulé un grand nombre de pièces datant de deux mille ans, dans ces eaux-là. Récemment, je me suis intéressé à sa collection, non pas dans un but d’instruction historique, mais dans un but de renflouement bancaire. Sincèrement, j’imaginais que nous possédions une petite fortune, disons un VW Golf toutes options. Après des recherches assez poussées, je suis retombé sur terre, et j’ai divisé par dix, minimum, mes prétentions financières. Logique au fond. Mon géniteur ne roulait pas sur l’or, la majorité de ses pièces a été achetée au kilo et ne valent pas un pet de lapin.

De toutes façons, ma mère qui ne jette jamais un œil sur la collection, refuse d’entendre parler de vente. Je crois qu’elle préfèrerait bouffer des rutabagas pourris plutôt que de toucher au trésor de son mari.

Mais l’autre jour, surprise. Elle m’a demandé si je connaissais le bouquiniste qui vient de s’installer en ville (c’est le cas, c’est lui qui fait les marchés et qui avait mon livre, à peine trois mois après sa sortie). Elle m’a dit qu’elle voulait faire de la place dans la bibliothèque pour ses bouquins à elle, et, par conséquent, de voir si le mec ne serait pas intéressé par les bouquins traitant des monnaies (et des armes par la même occasion, car oui mon père aimait aussi les armes, toutefois, rassurez-vous, ce n’est pas Fort-Alamo à la maison). J’ai donc fait une sélection d’une vingtaine de bouquins qui me semblaient posséder un potentiel financier. Résultat, il a retenu cinq livres, et je suis rentré chez moi plus riche de trente euros. C’est mieux que rien, mais ce n’est pas le Pérou.

En rangeant les invendus, j’ai remarqué de curieux bouquins qui m’avaient échappé la première fois. Curieux, parce que chacun d’eux, au nombre de huit, est emballé dans un carton rigide. Intrigué, et échaudé, à la fois, je suis allé me renseigner sur internet.

Demain, je retourne voir mon bouquiniste. Il a intérêt à avoir du cash sur lui, et pas qu’un peu…

Non, mais sérieusement.

© Gifnem29

De son vivant

Je ne sais pas vous, cher lectorat attentif, mais moi, parfois, je me demande.

J’ai adoré Renaud, de son vivant. Depuis son décès, je l’aime beaucoup moins. Surtout, je déteste ces gens qui l’exhibent comme une bête curieuse. Ce n’est pas un jouet merde !

Renaud est le plus grand parolier de l’histoire de la chanson française, je ne veux rien savoir. Il a écrit la pus belle chanson sur l’enfance, « Le sirop de la rue » (avec le plus bel enjambement de l’histoire des enjambements), sur les ravages de la drogue, « P’tite conne », sur la grossesse, « En cloque », sur un sujet extrêmement touchy que je vous laisse le soin de deviner, « Le petit chat est mort » (et ce petit air d’accordéon qui m’émeut à chaque fois), sur les jeunes de banlieue, « Deuxième génération », sur une certaine vie quotidienne, « La mère à Titi », sur une épreuve sportive inutile, « 500 connards sur la ligne de départ »… Je pourrais continuer longtemps ainsi. Tout est bon dans le Renaud jusqu’à l’album « A la belle de mai », inclus. Ensuite…

Ensuite Renaud est mort, et c’est très triste. Tout le monde du spectacle s’est enthousiasmé sur son premier album posthume, « Boucan d’enfer », nombreuses récompenses à la clé. Pourtant, ce disque est très mauvais. Je l’ai acheté, mais pas les suivants. Pour moi, ils n’existent pas.

Ce soir, je regarde tout un tas de bons chanteurs rendre hommage à une momie. Sa moue, ses tremblements, ses gestes malhabiles, sa silhouette me font de la peine. Je vais être honnête, sa voix me surprend, elle a été bien pire. J’ai observé attentivement les mouvements de ses lèvres, persuadé qu’ils avaient trafiqué le son pour l’occasion. Il ne me semble pas. Sa version de la chanson de Bourvil est même une réussite, selon moi. Mais son image est catastrophique.

Malgré tout, sincèrement, je crois que c’est une erreur, de la part de son entourage, d’accepter ce genre d’événement. Le mot qui me vient à l’esprit est « pathétique », mais ce n’est pas le terme juste. Je devrais dire… Je devrais, peut-être, fermer ma gueule. Au fond, Renaud ne mérite pas cela. Il a combattu des démons, et ses millions n’y ont rien changé. Il intègre la lignée des poètes maudits, trop sensibles pour supporter le monde qui les entoure.

Lolita est rayonnante aux côtés de son père.

Renaud a écrit parmi les plus belles pages de la poésie française, je ne veux rien savoir. Et sans lui, le bandana rouge, ce serait juste moche.

Non, mais sérieusement.

© Gifnem29

Le Télégramme

Le Télégramme (édition de Morlaix)

Bon d’accord, je triche un peu, j’ai du retard dans mes lectures. Ceci étant, lorsque je réside dans les terres (cf « Tranche de vie » d’hier), je bénéficie de cette saine lecture tous les matins (enfin, depuis peu, c’est mon cadeau d’anniversaire, avant ma génitrice suspendait la livraison dès qu’elle quittait son foyer).

« Le Télégramme » est une véritable institution par ici. Aujourd’hui, c’est le numéro 26024. Il me semble que le journal a été créé à la libération. Son principal concurrent s’appelle « Ouest-Torchon ».

Comme toute bonne PQR qui se respecte, la présentation du « Télégramme » est immuable.

  • Une.
  • édito (depuis quelque temps, monsieur Yann Queffelec vient faire le malin une ou deux fois par semaine, il est absolument nul, et tellement imbu de sa petite personne…).
  • nouvelles internationales (le strict minimum).
  • nouvelles nationales (à peine plus)
  • nouvelles locales (le cœur du journal ; des dizaines de reportages d’investigations sur les concours de pétanque, les doyens, les conseils municipaux, les nettoyages de rivières, les concours de belote, les représentations théâtrales à la MJC, et tout un tas de trucs indispensables).
  • les avis de décès (j’ai le regret de vous apprendre la disparition de Marguerite Lemarchand, fauchée en pleine fleur de l’âge à, à peine, 97 ans).
  • le sport (très très important si vous voulez connaitre les résultats du ouikène en 7è division de water-polo).
  • les petites annonces (si vous cherchez une supercinq diesel de 1988, toutes options, 456890 kilomètres, jantes alu, 45 euros, à débattre).
  • les annonces juridiques (je n’ai jamais compris ce que ça fout là).
  • la météo (sous toutes ses formes, classique, marine, agricole etc…).
  • les jeux (on dirait des rééditions des années 50).
  • le programme télé (avec TV Breizh, bien entendu).
  • le portrait de dernière page (piqué à Libé).

C’est un excellent canard, auquel j’ai collaboré à l’été 1986. Je remplaçais, pour un mois, ma cousine qui était, alors correspondante locale. C’était payé au lance-pierres, mais pas éreintant, il faut bien l’avouer.

Non, mais culturellement.

© Jourd’hu