Mon super ce héros

Je ne sais pas vous, cher lectorat attentif, mais moi, parfois, je me demande.

J’aime les univers Marvel et DC. C’est l’un (des nombreux) élément de ma nature qui a refusé de quitter l’enfance (que je n’ai pas aimé, il faut vraiment que je vois un psy). Avec une légère préférence pour Spider-Man (si si, j’aime bien les araignées).

Je crois que j’ai vu tous les films adaptés des oeuvres de Stan Lee et de ses confrères. Franchement, j’adore. Sauf, car il y a toujours un sauf, sauf que les producteurs sont des requins aux canines acérées. Lorsqu’ils trouvent un filon, ils l’exploitent au-delà du raisonnable. Je ne tricherai pas en googlisant mais je pense qu’il existe plus de vingt longs métrages. Pourquoi pas ? Batman de Burton ou de Nolan, ce sont deux visions différentes et intéressantes. Les aventures du justicier masqué, et seul super-héros dépourvu de super-pouvoirs, sont presque inépuisables d’autant qu’il affronte des super-méchants très variés. Mais justement, le « sauf » se situe ici. Pour ne pas épuiser le filon, les producteurs font des films sur les personnages secondaires. Vous avez tous entendu parler de « Joker » avec Joaquin Phoenix. Mais ils sont allés encore plus loin. Je viens de regarder « Birds of spray », le film sur la copine du Joker, Harley Quinn. La nana du Joker ! Ils vont loin là ! Je redoute que les prochains blockbusters mettent en scène la belle-mère de Superman, le concierge de Hulk, le chien de Magneto ou le voisin d’Iron-Man. Cela risque de devenir un peu lassant. Je crois avoir entendu, et ceci est vrai, qu’un film sur le valet de pieds de Batman était en préparation.

Le cinéma français a peu exploité la BD francophone. Il faut reconnaître qu’à de très rares exceptions, le résultat fut mauvais. Deux Gaston Lagaffe épouvantables, un Blueberry trop loin de l’original, un Michel Vaillant sans âme, des Lucky Luke ridicules, et quelques autres (Iznogoud, Largo Winch) moyens moyens. Certes Alan Chabat a magnifié Astérix, mais c’est peu (je n’ai pas vu le « Valérian » de Luc Besson). De nombreux héros de BD n’ont pas eu le droit à leur adaptation. Peut-être est-ce mieux ainsi. Cependant, je m’étonne que personne ne se soit attaqué à Corto Maltese, à Martin Milan, à Gil Jourdan, à Comanche, à Bruno Brazil, à Treize (bien que les points communs avec Jason Bourne soient assez étonnants). Perso, j’aimerais que quelqu’un tente de mettre en images animées les incroyables mondes d’Aldébaran et de Bételgeuse. Et pourquoi pas une saga inspirée des « Passagers du vent » ?

Si vous n’êtes pas bédéphile(s), vous avez sans doute un peu décroché à la lecture de ce brillant exposé. Si vous ne connaissez pas Bruno Brazil ou Martin Milan, vous êtes chanceux, très chanceux. Un jour, vous découvrirez ces merveilles.

Non, mais sérieusement.

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Aucune idée

Je ne sais pas vous, cher lectorat attentif, mais moi, parfois, je me demande.

Je me demande ce que je vais bien pouvoir vous raconter. Je suis en panne. En panne sèche. L’écran blanc m’agace les yeux. La mention « ajout de titre » me nargue. A moins que j’intitule cet article « Ajout de titre ». Ils sont malins sur WordPress, ils n’ont pas écrit « Ajoutez un titre » qui aurait été perçu comme un ordre. Les contributeurs se seraient sentis en rogne et auraient déserté.

Des millions parmi vous (non, je n’exagère pas) se sont creusé les méninges pour résoudre cette énigme qui, je dois le confesser, était d’une grande inventivité. Des messages sympathiques du genre « alors connard tu la craches ta Valda » ou « tu sais où tu peux te la mettre ton énigme pourrie » ont égayé ma journée. Je vous remercie. Néanmoins avant de divulguer ce qui restera dans les annales historiques de l’énigme, j’aimerais vous en proposer quelques autres. Dans une autre vie, j’avais élaboré une liste de « bizarreries de la langue française » afin d’occuper les gamins lorsque j’avais la flemme de travailler. Pendant qu’ils s’arrachaient les cheveux pour épater les petits camarades, je pouvais piquer un petit roupillon.

J’ai brûlé tous ces documents, mais certains sont restés dans ma mémoire. Mes préférés étaient les suivants.

  • Jean-Claude tient dans sa main un ver de terre et un verre à vin. Il laisse tomber les deux ??? Comment écrivez-vous la fin de cette phrase, en un seul mot ?
  • Par définition « aucune », lorsqu’il est déterminant, est utilisé au singulier (ex: Aucune récompense ne sera accordée). Toutefois, la langue française admet un pluriel dans plusieurs cas. Trouvez-en un (là, j’étais peinard une bonne semaine).
  • Quelle est la particularité de cette phrase : »Servez ce whisky aux petits juges blonds qui fument » ?
  • Qui est Alcofribas Nasier ? (niveau Première)
  • Trouvez un mot composé de six voyelles et zéro consonne (niveau débiles profonds).

Et en bonus track, une énigme qu’aucun collégien n’a jamais résolue.

  • Quel est le prénom de Bill Clinton ?

Non, mais sérieusement.

Gifnem29

Libertalia

Le sachiez-vous ?

A la fin du XVIIè siècle, des pirates auraient créé un pays libertaire au nord de l’île de Madagascar. « Auraient » parce qu’aucun historien n’a jamais réussi à prouver son existence.

Je n’en avais jamais entendu parler avant de lire un roman très correct de Henri Loevenbruck intitulé « Le loup des cordeliers ».

Je dois dire que les histoires de pirates m’ont toujours (un peu) fasciné depuis que j’ai lu « Le trésor de Rackham le Rouge » puis les aventures de Barbe-Rouge. Gamin, je m’imaginais à l’assaut des sept mers en quête d’un trésor d’or et de pierreries dont la valeur m’aurait permis d’acheter le bateau pirate de Playmobil. Mes désirs étaient modestes, et ils le sont restés.

Je continue à chasser les trésors, cinq fois par semaine. Je fais partie des millions de gogos qui se font plumer par la « française des jeux ». Sauf que je suis parfaitement lucide. En trente ans, j’ai joué une très belle voiture et j’ai gagné une petite moto. Certes, je suis largement débiteur, mais peu importe. D’une part parce que le loto, c’est d’abord de l’adrénaline. Cinq fois par semaine, mon petit cœur frémit en regardant les résultats des tirages sur le web. D’autre part, je ne cherche pas à gagner le gros gros gros lot. Bien entendu, si mes numéros tombent vendredi, je ne refuserai pas le chèque de 210 millions d’euros, seulement je distribuerai (si Bercy le permet, je n’en suis pas si sûr) l’essentiel (80%) à la recherche médicale et à des petites entreprises méritantes mais en difficulté financière (notamment une styliste bretonne qui fait des trucs formidables mais qui peine à joindre les deux bouts). Peut-être créerai-je une maison d’édition littéraire et de production cinématographique, mais je redoute de m’enliser dans les ennuis, et les ennuis, j’ai eu ma dose.

La vérité, c’est que je n’aime pas l’argent. En revanche, j’aime ce qu’il procure, la liberté. Une maison confortable, une 2cv toute neuve (si si, ça se trouve), un pick-up qui pollue bien, une cheminée, des chats et des arbres fruitiers. Et la tranquillité. P… la tranquillité. Même si j’ai dilapidé mon argent, le jeu en vaut la chandelle. Même si je mes chances de toucher le jackpot sont minimes, je ne regrette pas mes trente mille euros, à une vache près.

Bizarrement, je suis persuadé que je vais gagner. Pas les 210 millions promis à un Espagnol vendredi (parce que l’euro-million est le même en Espagne sauf que nos amis d’outre-Canigou peuvent jouer un numéro de plus que nous ; qui a dit que l’Europe c’était l’égalité ente les peuples ?), non, mais je gagnerai. Sinon, jamais je ne pourrai m’offrir le bateau pirate de Playmobil.

Non, mais sérieusement.

Gifnem29

Clémence *

*(je signale à mon aimable lectorat que celle ou celui qui pourra expliquer ce titre sibyllin gagnera mon estime éternelle)

Je ne sais pas vous, cher lectorat attentif, mais moi, parfois, je me demande.

A la suite d’un article récent, malignement intitulé « Cat(s) à strophes », j’ai essuyé un commentaire sarcastique, et pas de la part de n’importe qui. Monsieur P., mon Mentor, que dis-je mon Pangloss, mon capitane Haddock, mon Jolly Jumper, mon Jiminy Cricket, ma Moneypenny, ma perruque, ma jambe de bois, mon Terminator, mon Troll Hébus, ma petite souris, bref, l’homme de ma vie virtuelle s’est permis de critiquer mes alexandrins. Et je ne m’en remets pas.

Huez lectorat attentif et adulé, huez.

Quand je pense que j’ai gagné le prix de la plus belle césure au festival de Montmorillon en 1987, et que, lors d’une cession de l’agrégation de Lettres Modernes, j’ai remis une copie couverte de 762 alexandrins réguliers (j’ai été recalé par un correcteur dont l’esprit poétique était aux abonnés absents). Comment pouvez-vous ainsi, monsieur P., me couvrir d’eau propre (même si j’en profite pour me doucher) ?

« La chair est triste, hélas ! et j’ai lu tous les livres ». J’avoue que malgré mon talent, je n’ai pas écrit ce vers qui est l’œuvre de Stéphane Mallarmé, ainsi nommé parce qu’il possédait un tout petit pistolet. En revanche, pour laver mon honneur, je vous offre ce quatrain en exclusivité mondiale. Il a été sélectionné pour représenter ma cuisine aux Vers Olympiques de 2021 qui devraient se dérouler à Alexandrie, dans le respect des gestes barrière(s), merci.

 » Madame la Baronne avait le cul en fleur

De ses fesses Baron usait comme d’un mixer

Pour colmater la brèche chaque jour chaque instant

Le vieil aristocrate sortait son vit fumant « 

Tout dans la délicatesse, l’élégance et la douceur.

Non, mais sérieusement.

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(R)évolution

Je ne sais pas vous, cher lectorat attentif, mais moi, parfois, je me demande.

Mettons les choses au point une bonne fois pour toutes, l’être humain ne descend pas du singe (à part Demis Roussos). Je n’en reviens pas qu’en 2021, la moitié, au moins, de mes contemporains, pense encore le contraire. Il y a aussi ceux qui croient que l’humanité date de 6000 ans et que Eve a couché avec Caïn l’assassin, mais ceux-là sont irrécupérables à mes yeux.

En revanche, je vous signale que Cheeta est votre cousine et King-Kong votre cousin, mais cousins(ines) à la mode de Bretagne comme c’est qu’on dit chez moi quand on se trouve un ancêtre commun avec un pote de beuverie. Je vous déconseille les réunions de famille surtout si vous manquez de bananes. Si vous êtes un as de la généalogie, vous trouverez, dans votre arbre, un petit gars sympa comme tout nommé Toumaï. Il est Tchadien et vivait voici 7 millions d’années, à un aurochs près. Mais même si vous cherchez bien, vous ne trouverez ni chimpanzé ni orang-outang.

En réalité, l’évolution, c’est super simple. Un jour, une femelle d’une espèce encore assez mal définie mit au monde des jumeaux. Comme prévu, elle enfanta dans la douleur (ah non, ça c’est plus tard pardon, quand l’autre gourde a bouffé la pomme), enfin elle n’a pas du rigoler des masses étant donné qu’elle se croyait forte et n’avait pas demandé la péridurale. Comme le père était parti chasser et cueillir et qu’il avait été dévoré par son voisin, elle dut choisir seule les prénoms. Elle décida d’appeler le plus poilu Demis Roussos et le moins poilu Jean-Claude, comme tout le monde. Pour rompre la monotonie du quotidien, elle nourrit Demis avec des bananes et Jean-Claude avec du couscous. Curieusement, les deux enfants ne se développèrent pas de la même façon. L’un des rejetons montra une tendance à la sauvagerie, à l’absence d’hygiène, à la bêtise et à l’égoïsme, l’autre grimpa dans un arbre en se grattant le cul. Et c’est ainsi que les hommes et les singes choisirent des chemins différents. Demis et sa descendance décidèrent de rester dans les arbres pour mieux observer Jean-Claude et la sienne. Comme ils n’avaient rien à dire de très intéressant, les Demisiens se passèrent du langage alors que les Jean-Claudiens inventèrent le subjonctif imparfait sans jamais parvenir à l’utiliser correctement.

(attention teaser)

Bien des millénaires plus tard, vers 2350, les Demisiens agitèrent des feuilles de bananiers pour saluer le départ des derniers Jean-Claudiens vers une lointaine galaxie. Puis ils se concertèrent par signes car ils ne voyaient toujours aucun intérêt au langage et optèrent pour la désurbanisation et la forestation. Et ils transportèrent la Statue de la Liberté sur la plage parce qu’ils trouvaient que ça faisait joli.

C’est pas compliqué tout de même.

Non, mais sérieusement.

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Terre Attacks !

Je ne sais pas vous, cher lectorat attentif, mais moi, parfois, je me demande.

Je viens d’entendre des scientifiques affirmer que la probabilité qu’il y ait de la vie, quelque part dans l’univers, est égale à la probabilité qu’il y ait de la vie nulle part ailleurs que sur la Terre.

J’aime bien les scientifiques. Un peu comme j’aime les chats. Ils sont beaux, ils sont malins, ils me font rire, mais ils ne servent à rien. Notamment les astrophysiciens. Ils sont un peu comme les médecins de la fin du Moyen-Âge. Ils tentent des trucs. Au 14è/15è siècle, ce qui faisait fureur en matière de médecine, c’était (ou c’étaient, je ne sais jamais, monsieur P.?) les saignées et l’eau tiède. Comme vous le savez sûrement les toubibs d’alors ont plus souvent vidé les malades de leur sang ou noyé ceux-ci, qu’obtenu des résultats probants.

Aujourd’hui les scientifiques construisent des engins spatiaux dont le prix représente l’équivalent de deux repas par jour pendant dix ans pour l’ensemble de la planète, pour faire joujou et au passage vérifier s’il y a de l’eau sur Mars. Ou au moins de la vie. Vu que ces crétins engoncés dans leurs certitudes stupides partent du principe que l’eau et la vie sont étroitement liées. Ce qui me ferait vraiment rigoler, ce serait qu’un Martien de douze mètres de haut trouve le module à 2 milliards de dollars, et l’offre à son fils pour qu’il s’amuse un peu. Ou qu’il l’écrase par mégarde avec son gros 4X4. J’ose espérer que les milliards dilapidés le sont dans l’optique de suivre les conseils de monsieur Stephen Hawking qui, je vous le rappelle, a annoncé l’apocalypse sur Terre vers 2600, essentiellement à cause de la démographie et de la surconsommation énergétique qu’elle engendrera. Vos descendant iront-ils installer leur salon de jardin en plastique sur la planète rouge ? Je n’en sais rien. Mas l’exploration de l’espace me laisse toujours un peu dubitatif. La Lune, bon pourquoi pas. Même en faire un lieu de vacances pour milliardaires, je m’en bats les steaks. Mais le reste… Si jamais on apprend qu’il y a ou qu’il y a eu de la vie chez les petits hommes verts, ça nous avancera à quoi ? Coloniser Mars ? Coloniser… Encore des conneries à venir lorsque des fanatiques exigeront de construire une mosquée ou une église sur le sol rouge. Ou quand on se rendra compte que le sol martien contient des métaux précieux et que les bulldozers massacreront tout sur leur passage. Ou lorsque les habitants sortiront de leurs trous et qu’il faudra bien les zigouiller parce que bon, on ne sait jamais.

Je sais bien que c’est un discours angélique, pourtant je ne peux m’empêcher de me demander ce que pensent les étasuniens vivant sous le seuil de pauvreté quand les ingénieurs de la NASA se congratulent en voyant la petite machine amarsir sans dommages. D’autant que, dès que nos dirigeants décideront que l’heure est venue de quitter la Terre, je doute fort qu’il y ait de la place dans le vaisseau pour les laissés pour compte. Je suis même persuadé que des animaux seront prioritaires.

Ne vous inquiétez pas tout de suite, d’après monsieur Hawking, il nous reste à peu près 500 ans pour bien détruire ce qui reste ici-bas.

Non, mais sérieusement.

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Kenavo my love (Kig-ha-farz brothers, 1982)

Le sachiez-vous ?

J’ai déjà eu l’occasion ici de vous apprendre que le breton Loïc Boicussec avait inventé l’eau. Ce que je ne vous ai pas précisé en revanche, ce sont les conséquences de cette invention sur l’ensemble du fier peuple breton.

Et ces conséquences sont multiples. Tout d’abord, parlons physionomie. L’omniprésence de l’eau sur notre territoire a fait évoluer nos corps. Nous arborons de magnifiques pieds palmés qui nous permettent de nous déplacer avec davantage d’aisance, surtout en hiver, en automne, au printemps et en été, lorsque les chemins débordent et lorsque les champs cessent d’ingurgiter le trop plein aqueux. De plus, les nouvelles générations commencent à présenter sur chaque côté du crâne des ouïes afin de favoriser les déplacements en milieux liquides du 1er janvier au 31 décembre. Enfin, nos scientifiques œuvrent à mettre au point une peau hydrofuge à mi-chemin entre la poêle Téfal et le capitaine Haddock.

L’autre jour, je vous parlais également du fossé. Je vous annonce que les géomètres ont terminé leur travail, et que les pelles vont entrer en action dans très peu de temps (dès que nous aurons trouvé suffisamment d’esclaves). Les quatre départements bretons (en effet, après de longs palabres nous avons accepté d’intégrer l’Ille-et-Vilaine et le Morbihan ; la Loire Atlantique ? Connais pas…) ont choisi de se désamarrer du continent pour entamer une nouvelle vie d’ilien (les bretons sont des iliens et non des insulaires, pour info). Dès que le fossé sera terminé, des plongeurs détacheront la Bretagne de la France avec des tronçonneuses water-proof et vogue la galère. Des charpentiers façonnent, à l’heure où je vous écrit, des pagaies dans le but d’aider la nouvelle nation à prendre son envol nautique (comment ça, c’est impossible un « envol nautique » ! Taisez-vous donc, vous n’y connaissez rien…). Des chaînes particulièrement résistantes joindront nos îles périphériques à l’île mère afin de ne perdre personne en route. Durant les travaux, une permanence installée à Loguivy-de-la-mer permet à tous les citoyens du monde de demander la nationalité bretonne. Bien entendu, si l’aventure vous tente, vous devez être une personne naturellement imperméable, être capable de cuisiner l’eau de 365 façons différentes et posséder un poisson rouge nommé Bubulle. Ensuite, vous avez toutes vos chances sauf si vous êtes normand ou si vous possédez un survêtement blanc.

Pour finir, je tiens à détruire un cliché tenace. Le Breton ne boit pas, il se désaltère. Il faut reconnaître que toute cette eau donne soif. Vous remarquerez tout de même que, contrairement à certains, les Bretons ne mélangent pas l’eau avec d’autres boissons. Nous avons notre dignité, nous.

Non, mais sérieusement.

Gifnem29

Cat(s) à strophes

Je ne sais pas vous, cher lectorat attentif, mais moi, parfois, je parle de mes chats d’antan.

Outre les canidés quand j’étais tout petit

Nous hébergions un chat au doux nom de Jimmy

Il avait j’ose le dire un drôle de caractère

Massacreur de zoziaux un vrai serial-killer

Jimmy s’en fut hélas au paradis des chats

Vérifier si les piafs ont le même goût là-bas

Casimir débarqua petite boule tigrée

Doux comme la laine mohair yeux de fauve apaisé

L’humain crétin s’en faut l’emmena en balade

Et revint seul en pleurs de sa courte promenade

Un autre enfant c’est sûr a vu sa vie joyeuse

Dans le sourire du chat dans sa fourrure soyeuse

De la même couvée nous accueillîmes Oscar

Petit chat malicieux avec l’âme d’un routard

Aimant à explorer comme l’animal libre

Mais manquait il est vrai d’un soupçon d’équilibre

Il n’avait pas encore beaucoup couru minette

Qu’une glissade fatale le priva d’galipettes

Gaston lui succéda beau félin noir et blanc

Peut-être paresseux sans doute un peu gourmand

Du grand sac de croquettes seule sa queue dépassait

Le chien pas rancunier ses pattes lui proposait

Pour un repos de chat peuplé de souris mâles

Qu’il ne chassait jamais vue sa charge pondérale

Le dernier chat en date était particulier

Du genre à miauler pour entrer et pisser

Il perdit même un œil au cours d’une rixe amère

Et un manque de sevrage dandinait son derrière

Je l’avais baptisé le Méphistophélès

Ce qui n’empêcha pas une cure de gentillesse

Non, mais sérieusement.

Gifnem29

Nonostalgie

Je ne sais pas vous, cher lectorat attentif, mais moi, parfois, je parle de moi (mais il ne faut pas que cela devienne une habitude, j’en suis bien conscient)

De ma naissance à mes 25 ans, à une vache près, j’ai toujours vécu au contact des chiens. Il y avait chez mes parents une sorte de tradition canine bien que ni l’une ni l’autre n’ait eu de chien dans sa jeunesse. C’est peut-être la raison d’ailleurs.

L’un de mes oncles était vétérinaire et avait la curieuse manie de refiler des chiens indésirables à mes géniteurs. Je n’ai pas connu le premier, dont le nom m’échappe, quelque chose comme Sultan ou Rex. Son propriétaire avait dû s’en séparer parce qu’il aimait bouloter les moutons du voisinage. C’était un loup croisé avec un troll, je crois. Il a fallu le piquer. Ensuite, Trois-Pattes a pris ses quartier dans mon foyer. Il portait ce curieux nom car il n’avait que trois pattes. Encore un cadeau du vétérinaire. Le pauvre souffrait le martyr. Il a fallu l’euthanasier.

Le premier dont je me souviens vraiment était un teckel nommé Astérix, suivi d’un second teckel nommé Titus. Ils étaient strictement semblable à tel point que ma mémoire refuse de les différencier. En revanche, mes mollet se souviennent aujourd’hui encore de leurs crocs. Les teckels sont des erreurs de la nature comme les grosses saucisses auxquelles ils ressemblent beaucoup .

Celui qui a réellement accompagné mon enfance s’appelait Lostic (petite queue, en breton). C’était un chien adorable. Un croisé teckel et un autre truc. Un corniaud, un ratier, comme vous voulez. D’une gentillesse et d’une fidélité incroyable. Il a été écrasé par un connard d’automobiliste qui ne s’est pas arrêté. Nous l’avons enterré dans le jardin. Toute la famille était si triste que ma mère décida qu’il n’y aurait plus de chien à la maison.

D’où notre surprise à tous quand elle débarqua un soir avec un chiot. Une petite boule de poils que la famille adopta dans la minute. C’était un colley ou berger d’Ecosse. Comme c’était l’année des M, mon père décidé de l’appeler « Mister Peter Lorimer », du nom d’un obscur footballeur écossais spécialiste des tacles à la carotide. Ma sœur pleura toutes les larmes de son corps parce qu’elle n’arrivait pas à se souvenir du nom du chien. Un conseil de famille opta pour un diminutif plus simple, Lorry. Si vous connaissez les colleys, vous savez que ce sont des sales bêtes. Lorry était d’une douceur incroyable. Et con comme une bûche. Il pissait de trouille lorsque l’orage tonnait. Il disparaissait quelques jours et rentrait sale comme une teigne, affamé et tremblant car il savait qu’il allait se faire engueuler. D’ailleurs, quand il faisait une bêtise, il allait au coin tout seul. Le chat dormait dans ses pattes.

Si vous en faites la demande expresse, demain, je vous raconterai les chats de mon enfance.

Non, mais sérieusement.

Gifnem29

Barnum

Je ne sais pas vous, cher lectorat attentif, mais moi, parfois, je parle de moi.

Quand j’étais petit, mes parents avaient l’habitude de se débarrasser de leurs enfants pendant les vacances scolaires. Neuf fois sur dix, j’échouais chez mes grands-parents maternels, et j’en étais ravi.

Mes grands-parents tenaient un commerce de voilages et tissus d’ameublement dans la riante cité de Carhaix. Je vous parle d’une époque où les charrues étaient encore jeunes. Outre leur magasin, plusieurs fois par semaine, ils déballaient sur les marchés : Rostrenen, Callac, Châteauneuf du Faou, Châteaulin. Et j’étais au paradis.

Tout me plaisait. Le réveil aux aurores, le trajet en camion (29 CK 29) sur des routes improbables, l’arrivée sur place et le coup de jus (le café si vous préférez, chocolat pour moi) avant le grand moment. Le grand moment, je m’en souviens comme si c’était hier, bien que la dernière fois remonte à plus de quarante ans. Il fallait monter le barnum. Mes grands-parents n’avaient pas souscrit à la mode du camion-magasin qui allégeait considérablement la corvée du matin. Dresser le barnum prenait au moins une heure. C’était un ensemble complexe de barres de fer ou de bois, de tréteaux, de rouleaux et surtout d’une énorme bâche blanche qu’il fallait hisser à la force des bras, et qui servirait de toit à l’ensemble. J’étais émerveillé de voir cet homme assez chétif mais non dénué de muscles et cette femme raffinée, mais non dénuée de volonté, édifier de leurs mains un espace commercial éphémère plus grand que la plupart de ceux des collègues. Une fois la tente érigée, ma grand-mère m’installait dans le camion pour la sieste du matin. A mon réveil, en milieu de matinée, après de multiples bisous, j’entamais ma tournée d’inspection. Je connaissais presque tout le monde sur chaque marché. Je ne manquais aucune copine de ma grand-mère (dont aujourd’hui encore je me souviens des noms) car, sans avoir besoin d’user de la menace, elles me versaient, en bonbons ou piécettes, mon écot quotidien. Lorsque je rejoignais la boutique, il était l’heure du premier service du midi. Celui des dames. Ma grand-mère appliquait un peu de rouge sur ses joues, attrapait ma main et nous recommencions le même chemin que je venais d’effectuer, pour rameuter la troupe féminine. Les repas des restaurants étaient toujours succulents et gais. Vers treize heures, il fallait ne pas trop traîner car les hommes attendaient leur tour. Et moi, j’y retournais. Et je mangeais de nouveau. A l’époque, tout le monde se désespérait de me voir aussi maigre qu’un clou. Après les deux repas, c’était l’heure de la sieste de l’après-midi. Puis, mon grand-père, en douce, me donnait une pièce pour que j’aille acheter un illustré, comme on disait alors, un Zembla, un Blek le Roc ou un Janus Stark, que mon adorable grand-mère faisait semblant de ne pas voir car elle appréciait peu ces lectures profanes. En fin de journée, je vêtais mon uniforme de vendeur et faisait en sorte de fourguer quelques napperons à des ménagères plus attendries par le petit garçon que par la nécessité de garnir la cheminée. Le trajet de retour était toujours joyeux, même si, malgré mes deux siestes, invariablement je piquais du nez au risque de tomber dans le cendrier du camion dépourvu de ceintures de sécurité.

Au fond de moi, tout a fond, je regrette de ne pas être devenu un « déballeur » comme on disait alors.

Non, mais sérieusement.

Gifnem29