Emerson Fittipaldi

Ce blog tend de plus en plus vers la psychanalyse. Ceux d’entre vous qui me connaissent un peu, cher lectorat attentif, goûtent sans doute le paradoxe d’une telle déclaration. En effet, je considère que la psychanalyse et tout ce qui commence par psy dans le domaine médical ou pseudo-médical confère au charlatanisme et est aux soins de l’esprit à peu près l’équivalent d’un sparadrap sur une jambe de bois.

Nez en moins (je sais qu’elle est facile celle-là, mais elle me plaît bien), il m’arrive de me confier à vous sur mes phobies, mes toc(s), mes paradoxes et autres (psy)choses.

Je me délecte à l’avance de ce que je vais faire pendant près de deux heures cet après-midi. Dans un état semi-comateux, affalé dans mon fauteuil, je vais regarder vingt bonhommes au volant de bolides tourner sur un circuit à des vitesses prodigieusement idiotes, voire mortelles. Je n’utiliserai pas le terme « passionné », cependant, je suis un amateur de courses automobiles. Je crois qu’il s’agit de l’activité la plus létale de l’histoire du sport (après les joutes chevaleresques et le ping-pong, quoique j’ai un doute pour les joutes). Il fut une époque, appelée l’âge d’or de l’automobile, globalement les trente années qui ont suivi la deuxième guerre mondiale, durant laquelle chaque course automobile donnait lieu à un voire deux enterrements. En moyenne, car certaines fois comme au Mans en 1955, une seule course pouvait générer plus de quatre-vingts morts (certes, il s’agit ici essentiellement des spectateurs de la tribune de la ligne droite des stands, mais tout de même). Il est d’ailleurs assez intéressant de noter que la plupart des gens, même parmi ceux qui ne s’intéressent pas du tout à la course auto, sont capables de citer le nom d’un pilote mort sur un circuit. Pour mémoire : Senna, Villeneuve, de Angelis, Bianchi (dont c’est l’anniversaire (?) de la mort aujourd’hui), Wheldon en indycar, Depailler, Ascari X2, Cevert etc…).

D’aucuns me diraient que cette activité est voyeuriste, que tout ce que j’attends lorsque je regarde un grand prix, c’est de voir un accident bien glauque. Et ils auraient raison. Sauf que je ne souhaite la mort de personne. Mais il y a autre chose de beaucoup plus indicible. Une sorte de plaisir hypnotique. Une espèce de régression vers mes jeunes années quand j’organisais des courses avec mes Majorette et mes Norev, en rêvant de devenir l’adversaire d’Emerson Fittipaldi, de Clay Regazzoni, de Jody Scheckter ou de Jean-Pierre Jabouille. J’aime bien me dire aussi que conduire une voiture est un sport, donc je fais du sport presque tous les jours.

Non, mais sérieusement.

Gifnem29

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