#QPUC

Je ne sais pas vous, cher lectorat attentif, mais moi, parfois, je me la pète.

En octobre 2003, hier donc, j’ai passé les sélections d’un jeu télévisé diffusé tous les soirs sur France 3. Nous étions à peu près 200 à nous entasser dans une salle polyvalente sans aucun respect des règles sanitaires car la télévision publique n’est pas très visionnaire. Dans un premier temps, nous devions répondre à cent questions. A ma grande surprise, ces questions étaient celles posées dans l’émission (que je regardais à l’époque) depuis deux ou trois mois. Un peu de mémoire et une solide culture générale suffisaient largement pour sauter ce premier obstacle. 93 sur cent. Premier. La classe. Je refusai de signer des autographes pour garder ma concentration.

La deuxième partie fut également une formalité. 87 sur 100. Total 180 sur 200. Toujours premier. Les femmes me baisaient les mains. Les hommes me haïssaient. Après un entretien avec la valetaille, je rentrais chez moi et m’installais près de mon téléphone. Quatre mois plus tard, il sonnait (je reçois très peu d’appels). C’était un mec qui voulait me vendre une cuisine. Je lui raccrochais au nez histoire de ne pas rater LE coup de fil. Un mois plus tard, un sous-fifre de la production m’annonçait que j’étais sélectionné pour participer à l’émission. Un minimum.

J’ai terminé sur le podium. Troisième. Sur quatre. Mais j’ai été scandaleusement volé.

Avant le début de l’enregistrement, le pacha vient se présenter et serrer la louche aux quatre candidats. Il porte le  pantalon sous les seins et une veste dont la quantité de tissu permettrait de confectionner un spinnaker pour un catamaran. Il est timide et pédant à la fois. Et il sent mauvais. A vue de nez, Issey Miyake. J’ai toujours trouvé que les parfums de ce type sentaient les huîtres pas fraîches.

Je passe le premier tour avec succès malgré une légère angoisse qui dessèche la bouche et ralentit le cerveau. Je réponds même à une question dont la réponse est « Jean Echenoz ». Va trouver ça dans le civil !

Lors du « Quatre dans les dents », je choisis le thème « les animaux dans les titres de pièces de théâtre ». Du gâteau. Première réponse « Rhinocéros ». Un point. Deuxième réponse. Le trou noir. Je la connais mais elle reste bloquée entre deux synapses. Je passe. Retour à zéro. Troisième réponse « L’aiglon ». Un point. Quatrième réponse « Une chatte sur un toit brûlant ». Faux m’annonce le gommeux. Comment ça faux ! Pas le temps de râler, question suivante. Bonne réponse et ding.

Ces enfoirés m’ont refusé « Une chatte sur un toit brûlant » parce que le titre exact est « La chatte sur un toit  brûlant » ! Un article ! Ils ont accepté des milliers de fois des réponses approximatives et moi, dans le cul la balayette.

Je suis rentré chez moi avec deux DVD qui sont toujours dans leur cellophane.

La réponse restée bloquée était « Les mouches ». Saloperie de diptères ! J’aurais fait deux et j’avais le droit à la cravate cassée. Je l’aurais bouffé l’autre. Pis j’aurais gagné le dictionnaire des herbes de nos campagnes.

Non, mais sérieusement.

Gifnem29

 

4 commentaires sur “#QPUC

  1. QPUC ? Une participation pour moi également (voir, STP, ma nouvelle : « Qui veut la peau d’Ernest Salgrenn ? »
    Souvenir mitigé comme tu pourras le lire…
    PS : Et ça cause de quoi les deux DVD ?

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