A base de popopopop

Je n’aime pas le rap. Je ne connais rien au rap. J’apprécie quelques morceaux de MC Solaar, de NTM et de Eminem comme je peux écouter sans perdre mes cils un peu de jazz ou de java. Un morceau en particulier, Gangsta paradise de Coolio, mérite, selon moi, de figurer au firmament de l’histoire de la musique.

Cette semaine, j’ai regardé la série à la mode : Validé. Franck Gastambide y dépeint le monde du rap français. Tweeter se déchaîne et crie au génie. Ah ben merde alors !

A mes yeux, cette série n’est qu’une caricature gênante d’une culture violente, ignare et antisociale. Gastambide raconte l’ascension compliquée d’un jeune dealer dans le monde de la musique rap. Ses textes sont iniques et seul l’argent le motive.

Tout est cliché. Passons rapidement sur le fait que le héros soit un vendeur de mort qui n’affiche jamais aucun scrupule sur sa manière de gagner sa vie et qui accepte même un go-fast pour financer un concert. Et arrêtons-nous un instant sur les dialogues. Enfin des dialogues, il faut le dire vite. Les dialoguistes se sont contentés d’un petit millier de mots émaillés d’expressions aussi stupides les unes que les autres. Les personnages répètent à l’envi des « vas-y », des « frérots », des « gros », des « potos », des « téma » (mais qui dit téma ? J’ai mis un certain temps à comprendre qu’il s’agissait de « mate » en verlan, en mauvais verlan). L’un des protagonistes est un sombre idiot qui ne pense qu’à « niquer ». C’est affligeant. Bien entendu, les dialogues sont illustrés de ces gestes grotesques appelés « checks ». Ceci dit, les checks présentent un énorme avantage scénaristique vu qu’ils prennent un temps fou. J’ose espérer qu’en ces temps incertains les jeunes s’abstiennent de cette pratique périlleuse dans laquelle un virus se régalerait en passant d’une doudoune violette à un survêtement Adidas.

Je vous entends déjà bande de petits médisants. Vu que j’ai dit que je n’aime pas le rap, je ne peux pas apprécier « Validé » à sa juste valeur. Faux. Je n’aime pas la drogue et j’ai beaucoup aimé « Breaking bad », je ne suis ni femme ni homo mais je considère « The L world » comme une très bonne série, je déteste l’avion et j’ai adoré « Lost ».

Un autre  élément me chiffonne, il concerne le budget de la série. Je conçois aisément qu’une production française ne bénéficie pas de la même manne financière que ses homologues étasuniennes, mais de là à se passer de coiffeurs et de costumiers me semble une erreur impardonnable. Le personnage principal arbore une tête de débile profond avec ses cheveux filasses et lui-même et son poteau (?) sont habillés avec des surplus d’Emmaüs que même les indigents refuseraient de porter.

Pour être honnête, je dois reconnaître que le casting tient la route (notamment le garçon qui joue William) à une énorme bévue près cependant. Le personnage principal, joué par un certain Hatik, possède autant de charisme qu’un bulot cuit. A noter, une fois de plus, que le crétin de la bande porte des lunettes et affiche une surcharge pondérale. Je n’invente rien.

Franchement, la banlieue et le rap méritaient mieux.

Non, mais sérieusement.

Gifnem29

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