Toc Toc

C’est moche. Plus je vieillis plus les Toc m’assaillent.

Je me souviens d’un ami qui me racontait voici quelques années qu’il lui arrivait souvent quand il sortait de chez lui, de retourner vérifier s’il n’avait pas oublié de couper le gaz. Mais pas une fois, ce qui peut arriver à tout le monde, plusieurs fois à la suite. Il vivait un enfer qu’il narrait de façon hilarante. Je l’ai perdu de vue, j’espère pour lui qu’il a réglé ce petit problème.

Hier soir, alors que je me délectais, sous la couette, du suspense d’un roman de Pélicanos, un doute s’insinua dans mon esprit ankylosé. Avais-je bien fermé la porte du garage ? Pour être clair, le risque que mon garage soit ouvert aux quatre vents et aux quarante voleurs était quasi nul. Pourtant, à une heure trente, à oilpé, je suis descendu vérifier. La porte était close.

Pourquoi dois-je préciser que le risque était quasi nul ? C’est parce que je fais deux fois le tour de la maison avant d’aller me coucher. Je contrôle systématiquement toutes les huisseries et je tente d’ouvrir chaque porte.

Ce Toc date d’une anecdote remontant à une dizaine d’années. J’habitais alors un appartement dans un vieil immeuble dont la porte d’entrée ne fermait pas, et les zonards de tous acabits en profitaient souvent pour passer la nuit dans la cage d’escalier. Je n’avais qu’une porte à clore pour me prémunir d’une mauvaise surprise. Une nuit, je me réveillais en sueur, persuadé que quelqu’un s’était introduit chez moi. Je me moquais de moi-même et me rendormais sans m’être levé pour inspecte les lieux bien que ma porte se trouvât à quelques mètres de mon lit. Le lendemain, je constatais que ma porte était grande ouverte. Fort heureusement, rien n’avait disparu. En revanche, mon Toc était apparu.

Je suis aussi détenteur d’un Toc dont je me vante d’être le seul au monde à subir les inconvénients. Je l’ai baptisé le Toc de la petite cuillère, même si celui-ci s’étend également à la fourchette et au couteau. Je ne peux pas manger avec des couverts que je n’ai pas moi-même lavés. Vous imaginez le malaise quand je suis invité à diner. Je dois, discrètement, essuyé mes couverts sous la table avec ma serviette. C’est pourquoi je n’ai pas d’amis.

Non, mais sérieusement.

Gifnem29

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