Forza BZH

Je ne sais pas vous, cher lectorat attentif, mais moi, parfois, je suis fier d’être breton (mais pas tant que ça non plus).

Le Breton est un voyageur, tout le monde le sait. Ce que l’on sait moins en revanche dans les armoires normandes et chez les santons de Provence, c’est la raison de ce goût du voyage. En réalité, ce n’est pas par goût que le Breton voyage mais par obligation.

Dans les temps reculés, lorsque les Orques régnaient sur le monde, la Bretagne résistait vaillamment à l’oppresseur. Las, l’oppresseur oppresse, c’est un peu sa raison de vivre. Acculé à l’océan par l’envahisseur, le Breton n’eut d’autre solution que de quitter sa terre nourricière, ses artichauts et ses choux-fleurs, en plongeant dans la mer d’Iroise. Il nagea tant et si bien qu’il débarqua, trempé comme une soupe, sur le continent américain, dans le pays qui n’a pas de nom. Il se sécha vite fait bien fait et ouvrit une crêperie à Manhattan, après avoir expliqué aux sauvages du nord de l’Amérique qu’il faut mettre du sel dans le beurre.

Fortune faite, le Breton résolut d’explorer le reste du continent. Il délaissa le Canada car les locaux sont incompréhensibles et leur tradition musicale ne convenait pas à ses oreilles bercées par le doux murmure de la bombarde et du biniou. Il opta pour le sud et ne s’arrêta que lorsque l’océan lui barra à nouveau la route. Il était en Argentine. A noter qu’il offrit des « Gwen a du » tout au long de son itinéraire, ce qui explique qu’aujourd’hui encore, même au fin fond du Honduras ou du Paraguay, il ne se déroule pas un seul concert sans la présence d’un drapeau breton. En Argentine, le Breton se lança dans la politique. Sans aucune difficulté, il fut élu président de la république. Il s’appelait Yann Dominique Péron et choisit d’hispaniser son nom en Juan Domingo Peron (avec un accent sur le o que je ne trouve pas sur mon clavier) et épousa Madonna.

Quelle destinée !

Et il est loin d’être le seul Breton à avoir colonisé la Terre. Son cousin, Youn Bécam, par exemple, s’exila sur le territoire honni de la Perfide Albion. Il apportait dans ses bagages des graines de choux-fleurs qu’il voulait monnayer pour installer une crêperie sur Piccadilly Circus. Mais personne n’en voulut sous prétexte que la gastronomie britannique ne pouvait s’accommoder d’un produit frais poussant dans la terre. Youn Bécam n’en démordit pas et cultiva lui-même ses crucifères. Alors que ceux-ci arrivaient à maturité, des garnements s’en servirent comme d’une balle après laquelle ils couraient pour la faire pénétrer dans un vieux filet de pêche. Le football était né. Des décennies plus tard, un de ses descendants prénommé David s’illustra dans ce qui était devenu le sport numéro un sur la planète.

Partout dans le monde vous trouvez des crêperies. Au sommet de l’Everest, à Paris, au fond de la fosse des Mariannes, à Tokyo, dans le cratère de l’Etna (pratique pour les crêpes flambées), à Prétoria, en Terre Adélie, à Adélaïde, à Nuuk, partout je vous dis. Comme un traité international signé en 485 à Loc-Eguiner interdit à tout non-breton d’ouvrir un établissement crêpier sur la planète Terre, Jeff Bezos attend les premiers colons lunaires pour s’engouffrer dans le créneau. A ses risques et périls.

Parfois, je suis fier d’être breton (mais pas tant que ça non plus).

Non, mais sérieusement.

Gifnem29

7 commentaires sur “Forza BZH

  1. Que veux-tu que je rajoute à cela ? Sinon que moi non plus je ne trouve pas l’accent du « O » sur mon clavier…
    Il y a une trentaine d’années, je débarquai à l’île de Pâques. Je m’étais juré, plus jeune, d’aller pisser sur un Moaï, et vous me connaissez : quand j’ai une idée dans la caboche… ! Enfin bref… à l’époque il n’y avait qu’un seul « étranger » vivant là-bas (mais c’est vrai qu’il faut avoir envie) et devinez quoi… enfin qui, plutôt… c’était un breton ! Allez… kénavo !

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      1. Je pourrais te répondre : « Non, une pizzeria…! » (Voir, STP, Le coup du Dodo.chapitre 14.) mais en réalité il avait monté un club de plongée sous-marine (et trouvé une locale bien accueillante). Ceci dit l’île de Pâques est un endroit curieux. On en revient presque toujours un peu « chamboulé »… Le « Mana » qu’on appelle ça !

        PS : en ce qui me concerne : j’étais déjà pas mal chamboulé avant d’y mettre les pieds…

        Aimé par 1 personne

  2. Je mets ce commentaire assez loin en espérant que tu le lira : j’ai un texte à te proposer, bien ancien et inachevé. Le défi, si tu veux bien le relever, est de le compléter avec ce talent de plume et d’humour qui te caractérisent ! Mon mail pour m’adresser le tien (je ne te force pas !) afin que je t’envoie le « chef d’œuvre » : daniel.bouzou@outlook.com – Hasta la vista…

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