Clark Gaybeul (petit hommage à Edika)

Je ne sais pas vous, cher lectorat attentif, mais moi, parfois, je me demande.

L’autre jour, je m’en allais faire le marché. J’escomptais emplir mon panier de bons légumes de saison pour concocter une soupe de derrière les fagots. Comme un fait exprès, ma marchande des quatre-saisons favorite était absente. J’achetais donc une pizza à la soupe.

Pour la énième fois de la matinée, je remontais mes lunettes sur mon nez tendance profil grec, lorsque je me dis à moi-même puisque j’étais seul : »Tiens, et si tu allais faire régler ta monture chez le zieutiste qui se trouve à deux- cents mètres, à peine ». Un coup de parapluie plus tard (donné par une vieille femme qui n’appréciait pas que je parle à haute voix), je poussais la porte du marchand de bésicles.

A peine avais-je secoué mon pépin sur le paillasson XXL qu’un gorille tatoué me sauta sur le paletot. J’allais présenter mes excuses pour les dégâts occasionnés par le trop-plein d’eau dégoulinante, lorsque le Hell’s Angels afficha un sourire à la Clark Gable (mais avec des vraies dents) et s’enquit de mon désir. Je ne pus m’empêcher de penser à la réaction de ma chère grand-mère si un tel énergumène lui  avait proposé ses services oculaires. Puis j’informais le bellâtre de la raison de ma présence. Sans se départir de son sourire, il se saisit de mes lunettes et s’éclipsa dans l’atelier une petite dizaine de minutes, avant de revenir, toujours aussi souriant, et d’ajuster mes lunettes sur mon nez.

Après l’avoir remercié pour ce service gratuit, je sortais sans oublier mon parapluie presque sec dorénavant. Tout en marchant, je constatais que Clark Gable n’était pas très doué de ses mains car mes lunettes étaient toujours de traviole. Bon, tant pis, voilà trois ans que je vis avec.

Une fois à la maison, je constatais que le verre droit était sale. Clarkie avait dû laisser traîner ses mains pleines de doigts. Bravo pour les gestes sanitaires. Je frottais donc délicatement. Stupéfaction, le verre n’était pas sale mais affreusement rayé. P… de b… de m… ! Mais qu’est-ce qu’il a foutu Rhett Butler ! Je précise que le verre était intact avant que je rentre dans la boutique et que je ne m’en étais pas rendu compte dehors car il pleuvait comme un basque espagnol.

De rage (à peine contenue malgré mon calme légendaire), j’enfourchais mon automobile et retournais dire à Moustache à la con ce que je pensais de ses services, aussi gratuits soient-ils.

-En effet, j’avais remarqué, me répondit-il sans se démonter, lorsque je lui expliquais, calmement, la raison de mon courroux (non, pas « coucou », je n’avais pas envie de rire).

Il souriait toujours, mais cette fois, de l’air de dire : »Va-t’en prouver que c’est moi qui ai bousillé ton verre connard ! »

Décidé à ne pas me laisser faire, je me fâchais tout rouge, sans déstabiliser l’enfoiré le moins du monde. A bout d’arguments, je terminais par ces mots :

– En tous cas vous avez perdu un client !

-Vous êtes client chez nous ! Mais, il fallait le dire plus tôt. Ne vous inquiétez pas, nous allons faire un échange standard. Sans aucun frais pour vous.

Il semblerait donc que cette enseigne détériore les lunettes qu’ils réparent quand celles-ci n’ont pas été achetées chez eux. J’aurais volontiers quitté l’enseigne s’ils n’étaient pas les moins chers du marché.

En attendant, je me trimballe une rayure en plein dans la vision côté droit pendant une « petite quinzaine ».

Non, mais sérieusement.

Gifnem29

6 commentaires sur “Clark Gaybeul (petit hommage à Edika)

  1. Je t’ai déjà raconté que j’étais dans le même lycée qu’Alain Afflelou ? «J’y vois net, j’y vois flou !»® !!!
    Je connaissais cette pratique (vieille comme le Monde) chez les garagistes, mais pas chez les opticiens. Tu as bien fait de nous avertir car : «un homme averti en voit mieux !»®

    PS: Oui ! Je passe tout sous licence copyright maintenant, depuis que je me suis fait volé toutes mes photos et une partie de mes textes de mon blog par des *******és d’amerlocks.

    Aimé par 2 personnes

      1. Hé, bien, je me suis aperçu par hasard que mes photos ainsi qu’une partie de mes textes avait été retranscrits sans mon autorisation par un (et même deux au dernières nouvelles) blog américain qui s’appelle : Holidays and events. Je leur ai écrit un mail en leur demandant des explications mais jamais de réponse ! Ils s’en fichent pas mal car ils se savent protégés par les lois américaines sur le copyright (aucune chance d’avoir gain de cause si tu n’as pas fait un copyright en bonne et due forme et puis même avec ça, cela te coûterait une fortune en dollar de frais d’avocat). Alors maintenant je fais attention, je ne mets plus de photos perso. La différence avec l’Europe c’est que l’antériorité de parution fait foi pour protéger tes œuvres (photos, textes, musique,etc…). Mais avec les américains , c’est autre chose… !

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      2. C’est écœurant…je déteste cette mentalité.
        J’avais arrêté mon ancien blog à cause de ça des blogs se servaient sans dire merci ou merde, je trouvais les images de mon mari en Italie, en France (je ne nommerai pas le blog, mais lui je peux te dire que je l’ai à l’œil, pour l’instant il ne vient pas me chatouiller…), en plus mes articles étaient coupés, en morceaux, leur ôtant toute leur âme…c’est le genre de chose qui me fait hésiter à persister. C’est minable, à l’image des « réseaux sociaux ». Peu de création beaucoup de vol…
        Perso quand je partage quoi que ce soit, je demande à la personne, sans son accord je ne fais rien ! C’est un point d’honneur et c’est tellement plus agréable.
        je te remercie pour notre échange
        Bonne soirée à toi

        Aimé par 2 personnes

      3. Pas la peine de me remercier, le plaisir est pour moi ! Je ne suis pas sur les réseaux sociaux, j’ai bien tenté Facedebouc il y a longtemps mais cela m’a vite passé ! Je perds certainement en visibilité, dans l’optique (incrédule que tu es, Salgrenn !) de me faire remarquer par un éditeur, mais j’ai renoncé à suivre cette voie. J’ai, personnellement, beaucoup de peine pour ces pauvres gens qui copient ou plagient sans vergogne. Ils doivent avoir une bien piètre idée d’eux. Cela représente pour moi la plus grande bassesse d’esprit qui soit. S’inspirer pourquoi pas, mais copier : jamais !
        Optimiste toutefois (oui, je sais, cela ne se retrouve pas toujours dans mes écrits !) je me dis que ce vol sans autorisation me permettra peut-être d’être lu aux Amériques ! Encore un peu naïf, le toto Ernest !

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      4. Oui, nous sommes pris au piège du plaisir d’écrire, de dire mais aussi de chercher à partager et à toucher…
        Je ne suis sur aucun réseau social, je n’ai pas le temps et je ne vois pas l’intérêt.
        C’est déjà bien difficile d’être présent à soi même et à sa petite famille pour ne pas en plus chercher à aller exister sur tous ces canaux…
        Je te souhaite une très bonne journée pleine de joies et de bonheurs !!!

        Aimé par 1 personne

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