Syntax error

Je suis un misérable. Je ne sui pas parvenu à respecter le rythme que je m’étais imposé, à savoir présenter un bouquin tous les deux jours. Quarante-huit heures pour avaler un livre, généralement c’est jouable, lorsqu’on n’a pas de vie. Mais là, j’ai échoué. Heureusement que je ne suis pas japonais, car j’aurais dû me faire hara-kiri pour laver la honte. Comme je suis breton, je m’en fous de l’honneur, et je mange du beurre salé.

Toutefois, je ne pouvais laisser mon lectorat adoré en manque de mes éclairages littéraires. Après un long brainstorming avec la rédaction de Jourdhumeur au grand complet, nous avons choisi de vous livrer notre top dix de tous les temps avec la subjectivité inhérente à un tel exercice.

Voici donc, mes lectures favorites de tous les temps.

1- Le comte de Monte-Cristo – Alexandre Dumas – Je ne suis pas certain qu’il faille me creuser la cervelle pour trouver des arguments. C’est le meilleur roman de l’histoire, point. Qu’ils se soient mis à deux (ou plus) pour écrire cette merveille agace les puristes. En revanche, que les grands maîtres de la peinture fassent exécuter 80% de leurs oeuvres par leurs assistants, tout le monde estime cela normal à Télérama. Va comprendre Charles.

2- La maison aux esprits – Isabel Allende – Un éblouissement d’inventivité et de maîtrise. Madame Allende est, à mes yeux, la plus grande autrice de son époque. Dans ce roman, elle élève la saga familiale au rang de chef-d’œuvre. Elle n’a jamais renouvelé une telle réussite, mais l’ensemble de son travail est d’une grande cohérence et d’une intelligence inégalée.

3- La peste – Albert Camus – J’ai longtemps considéré ce roman comme celui détenant la pôle position face à des millions de concurrents. L’exercice de style de Camus est tellement brillant. Pourtant, je me souviens que j’avais trouvé les cinquante premières pages extrêmement difficiles d’accès. J’étais jeune et peu rompu aux luttes syntaxiques.

4- La vie interdite – Didier Van Cauwelaert – Je ne relis jamais. Je redoute la déception. Je crains que ce court roman de Van Cauwelaert ne supporte pas le poids des ans. A l’époque, j’ai adoré. L’idée de départ est des plus originales. Van Cauwelaert est un grand conteur. Dommage qu’il s’égare, parfois, dans des histoires mystico-casse-bonbons.

5- Monsieur Butterfly – Howard Buten – Dans les années 80, Buten était un cas. Psychologue, clown, auteur d’un best-seller (« Quand j’avais cinq ans, je m’ai tué), il était inclassable. Ce roman est le plus émouvant de toute cette liste. Si vous avez un cœur de pierre, attendez-vous à une coulée de magma.

6- Aurevoir, là-haut – Pierre Lemaître – J’ai commencé ce livre et je ne l’ai pas quitté avant de tourner, à regret, la dernière page. Depuis très longtemps, je n’avais pas reçu un tel choc littéraire. Je n’ai pas lu la suite de la trilogie, j’hésite. Un petit miracle supplémentaire, selon moi, l’adaptation cinématographique d’Albert Dupontel est encore meilleure que le bouquin. Très rare.

7- Le voyageur imprudent – René Barjavel – J’aurais pu choisir n’importe quel titre de Barjavel (notamment « Le grand secret », bijou splendide bien qu’il frôle le roman à l’eau de rose). Barjavel est un génie injustement absent de l’académie française. Même mort, il devrait y siéger. Certains vivants sont nettement moins talentueux que lui. Le grand drame de ma vie de lecteur est d’avoir tout lu Barjavel. Vivement Alzheimer que je puisse recommencer.

8- La mort est mon métier – Robert Merle – Dans le genre grande baffe dans la tronche, je vous présente le roman champion de ma jeunesse. Pas sûr qu’il me fasse le même effet aujourd’hui, peu importe. Un roman exigeant et glaçant, mais ô combien utile. Il devrait être obligatoire dans l’éducation de notre jeunesse insouciante.

9- L’étourdissement – Joël Egloff – Je vous ai récemment parlé de cet éblouissement littéraire. Sa place dans cette liste n’est pas usurpée.

10- Les six compagnons et la pile atomique – Paul-Jacques Bonzon – Parce que je suis un grand nostalgique. Parce que j’ai dévoré tous les « Six compagnons » (notamment dans le camion de mes grands-parents). Parce que monsieur Bonzon mériterait que des collèges portent son nom. Parce que je suis certain que plusieurs d’ente vous souriront à cette évocation.

Dites-moi ceux que vous avez lus, et votre opinion, si le cœur vous en dit.

Non, mais culturellement.

Jourd’hu

5 commentaires sur “Syntax error

  1. Je me demande ce que je fais sur un blog d’une personne qui, non seulement mange du beurre salé, mais, en plus, s’en vante, comme s’il y avait de quoi. Enfin, il faut de tout pour faire un univers, paraît-il.
    Bref, faisons fi du mauvais goût! Les six compagnons de La Croix-Rousse, c’est ma jeunesse et j’ai passé le virus à ma fille.
    Je n’ai jamais lu Allende, pourtant, j’ai toujours voulu. Je n’ai pas trouvé l’occasion, voilà. J’aimerais commencer par son Zorro, histoire de voir comment elle traite le héros de ma prime adolescence. Je viens d’apprendre qu’elle a l’âge de mon père, je la pensais plus jeune que ça.
    Je plussoie (je me demande pourquoi j’utilise ce verbe qui m’horripile) pour Camus et La peste.
    J’ai aimé, à l’âge de douze ans, Quand j’avais cinq ans, je m’ai tué, que j’ai lu plusieurs fois (je ne suis pas comme vous, quand j’aime, je relis, parfois même immédiatement, ou en commençant par la fin). Je ne suis pas certain d’avoir lu autre chose de cet auteur.
    Barjavel, on y avait eu en lecture à l’école, je n’avais pas apprécié La nuit des temps, dont il aurait, paraît-il, piqué la trame à Erle Cox. Mais ce dernier ne s’en est pas plaint, tant pis pour lui, et le fait qu’il eût mouru dix-huit ans avant n’est pas une excuse.

    Aimé par 2 personnes

  2. Je me suis préparé une tartine au beurre salé consécutivement à la lecture de votre billet et c’est les doigts un brin gluants que j’y réponds.
    La Peste de Camus, inégalable, excellent. Au-revoir là-haut est également un souvenir de lecture impérissable, lu d’une traite également, il m’a valu 3 nuits quasi-blanches.
    Je n’ai pas lu les autres titres mais les note précieusement, depuis le temps que le Conte de Monte-Cristo m’attend, il serait temps.
    Merci pour ce chouette billet !

    Aimé par 1 personne

  3. Moi je lis chaque matin Jourdhumeur,
    Salgrenn aussi quand il veut bien nous faire l’honneur,
    Et actuellement je révise tout Kessel- le-baroudeur !
    J’aurais aimé écrire « Le parfum » mais c’est raté, un autre s’y est collé.
    Jack London m’a longtemps émerveillée.
    Sur les conseils d’un ami (que j’ai haché menu depuis) j’ai lu « La formule préférée du professeur » (Yôko Ogawa) : jamais je me suis autant ennuyée.
    Mais je ne suis pas une référence en matière de littérature parce que je préfère les histoires à l’écriture, mais tout de même, des histoires bien écrites !
    Et puis il y a les romans de Gabriel Garcia Marquez !!!

    Aimé par 1 personne

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