L'(extra)ordinaire du quotidien

Je ne sais pas vous, cher lectorat attentif, mais moi, parfois, je me demande.

La maison que j’occupe actuellement est dotée de trois magnifiques baies vitrées qui donnent sur le jardin. Le soir, avant d’aller me coucher, il est d’usage que j’obture ces grandes vitres aux moyens de volets roulants de manière à déjouer toute tentative d’invasion de hordes de zombies. Pour ce faire, j’utilise un bienfait de la vie moderne que des scientifiques, réunis en session (ou cession comme vous voulez, j’ai la flemme de vérifier) extraordinaire, ont nommé la télécommande.

Avant de continuer de vous conter cette fort intéressante anecdote, il me semble qu’une digression s’impose.

Avez-vous remarqué le léger inconvénient que représente la possession compulsive de ces petites boites noires, le plus souvent ?

Bien entendu, vous l’avez remarqué. La panne de télécommande. Soit le tiroir à piles ne contient pas les piles idoines, soit c’est le boitier lui-même qui déraille. Dans ce cas, l’être humain du 21è siècle se trouve con comme une poule devant une kalachnikov. Cherchez la touche « menu » directement sur votre téléviseur. Cherchez la serrure extérieure de votre automobile. Et surtout, cherchez la manivelle de vos volets roulants. Inutile d’insister, vous aviez déjà compris.

Nous y voilà. La télécommande du volet central est tombée en rade. Pas de manivelle. Et le volet est levé. Donc les zombies peuvent attaquer. En tripotant, le bouton je parviens à faire fonctionner le zinzin preuve que ce n’est pas un problème de pile, pile inaccessible, d’ailleurs, sans un BEP électronique. Selon mes maigres connaissances, il s’agit d’un problème de faux contact. Hasard de mon agenda trop rempli, dans la matinée, ma tournée triomphale me mène juste à côté de l’entreprise qui a installé le dispositif, voici une vingtaine d’années.

Il s’agit d’une société importante, la plus grande de la région dans sa spécialité. Le siège bénéficie d’un bureau d’études et d’un atelier conséquent, au bas mot, une trentaine de personnes. Je m’y présente donc, ma petite télécommande à la main. La jeune femme de l’accueil, fort sympathique au demeurant, écoute ma requête, un peu surprise que je me sois déplacé pour si peu, ensuite elle m’annonce assez vite la couleur. Elle accepte de manipuler l’engin, vérifiant la validité de la pile grâce au voyant. Puis, elle se montre un peu dubitative. Je tente l’hypothèse du faux contact lorgnant ostensiblement vers une porte estampillée du mot « atelier ». Malheureusement, si elle comprend ma mimique, elle décline poliment la possibilité de faire appel à un technicien arguant qu’aucun d’entre eux n’est disponible. Un sourire professionnel aux lèvres, elle me propose d’attendre que le volet, ou la télécommande, tombe en panne, puis d’appeler le sav qui se fera un plaisir d’intervenir, dans le mois, contre espèces sonnantes et trébuchantes, ce que je voulais, justement, éviter en me déplaçant.

Comme je suis un garçon bien élevé, je ne m’abaisse pas à laisser mon agacement envahir mon expression corporelle. Je me contente de la gifler à toute volée, tout en conservant mon sang-froid.

La course à la consommation m’épuise.

Non, mais sérieusement.

Gifnem29

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6 commentaires sur “L'(extra)ordinaire du quotidien

  1. Devant ces multiples télécommandes je me vis souvent « comme une poule devant une kalachnikov.  » à trier le bon grain de l’ivraie. 😦
    Et ça va pas s’arranger avec les maisons connectées le jour où un bug informatique nous empêchera d’ouvrir le frigo ou de tirer la chasse d’eau.

    Aimé par 1 personne

  2. Bonjour, comme je vous comprends , ces petites choses si pratiques quand elles daignent fonctionner, me rendent folle en cas de panne , moi j’ai envie de la jeter par terre et de la piétiner avec rage, ce qui je l’avoue n’a méliorait pas la situation. Bonne journée Amicalement MTH

    Aimé par 1 personne

  3. Bonjour, je vous lis régulièrement et c’est vous qui m’avez fait connaître le blog du peintre Patrick Blanchon 🙂
    Oui, ces histoires de télécommandes en panne peuvent être terribles… Imaginez le jour où votre portail électrique ne s’ouvre plus ! Coincé ad vitam aeternam chez vous ! Sans nourriture, sans visite, sans électricité, sans…, sans… , et sans… 🙂 Un roman d’anticipation à écrire !

    Aimé par 2 personnes

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