No pasarán, le jeu – Christian Lehmann

No pasarán, le jeu – Christian Lehmann – L’école des loisirs

Dans une autre vie, lorsque j’enseignais la langue française à des gamins qui croyaient la parler déjà, mais qui se fourvoyaient allègrement, je m’arrachais les cheveux pour leur donner le goût de la lecture (ma toison crânienne a bien repoussé).

La littérature dite « pour la jeunesse » est d’une nullité abyssale dans la mesure où les auteurs spécialisés prennent les adolescents pour des abrutis. Vous pouvez me croire, j’en ai reçu quelques uns dans mes classes. Entre celui qui se prenait pour une superstar et le pépé qui écrivait de la poésie toute pourrie et qui expliquait aux enfants qu’il ne faut pas rechercher, à tout prix, la rime riche (sans doute parce qu’il n’y parvenait pas lui-même), j’en ai soupé.

Une maison d’édition se détache, un peu, du marasme ambiant, « L’école des loisirs ». D’abord, les bouquins sont beaux. Ensuite, les responsables d’édition font un travail sérieux afin de dégoter des auteurs qui ne considèrent pas les jeunes comme des débiles profonds et qui abordent des sujets d’actualité.

J’avais vu passer deux ou trois fois « No pasarán, le jeu », à l’époque, lors de fiches de lecture, mais je ne l’avais pas lu. C’est fait.

Non, mais culturellement.

© Jourd’hu – août 2022

3 commentaires sur “No pasarán, le jeu – Christian Lehmann

  1. Moi non plus je ne vous suis pas pour condamner la littérature de jeunesse (les J. Verne en étaient!) Pour avoir beaucoup lu ce genre de livres et l’avoir largement apprécié, je crois qu’il existe d’excellentes oeuvres et qu’on peut y passer du bon temps sans le perdre. Par ailleurs un Levy ou un Legardinier m’ont vraiment récréée… Dès lors qu’un livre pousse une personne à le dévorer puis à en lire d’autres et enrichir sa pensée… Même si c’est un Tintin ( celui au Congo est une débilité) un manga pour garçons ( que de batailles inutiles), un Oui-Oui ou un Dora l’exploratrice… Je ne vois que les avantages acquis. Certes la réécriture incessante des faits de la seconde guerre mondiale m’indispose autant que vous ( d’après un autre de vos articles) et la récurrence du thème des jeux vidéo lasse mais j’ai vu un jour « No pasaran » au centre d’une pile de bouquins qu’une collégienne très grande lectrice s’évertuait à sauvegarder au milieu d’un couloir bondé parcouru en tous sens… C’étaient des « livres de
    littérature de jeunesse » or la jeune fille a réalisé un magnifique parcours dans ses études ultérieures. Elle est passée à autre chose tout naturellement, sans demeurer coincée dans un unique univers. ( Pour reprendre le résumé de ce bouquin-ci qui ne m’a pas plu non plus). J’en ai toujours voulu à certains collègues qui décrétaient que tel écrivain « écrivait mal »… Qui décide donc de ce qu’est « La Littérature » ( avec un « grand L ») ? Vous décriez les Lagarde et Michard, non ? A chacun ses Lettres!

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